‹ De la médecine opératoire (volume 2)Chapitre 5 sur 22 · POIRE · texte numérisé non relu

POIRE

Dans les cas ordinaires , quand les voies aériennes sont irritées, que la toux est violente, et la suffocation prochaines*, il faut opérer le plus promptement possible : le corps étranger est alors mobile, et rien ne s’opposera à sa sortie. Si les aceidens sont calmés , et que la douleur au larynx indique la présence du corps irritant dans cet endroit., il convient encore d’ouvrir le canal aérien ; car la bronchotomie; pratiquée de bonne heure , a presque toujours réussi , tandis que les non-succès observés à la suite dé cette .opération, peuvent être attribués à ce que l’on avait attendu pour l’exécuter jusqu’à ce que des lésions graves et mêmes mortelles se fussent développées.

Mais quand le sujet n éprouvé aucun accident, et que l’on UePpeüt connaître l’endroit ou le corps étranger s’est fixé , le praticien est forcé d’attendre que la réapparition des phénomènes indique le déplacement de la cause Irritante , et la possibilité de l’extraire.

On peut réduire à trois les procédés relatifs à l’exé- Lesprocécution de la bronchotomie.*On les distingue parles labroncho-* noms de trachéotomie, de laryngotomie, et de laryn- lîZombïe go-trachéotomie. de tr01s-

Décrite dans les pages précédentes , la trachéoto- La trachéomie présente des inconvénierts graves , qui l’ont fait presque définitivement réjeter. Elle expose à la blessure des veines thyroïdiennes , qui sont alors dilatées et gorgées de sang, et qui donnent lieu à une hémorrhagie incommode ou même dangereuse , lorsque le liquide tombe en grande quantité dans la trachée-artère. S agit-il d ouvrir un libre passage à l’air ? la traehéotomie n’offre aucun avantage sur l’incision de la

8g DK LA J1ÉEECI3SF.

membrane crico-thyroïdienne. Se propose-t-on , au contraire, de faire sortir un corps étranger? celui-ci étant souvent fixé dans les ventricules du larynx, ou engagé entre les lèvres de la glotte , l’incision des anneaux trachéens inférieurs ne serait alors d’aucune utilité , et il faudrait ou prolonger l’ouverture en haut , ou en faire une nouvelle au larynx.

La laryn- L’incision de celui-ci entré les cartilages thyroïdes est gotomie quelquefois suivie d’accidens graves. On trouve sur la membrane crico-thyroïdienne un rameau artériel assez volumineux , qu’il importe d’éviter, tet que l’on diviserait nécessairement si l’incision de cette membrane était verticalement dirigée. Afin dele m énager plus sûrement, il convient de reconnaître sa situation avec le doigt indicateur delà main gauche, et de le couvrir au moyen de la pulpe de ce doigt, dont l’ongle , transversalement placé et tourné en bas, sert de guide au bistouri. On coupe alors la membrane près du bord supérieur du cartilage cricoïde, et en suivant sa direction.

Le corps étranger est-il fixé à la partie supérieure dii cartilage du larynx, et l’incision de la membrane crico-thyroïthy roule. cqenne est-elle insuffisante pour lui livrer passage ? Desault a proposé de diviser le cartilage thyroïde , en suivant la direction de sa partie moyenne et de l’angle que forment en avant l’union des deux parties qui le composent. Les tégumens étant incisés sur toute la hauteur du larynx, le chirurgien plonge transversalement la pointe du bistouri , guidé par le doigt indicateur de la main gauche, dans la membrane crico-lhyroïdienne. A travers cette première division, il introduit dans le larynx Lextrémité d’un bistouri épais et

boutonné , avec laquelle il incise de bas en haut le cartilage thyroïde. Les branches de pinces droites , introduites pnsuite entre les lèvrès de la plaie, servent à les écarter et à favorisér l’expulsion spontanée ou? l’extraction du corps étranger : on est quelquefois obligé de se servir, pour opérer cette extraction , d’un crochet mousse , ou de tout autre instrument convenable. En général , toutes les fois que le corps ne peut être ni aperçu ni senti au premier abord, il est presque toujours arrêté dans les ventricules laryngiens, et c’est vers ces cavités qu’il convient de diriger les recherches les plus attentives.

Dans les cas où le corps étranger, descendu au bas Lalasyngode la trachée-artère , ne remonte pas jusque dans le la- trac^e°t0' rynx, M. Boyer a proposé depuis long-temps de couper le cartilage ericoïd# , ainsi que deux ou trois des anneaux cartilagineux du canal qui lui succède. Cette opération, qui a été pratiquée deux fois avec succès, v est fort simple. Après avoir incisé, comme il a été dit précédemment, la membrane crico-thyroïdienne , on dirige en bas l’extrémité d’un bistouri mousse , ou les branches de ciseaux courbés sur leurs bords, et l’on divise une suffisante .étendue du commencement de la trachée-artère. Il ne faut pas se dissimuler qu’en agissant ainsi, l’on atteint nécessairement lelobe moyen de la thyroïde, lorsqu’il existe; mais cette lésion est pèu importante, en ce que ce lobe est presque toujours mince et dépourvu de vaisseaux considérables. Cependant, s il avait un volume extraordinaire, il conviendrait de le respecter et de diviser la trachée-artère au-dessous de lui.

K«morrba- L’ouverture des voies aériennes n’est pas toujours 8‘e‘ une opération ai^si simple que la lecture des auteurs semblerait le faire croire. Presque toujours, le sang surgit, en plus ou moinsgrande quantité, des vaisseaux ouverts, couvre les parties, et, pénétrant dans la trachée, excite la toux, et se trouve rejeté sous forme d’écume au visage du chirurgien. Si des artères ont été ouvertes , on doit lier leurs deux extrémités. Si ce sont des veines , il importe beaucoup , ainsi que M. Dupuytren Ta remarqué , d’engager les malades- à cesser les efforts auxquels ils se livrent, et à respirer largement : on voit presque toujours, par ce moyen, la

source du sang se tarir et tout rentrer dans l’ordre normal.

Conduite à Lorsque la. plaie , malgré les signes les plus positifs

a tenir quand 1 10 0 il

onnedécou- de l’existence d’un corps éti%nger dans la trâchée-

vre pas les , * 0

corps étran- artère, ne donne issue à rien de semblable, ét que toutes les recherchés dirigées soit vers les ventricules du larynx , soit dans la partie inférieure du conduit aérien, ne produisent aucun résultat, il ne faut pas cependant désespérer du succès. On doit maintenir écartées les lèvres de là plaie, et attendre que le corps étranger vienne de lui-même se présenter à son orifice. Dans un cas semblable, M. Dupuytren n’ayant pu découvrir une 'fève de haricot qui se trouvait dans la trachée-artère d’un enfant, pansa le malade ainsi qu’il vient d’être dit, et le lendemain on trouva ce corps dans l’appareil. On conçoit facilement que retenu au moment de l’opération , il se soit ensuite dégagé et ait été entraîné par l’air vers la plaie.

If est facile de voir que les instrumens de Bauchot

ne sont d’aucune utilité réelle. Relativement à la canule, sur l’utilité de laquelle on a émis tant d’opinions diverses , si son introduction dans la plaie n’est pas indispensable , elle rend le pansement plus facile et la route que l’air parcourt plus libre. Lorsque l’on a soin de la prendre assez courte et de là fixer solidement , elle n’occasione aucun accident, et si elle en déterminait, il serait toujours temps de l’extraire. Il convient , après l’ouverture du larynx ou de la trachée , de tenir l’air de l’appartement où se trouve le malade médiocrement chaud et humide, afin qu’il arrive dans le poumon avec des qualités aussi semblables que possible à celles qu’il aurait acquises s’il avait traversé les fosses nasales.

. Hippocrate avait déjà établi que dans le cas de suf- La sonde

. * laryngienne

location il convient d’introduire une canule dans Tou- a été proverture supérieure du larynx. Ce moyen, généralement suppiéerà la abandonne, et préconisé de nouveau, d apres une obser- mie vation de Desault, ne serait proposable que dans certains cas d’affection spasmodique et passagère des muscles du larynx ; et alors il faudrait que la cajiule, faite de gomme élastique , eût une forme et des dimensions proportionnées à l’étendue et à la figure de l’ouverture delà glotte. Son introduction serait assez difficile, et il faudrait que les doigts indicateur et médius de la main gauche, portés dans le fond de l’arrière-bouche, lui servissent de guides , et la fissent entrer dans le conduit aérien. Une fois placée, cette canule n’occasione pas d’accident grave. Elle exerce seulement sur les lèvres de la glotte et sur l’arrière-bouche une action irritante qui doit en fairu-proscrire l’emploi dans tous les

cas d'inflammation de ces parties! Une fois placée , son extrémité extérieure devrait être ramenée dans la narine, afin de gêner moins le malade. Mais, on ne saurait trop le répéter, ce moyen ne peut être utile que dans un petit nombre de cas; il occasione toujours de l’irritation aux parties avec lesquelles la canule est en contact ; et la laryngotomie est par elle-même si facile à pratiquer et si peu dangereuse , que l’on doit presque toujours lui donner la préférence. )

Des corps étrangers dans V urètre.

Les frag- Je ne pense pas qu’il puisse être introduit dans le soÉ^eToude cana^ de l’ urètre d’autres corps que des bougies mésont 'les' ou emplastiques ( ou du moins ces corps sont-

corps étran- ils ceux que l'on rencontre le plus fréquemment dans rencontre ce conduit). On faisait autrefois un usage assez frévent dans ce qùent des premières.; et , pour qu’elles devinssent plus conduit, jfjgxibigg ? ou peut-être pour leur donner une vertu fondante , on frottait le plomb dont elles étaient faites avec du mercure. Cet amalgame lés rend cassantes , et il en reste quelquefois une portion dans l’urètre. On verra , à l’article des pierres de la vessie , que la première opération de ce genre que j’aie pratiquée a été sur un vieillard qui , pour apaiser des démangeaisons très-incommodes dans le canal de l’urètre , s’y était introduit une bougie de plomb. Elle ne cassa pas, mais elle glissa jusque dans la vessie, où elle devint le noyau d’une pierre. Si , pendant qu’elle cheminait dans le canal de l’urètre, le malade eût requis les secours de la chirurgie , on en aurait fait l’extraction

par une opération beaucoup moins grave que celle qu’il a fallu lui faire dans la suite.

Les bougies emplastiques ne cassent pas aussi aisément : mais cela leur arrive quelquefois, et quelquefois aussi elles s’insinuent peu à peu dans le canal de l’urètre , et tombent dans la vessie. J’en ai vu plusieurs exemples. Lors donc qu’un des corps de l’espèce de ceux dont je parle , Ou de toute autre espèce , viennent à se perdre dans l’urètre, il faut s’empresser de les en tirer, de peur qu’ils ne pénètrent dans la vessie. Quand il y est peu avancé , on peut le saisir avec des pinces longues et grêles , qu’il est très-utile de faire entrer dans les arsenaux de chirurgie. S’il est situé profondément, il n’y a d’autre ressource que celle d’ineiserlestégumens et l’urètre, jusqu’à ce qu’on parvienne ait lieu qu’il occupe. Alors il est aisé de l’extraire ; mais il ne l’est pas d’inciser l’urètre , qui manque „

de point d’appui , et qui fuit pour ainsi dire sous le tranchant du bistouri. Gette opération ne doit être faite qu’au périnée. Si on la pratiquait à l’endroit dés bourses , il pourrait se faire dans le tissu cellulaire qui les forme une infiltration d’urine, qu’on pourrait peut-être prévenir en portant une algalie ou une sonde flexible dans la vessie, mais qui pourrait avoir lieu malgré l’usage de ce moyen , et qui ne serait pas sans danger.

( L’urètre recèle quelquefois non - seulement des t *lP?uf; f ragmens de sondfs ou de bougies , mais encore des occupé par épinglés, des cure-oreilles, des morceaux de bois, "corp^o/5 ' des épis de graminées , des tuyaux de pipe , des hari- dlDd, eots ou d’autres corps du même genre que des enfans

et même des personnes adultes , se sont introduits et ont laissé échapper dans ce canal. Il est à remarquer que les parois urétrales semblent être le siège d’un mouvement péristaltique qui tend à attirer et à faire pénétrer les corps que l’on présente à leur ouverture extérieure. Du moins voit-on ces corps se précipiter en quelque sorte et gagner la partie moyenne du conduit sans qu’ils y soient sollicités par leur poids ou par' l'impulsion qu’ils ont reçu. Relativement aux instrumens emplastiques ^ l’expérience a démontré que quand ils ne sont pas bien préparés ils s’altèrent avec la plus étonnante rapidité et se rompent comme du verre au plus léger effort que l’on exerce afin de les retirer. M. Dupuytren possède un très-*grand nombre d’exemples de eet accident , et l’on ne saurait trop recommander aux praticiens de bien choisir les. sondes ou les bougies dont ils se proposent de faire usage.

Plusieurs corps de ce genre peuvent être repoussés au-dehors, au moyen de pressions méthodiquement exercées sur eux d’arrière en avant, à travers la paroi inférieure de l’ürëtre. C’est ainsi que l’on a plusieurs fois achevé l’expulsion de calculs urinaires, et d’autres corps arrondis et peu volumineux. Lorsque ce moyen reste sans succès , il faut chercher à les saisir et â les extraire soit avec un fil métallique formant une anse , Ou l>ièh ; ce qui est difficile : soit , ce qui est plus simple et plus

le fixer, afin A . . , L. \ 1

de l’empê- sur, avec la pince de Hun ter. Dans tous les cas, il poussé juT- -faut commencer par faire fixer le#corps étranger dans vessfeTèt -l’endroit qu’il occupe, en chargeant un aide de coml’ extraire. pr]mer le canal. immédiatement derrière la saillie qu’il forme. Cette précaution est surtout indispensable lors-

Traitement.

le corps étranger • d’arrière en

que des fragmens de sonde occuppant la partie la plus reculée de l’urètre, peuvent être poussés par le plus léger effort jusque dans la vessie. 11 faut que l’aide introduise alors son doigt dans le rectum et retiénne Te corps étranger en pressant fortement sur le, col de la vessie. On sent que ce procédé a l’avantage de fournir un point d’appui au moyen duquel il est plus facile de faire agir les instrumens d’extraction. Ceux-ci d’ailleurs pourraient , si l’on négligeait d’arrêter ainsi ce corps étranger, le faire fuir devant eux jusqu’au réservoir de l’urine. On possède un grand nombre d’observations qui constatent ce fait et qui doivent faire considérer comme très-important le précepte que nous établissons ici.

M. Viguerie, de Toulouse, imagina, chez un hominp procédé dans l’urètre duquel une sonde se rompit , d’intro- Qe Mr-J isue duire une autre sonde d’un diamètre égal et qui était percée à ses deux extrémités. Le bout de cette sonde s’appuyant sur l’extrémité' du fragment de l’autre, il y fit pénétrer le mandrin et eu le bonheur de retirer cê corps étranger; mais ce procédé est incertain, il ne peut être que rarement mis en usage , et l’on ne doit que faiblement compter sur son efficacité.

Enfin, lorsqu’il est impossible de retirer le corps étranger par les' voies naturelles , il faut, ainsi qu’il a été dit précédemment , inciser les parois urétrales et l’extraire à travers la plaie. Mais afin d’éviter les infiltrations urinaires auxquelles on pourrait donner lieu en ouvrant la partie du canal qui correspond au scrotum , on doit s’efforcer ou de pousser ce corps jusqu’au périnée, ou de l’attirer en deçà des bourses.

La plupart de ces corps consistent en des pes-

94 ÜE, LA MÉDECINE

La plaie doit être assez longue pour que l’extraction n’éprouve pas de difficulté, et pour que l’urine puisse librement s’écouler au dehors. Nous n’insistons pas davantage actuellement sur ce point , parce que nous y reviendrons en traitant des calculs urinaires arrêtés dans l’urètre. )

Des corps étrangers dans le vagin .

Il a été dit , à l’occasion des déplacemens de la matrice, que les pessairës faits avec le liège 'recouvert de cire peuvent s’altérer dans le vagin , quand ils y séjournent long-temps , et qu’ils peuvenjt causer une irritation suivie de tension dans le bas-ventre , de fièvre, et enfin d’écoulemens saniêux. Les pessaires métalliques ne mettent pas à l’abri de ces inconvéniens , parce qu’ils s’altèrent aussi, et qu’ils blessent par les aspérités qui sy forment en conséquence de cette altération. J’en ai cité, d’après Morand , un cas dans lequel cela est arrivé. J’en ai vu moi-même un tout semblable. Une femme incommodée d’un relâchement de matrice y avait remédié par un pessaire d’argent doré qui avait parfaitement réussi. Elle s’y était tellement habituée , quelle l’avait oublié entièrement. Parvenue à un âge très-avancé , quarante ans peut-être après qu’on lui eût introduit ce pessaire , elle eut des incommodités dont on ignorait la cause. Après de longues souffrances , il lui survint un écoulement si abondant qu’il épuisait ses forces. Elle se souvint alors de son pessaire, et elle en parla pour la première fois. Je fus invité à lui donner mes soins. Lorsque j’eus reconnu le corps étranger

quelle avait clans le vagin, je. voulus l’extraire. Je fus arrêté par les -douleurs que je causais à la malade, et par l’impossibilité d’amener ce corps avec les doigts , parce qu’il était hérissé d’aspérités qui me blessaient. Il fallait l’ôter ou que la malade pérît. Je me pourvus de fortes pinces avec lesquelles je le saisis , et j’en fis l’extraction. La malade souffrit beaucoup et perdit une assez grande quantité de sang, mais elle guérit. Son péssaire avait en quelques endroits la forme d’une râpe. Il avait entraîné avec lui des chairs fongueuses qui s’étaient introduites dans les trous dont il était percé, et 'dont la déchirure avait occasioné la perte de sang qui avait suivi son extraction. Il ne doit arriver que rarement aux femmes d’éprouver de semblables inconvéniens, parce qu’on a substitué des pessaires que l’on dit être faits avec la gomme élastique, à ceux dont on faisait usage précédemment, et parce que ces peSsaires ne sont pas si sujets à s’altérer.

(Quoique l’ampleur et le peu de longueur du vagin s’opposent à ce que des corps étrangers s’arrêtent fréquemment et soient retenus avec force dans cet organe, les exemples de cet accident ne sont cependant pas très-rares. Ils oecasiônent alors les désordres les plus graves. M. Dupuytren a vu par exemple le cercle d’un pessaire d’ivoire , en bilboquet , qui était engagé dans le vagin depuis plusieurs années , et qui ayant perforé les parois de ce conduit, avait pénétré et faisait saillie , d’une part, dans la vessie , et de l’autre dans le rectum. On conçoit combien était dégoûtante l’infirmité qui résultait de l’écoulement continuel et involontaire des matières fécales et de l’urine à travers le vagin .

lien est cependant d’autres.

Observation de M.Dnpuytren.

M. Dupuytren, après avoir en vain essayé de scier l’arc d’ivoire dans le rectum, fut obligé de le rompre avec de fortes pinces tranchantes qu’il fit construire exprès. Cette opération fit beaucoup souffrir la malade, mais elle procura une guérison complète et rapide. Dans les cas moins graves, on extrait les pessaires plats et arrondis , / en introduisant un doigt dans leur ouverture, ou en y

faisant passer un ruban , de telle sorte que l’on puisse leur faire exécuter une culbute qui les place de champ etrende leur sortie plus facile. Un des exemples les plus bizarres que l’on connaisse des corps étrangers arrêtés dans le vagin , est celui qui se présenta , il y a quel- Autre obs. ques années , à M. Dupuytren. Une femme vint condu tici^n .pra" sulter ce praticien pour une incommodité quelle disait ressentir dans le conduit vulvo-utérin: Le toucher fit aisémentreconnatître dans cet organe un corps étranger dont on ne put que difficilement déterminer la nature. La malade s’obstinait à ne fournir aucun renseignement à ce sujet. Cependant à force d’explorations, on parvint ( à s’assurer de la forme de ce corps, qui présentait à l’opérateur une large ouvérture et une cavité profonde : les parois tuméfiées du vagin recouvraient les bords de l’espèce de vase qu’il recélait, empêchaient de pénétrer jusqu’à eux, et opposèrent une assez grande résistance à ce que l’on pût les saisir, les dégager, et extraire le corps étranger après l’avoir culbuté dans la cavité vaginale. Ce n’est pas sans une grande surprise que l’on reconnut alors un pot à pommade qui avait été introduit par son fond, et au sujet duquel la malade fit plusieurs fables , afin . d expliquer sa présence dans les parties génitales. Il serait difficile de rappeler tous les cas ana-

logues qui se sont offerts à l’observation , et de décrire en détail les procédés opératoires à l’exécution desquels ils ont donné lieu. Ces procédés varient d’ailleurs suivant les circonstances de la maladie , et l’on ne peut qu’indiquer les règles générales qui doivent guider le chirurgien ; l’habileté de celui-ci consiste ensuite à les modifier d’après la nature des corps étrangers, leur situation, Tétât des parties et la violence de leur inflammation.)

Des corps étrangers dans le rectum.

Outre les corps qui ont été avalés , et qui sont entraînés avee les excrémens, il peut' s’en trouver dans le rectum qui viennent de dehors, et qui y aient été introduits de quelque manière que ce soit. On doit procéder à leur extraction avec des pinces de grandeur et de forme convenables , qui seront conduites sur le doigt indicateur de la main gauche. Le malade placé sur le bord de son lit, dans la même situation que s’il fallait ouvrir un abcès au voisinage de l’anus, et retenu par des aides j le chirurgien portera le doigt , et ensuite les tenettes dans le fondement , et saisira le corps étranger de la manière la plus favorable à son extraction. Si les parties sont naturellement resserrées, et que des tentatives antérieures y aient produit de l’irritation et attiré de l’inflammation , on fera précéder cette opération parfla saignée , et par l’usage des bains.

Il y a des corps dont la forme et la disposition sont telles , qu il est impossible de les tirer sans avoir recours à des moyens extraordinaires. Tels seraient une

fiole de verre longue, où une queue de porc introduite par son gros bout ,, comme dans les cas rapportés par Morand et par Hévin, d’après Joseph Nollet et Marchéttis. Un particulier s était introduit dans le rectum une fiole de verre de l’espèce de celle dont il vient d’être parlé. N’ayant pu la retirer, il lui fut impossible d’aller à la garde-robe , ni dé recevoir des lavêmeùs. Les pinces n’avaient point prise sur ce corps. On ne trouva d’autre moyen, pour en délivrer le malade, que d’engager. un enfant de huit à neuf ans, dont on avait fait graisser la main , à la lui introduire dans le rectum, pour pouvoir le saisir et l’amener au Cas d’une dehors. Quant à la queue de porc , elle causait déjà des porepw douleurs inexprimables , parce que les effërts involop- Marchettis. taires que la malade faisait pour s’en débarrasser et pou r vider le réctum des matières qui s’y étaient amassées , en redressaient les soies , et les enfonçaient dans la membrane qui tapisse le dedans de l’anus. Cette queue avait été introduite après que les soies en avaient été coupées un peu court , afin quelles fussent plus piqüântés , et elle pendait en dehors de la longueur de plus de quatre-vingt-un millimètres. L’état de la malade était très-pressant, lorsque Marchéttis fut appelé lé sixième jour. Il imagina de prendre une canule de réseau de la longueur de soixante-cinq centimètres, dont il disposa une des extrémités de manière à pouvoir êtré introduite dans le fondement, et après avoir attaché ùti gros fil à l’extrémité de fa queue , et l’avoir fait passer à travers la canule , celle-ci fut pousséç assez avant pour entrer au dedans de l’anus , et pour dépasser le corps étranger- lequel sortit sans difficulté ,

et sans causer de douleur. La malade fut soulagée surle-champ par l’expulsion de matières excrémenteùses qui avaient été retenues, et les vomissemens et là fièvre qui étaient survenus se dissipèrent en peu de temps.

Outre les corps étrangers qui descendent dans le rectum après avoir été avalés , et ceux qui y ont été introduits par l’anus , il se forme assez souvent dans cet intestin: des amas de matières et des concrétions èaleuleuses qui doivent en être tirés:

Les premiers sont plus communs chez les personnes sédentaires, ichez celles qui sont lentes à céder aubesoin d’aller à la garde-robe , et surtout chez celles en qui la bile coule mal ou manqué d’activité. Cés amas peuvent devenir assez voluminëuxpoür rendre l’excrétion des matières noüvéllement formées extrêmement difficile. Le ventre se tend; le malade a de fréquens besoins d’aller à la garde-robe ; il n’y satisfait que dune manière imparfaite; il éprouve dans le ventre un sën^ timent de pesanteur, lequel saccroît chaque jour: La sortie des urines ést lente et pénible , et quelquefois les efforts que le malade est obligé de «faire rendent la respiration moins libre , et lui 'éâusent dés doülèurs de tête avec rougeur au visage et aux yeux, et gonflement aux veines du cou. La réunion de ces symptômes indique assez bien la nature du mal , dont on s’assure en portant un doigt dans le fondement? 1.1 est fort aisé d’en débarrasser le malade. Apres l’avoir fait mettre dans la situation indiquée plus haut , et avoir fait rélever la fesse qui se trouve supérieure, le chirurgien glisse le doigt indicateur de la main gàucbè dànsle rectum , et conduit de la droite , au dedans de cët'intës-

Âmas d« matières ' ütercorales 'épaissies. .

tin, un instrument de formé longue, et terminé par un bec de cuiller, avec lequel il divise la matière, et il la retire par partie. Je me suis toujours servi, pour cette opération, d’une espèce de curette à long manche , et ce moyen m’a bien réussi. Lorsque le malade est fatigué , et qu’il ne reste plus dans le rectum que des fragmens de peu d’épaisseur, on en abandonne l’expulsion à la nature , que l’on aide en faisant prendre au malade un lavement fait avec trois parties d’eau et une partie d’huile.

Dans le nombre des personnes à qui j’ai fait cette légère opération , il s’en est trouvé une dont l’incommodité durait depuis long-temps , et qui se trouvait réduite à un état assez fâcheux. Les excrémens liquides et les urines. sortaient involontairement. Le boursoufflement et la sensibilité du ventre étaient très-considérables. La malade était fatiguée par les efforts “auxquels elle était obligée de se livrer; enfin la masse avait été poussée au dehors à travers l’anus, qui était dilaté au point de présenter une ouverture de plus de quarante millimètres de diamètre. Cette masse faisait une saillie très-marquée. La forme en était convexe, la substance assez ferme, et la couleur d’un brun verdâtre. Les personnes de l’art qui avaient été consultées s’étaient méprises au point de la prendre pour une tumeur de nature extraordinaire , qu’elles croyaient être tombée en gangrène, et sur laquelle on avait fait des scarifications. J’avais jugé la maladie sur la seule exposition des aceidens quelle occasionait. L’examen que je fis des parties affectées me convainquit de sa nature, et la malade fut débarrassée en quelques instans de son iucom-

l'ÉRATOIRE.

lOI*

modité , dont les suites auraient pu être fort graves, si elle eût duré plus long-temps.

Les pierres qui se forment au dedans du rectum reconnaissent les mêmes causes, produisent les mêmes incommodités, et doivent être tirées par des procédés analogues à ceux dont on fait usage pour faire l’extraction de toute autre espèce de corps étrangers. On trouve deux exemples de cette opération dans le troisième volume des Mémoires de l’Académie de Chirurgie. Le premier a été communiqué par Maréchal , et le second par Moreau, La malade de Maréchal était une femme âgée de quarante-cinq ans, qui, depuis long-temps, était sujette à des coliques bilieuses. Le doigt porté dans le fondement fit sentir un corps dur , qui était situé assez haut. L’extraction de ce corps était le seul moyen-de soulager la malade. Maréchal la fit avec une des tenettes dont on se sert dans l’opération dé là taille. Comme la pierre était fort grosse, elle ne put être amenée au dehors qu 'après plusieurs incisions faites en divers sens. Cette pierre était de forme elliptique. Elle avait soixante-dix millimètres dans un sens , et quarante-deux dans l’autre. Sa circonférence était de vingt centimètres et plus. Elle était formée de couches concentriques, dont les extérieures avaient moins de solidité que celles qui étaient intérieures. Ce corps exhalait une odeur fétide dans les commencemens , et sa substance était en quelque sorte savonneuse et douce au toueher. La pierre dont Moreau a fait l’extraction était de même nature. Elle put être tirée sans faire d’incisions, parce quelle se brisa sous les tenettes, qu’il fallut introduire à diverses reprises , pour en aller cher-

■ Pierres tercorales.

Obs. de- Maréchal,.

Obs. de- Moreau*

DELA MÉDECIKE

cher; les fràgmens les plus gros. Les autres sortirent d’eux-mêmés à l’aide de lavemens. Moréau obsèrve avec raison qu’il peut se trouver deux sortes de pierres dans les intestins; Les unes sont bilieuses et les autres stereorales. Les premières, ne parviennent pas à une grosseur supérieure à celle d’une noix. Elles sont légères , et d’une couleur jaune verdâtre. Les, autres sont de grosseur indéfinie, ; et' de couleur obscure qui tiré sur le gris. L • ’

„ Des ,corjis - étrangers' apptiq ués aux parties naturelles .

Comme on ne peut prévoir tous les cas qui peuvent se présenter et que chacun d’eux peut exiger des procédés diffërens , on ne peut rien faire de plus pour l’instruction que de rappeler en peu de mots ceux qui nous ont, été transxnis, et ce que l’on a fait pour tirer les malades- du danger imminent auquel ils avaient eu l’imprudence de s’exposer.

Obs. sur un Un jeune homme avait passé sa verge dans l’anneau

^clef .de d’une clef qu’il avait poussé très-haut vers le pubis. Il survint bientôt un gonflement qui augmenta par les efforts douloureux que le malade fit pour s’en débarrasser. A. peine l’anneau pouvait-il être vu. Cependant on parvint à le faire glisser jusqu’à la couronne du gland, après avoir bien graissé les parties avec de l’huile. Il fut arrêté à l’extrémité de la verge, et on ne put le tirer qu après avoir fait des scarifications qui diminuèrent l’engorgement. Il se détacha dans la suite des escarres qui laissèrent des plaies profondes ,, et qui donnèrent lieu à des cicatrices qui rendirent la par-

OPERATOIRE.

io3

lie difforme , quoiqu’on .eût- pris la précaution d’inîror duire une sonde dans l’urètre, pour prévenir cet inconvénient. ;3

Un autre jeune homme avait passé sa verge dans un anneau de cuivre. On fut assez heureux pour coupér cet; anneau avec .de forts ciseaux. Un .troisièmerîSsétnit servi d’une virole de fer de vingt-sept millimètres.. d'ouverture, épaisse de quatre, et assez mal polie. La partie se gonfla et il se forma un bourrelet fort épais audessus et. au-dessous. Un serrurier que l’oii fit- r venir pour la limer déclara qu’il ne pourrait le faire rsans s’exposer à blesser le malade ; mais de petits mprcéaux de bois qui furent passés au-dessous de la virole facilitèrent cette opération, qui fut fort longue. Ce fut aussi par le même moyen , c’est-à-dire avec une lime j que l’on put délivrer un quatrième malade d’un anneau dans lequel ü avait passé sa verge;, pfr qui avait produit un. engorgement tel , que la partie était. menacée delà gangrène. m

Le ds le plus embarrassant de ce : genre y qui soit: connu, est celui d’un jeune homme de seize ans, qui s’avisa dé faire passer sa verge et ses testicules dans l’ouverture de l’instrument de fer ovale, qui porte le nom de briquet. L’engorgement fut si considérable , que le chirurgien qui fut appelé ne put d’abord apercevoir le corps étranger. La scie et la lime ne pouvaient être employés sans un grand danger. Il s’avisa de saisir le. corps avec deux petits étaux de main , ce qui lui permit de glisser dessous une lame de cuivre mince enveloppée dans un linge fin. Alors faisant avec les deux étaux, qu’il tenait chacun dans une de ses

Sur une ï)ague de cuivre ;

Qbs. de M. Dnpuy-

Aütre du même chirurgîeu .

mains , des mouvemens en sens contraire , il cassa le briquet sans blesser le malade, qui guérit par des soins ordinaires.

(Plusieurs observations semblables à celles que l’on vient de lire se sont offertes à la pratique de M. Dupuytren. Il y a peu d’années entre autres, qu’un jeune homme se présenta à la clinique de l’Hôtel-Dieu , portant une bobèche de chandelier au devant de laquelle le gland s’était énormément tuméfié. Aucun effort n’ayant pu détacher ce corps etranger, il fallut avec de fortes pinces en briser d’abord le pavillon , qui était situé en arrière ; on fut ensuite obligé de limer la portion fcylindrique qui- environnait immédiatement le pénis.

Il serait difficile de reproduire la simple énumération des faits de ce genre qui ont été notés par les praticiens. Mais une chose assez commune , dont ils mont pas parlé, et qui s’est aussi présentée. plusieurs fois à M. Dupuytren , consiste dans la ligature du pénis^ au moyen d’une ficelle mince ou d’un fil solide. Dans les accès du délire érotique, des jeunes gens et même des hommes adultes s’e sont ainsi serré la verge au point que ne pouvant plus dénouer le lien , une section circulaire s’est faite à la peau, et que l’urètre lui-même a été ouvert et presque entièrement incisé. Il est évident que dans des cas de ce genre, il n’y a d’autre parti à prendre que de couper avec précaution le fil ou la ficelle, de panser les plaies, et d’introduire ensuite une sonde de gomme élastique dans la vessie , afin de prévenir la formation d’une fistule urinaire ou d’un hypospadias accidentel.:); .

OPERATOIRE. io5

Des corps etrangers qui se sont formés dans l'œil , dans les voies urinaires , et dans la matrice .

Ges corps sont , le cristallin devenu opaque, les pierres urinaires, celles de la matrice, et l’enfant retenu dans la matrice par dés obstacles qui ne peuvent être surmontés que par des procédés opératoires.

Du cristallin devenu opaque.

Lorsque ce corps , destiné à réfranger les rayons de lumière , et à les diriger vers le fond de l’œil , perd sa transparence, la perception des objets qu’il trouble et qu’en suite il intercepte en entier, ne peut être rétablie qu’on ne le déplace ou qu’on n’en fasse l’extraction. La maladie que son opacité produit se nomme cataracte : elle s’annonce par le changement de couleur de la pupille, laquelle devient d’un blanc sale, grise, bleuâtre, etc., et par l’altération de la vue, qui en est la suite. On a cru long-temps que cette maladie dépendait d’une membrane formée accidentellement par le rapprochement des parties les plus grossières de l’humeur aqueuse. Comme le cristallin passait pour être l’organe immédiat de la vue, et qu’on parvenait à déplacer le corps ou la substance dont l’opacité causait la cataracte, on était loin de penser que ce corps fût le cristallin lui-même. Kepler, en 1 6o4, avait prouvé que sa transparence ne lui permettait pas de retenir les rayons de la lumière , et que l’organe de la vue devait résider au fond de l’œil. C’était en quelque sorte faire pressentir que le cristallin était le siège

Ce que c’est que la cata-

Elle a tou¬

jours passé

membrane formée dans l’humeur aqueuse.

de la cataracte. Mais il fallait des faits pour établir une opinion qui différait aussi essentiellement de celle qui était généralement adoptée. Les premiers furent pu- Quarré, bliés par François Quarré , médecin et chirurgien trèslepcr®^®r’a habile, et par Remi Lasnier, qui sans doute les anqu’eiie cou- nonca c]ans une thèse soutenue au Collège de Chirurl’opacité du gie de Paris , dont l’objet était de déterminer si on

cristallin. ° ^ è . : - - . -

Lasnier en parviendrait à guérir la cataracte d’une manière sûre,

P en traversant le cristallin avec une aiguille introduite dans l’œil. On ignore en quel temps Quarré fit connaître ses observations , et Lasnier soutint la thèse dont il vient d’être parlé : il paraît Cependant que ce. fut Tous deus: avaIJt i65i. Quelques années après , Pierre Borel en ^vant i6Sr. publia de semblables. Théophile Bonpet ensuite , puis Biégnyet Blégny, Lucas Tozzi , Geoffroi , Samuel Pol'isius et Ber-

. d’autres. n J

nard Albinus ,. confirmèrent que la cataracte était presque toujours le résultat du changement de couleur et de l’opacité du cristallin. Cette vérité n’était pourtant encore connue que d’un petit nombre de personnes au commencement du siècle dernier, et elle fut regardée : comme nouvelle , lorsque Antoine Puis Maître- Maître-Jan, en 1707, Mérÿ, en 1708, Brisseau, en 1709, JaMe°ry en7 ’ Heister et plusieurs autres , publièrent de nombreuses se7a°u en 1^09" observations qui né permirent plus d’en douter. Bientôt après, La Peyronnie et Morand firent voir à l’Académie des Sciences des cataractes vraiment membraneuses , qui avaient leur siège dans la capsule antérieure et postérieure du cristallin , et qui n’étaient pas formées par une membrane de nouvelle création , comme on le pensait autrefois. Enfin on a vu depuis , qu’outre les cataractes cristallines et celles qui sont

OPÉRATOIRE. '' IOJ

membraneuses, il y en a de laiteuses ou purulentes dans lesquelles le cristallin est entièrement dissous , et d’autres où ce corps, diminué de volume, flotte dans une humeur blanche; lesquelles peuvent être appelées cataractes mixtes.

On ignore quelle est la eause de la cataracte. Maître- Jan l’attribuait à une humeur acide qui ternissait le cristallin ^ Saint-Yves à une matière âcre qui le corrompait; mais la partie centrale de ce corps étant la première affectée, on ne peut croire qu’il soit altéré par une humeur quelconque déposée à sa surface. Les coups violens portés sur l’œil peuvent donner lieu à la cataracte, soit qu’ils déplacent le cristallin ou non. Souvent cette maladie dépend de l’impression d’une lumière trop vive; aussi les gens qui travaillent les mé-, taux au feu y sont-ils sujets. Cette maladie est celle des gens âgés , chez qui le cristallin ne manque jamais de perdre de sa transparence (t)i On la voit aussi survenir, à des enfans, et quelques-uns même l’apportent en en naissant. L’opinion commune était que le cristallin affecté de cette maladie passait par divers degrés de consistance; de sorte qu’il fallait du temps pour que la cataracte acquît un degré de maturité convenable. L’expérience ne répond pas à cette idée , car souvent on trouve des cataractes anciennes qui conservent de la mollesse , pendant que d’autres sont solides , quoique commençantes.

(i) Cette opinion est trop générale : il existe beaucoup d’hommes fort âgés dont les cristallins ne présentent aucune trace d’opacité. * ( Note des Éditeurs. )

Sa éanêé est ignorée.

S*s i ignés. Cette maladie se connaît par une altération de cou¬

leur à la pupille, laquelle4 se voit au centre de cette ouverture, et assez loin derrière elle. Peu à peu cette altération augmente d’intensité et d’étendue, et se fait voir plus près de la pupille, dé sorte qu’on a adopté l’expression de cataractes profondes et de cataractes superficielles, comme si la maladie en question s’avancait de la partie postérieure de l’œil vers sa partie antérieure. Cependant la personne qui en est incommodée J^tingue moins bien lès objets ; elle les voit comme s’ils étaient au delà d’un nuage ou d’un tourbillon de poussière. Ils deviennent d’autant plus obscurs, que la maladie fait plus de progrès. La vue est plus troublée lorsqu’on est expose au grand jour; elle l’est moins lorsqu’on est dans l’obscurité , parce que , le mal occupant d’abord le centre du Cristallin , les rayons de lumière passent à travers lès bords de ce corps, que l’élargissement de la pupille laisse à découvert dans une plus grande étendue. Lès objets placés de côté sont vus plus distinctement que ceux qui sont en face pour la même raison. La pupille conservé pour l’ordinaire sa mobilité, et elle n’est ni plus resserrée, ni plus élargie qu’à l’ordinaire.

On peut Peut-être est-il possible de dissiper la cataracte cora-

queiqXs mençante au moyen du ealomélas, du sublimé, de la quandÆe , des vésicatoires et de la saignée pratiquée en

commence. divers beux. On a aussi parlé de l’électricité. Mais Ensuite, elle lorsque la cataracte est confirmée , rien ne peut la gué- * radon ,°îa- «r que l’opération , qui consiste à l’abattre ou à l’ex- » foire' pîr traire. L’abaissément de la cataracte est une opération aba!SSt“ent- ancienne, et qui, après* oir été généralement adop-

Cas où elle peut être faite avec succès.

OPÉRATOIRE. io9

tée jusqu’au milieu du siècle dernier, paraît être entièrement tombée en désuétude. Son extraction est toute nouvelle (i). Avant de décrire ces opérations, il est à propos de faire connaître les circonstances au moyen desquelles on peut juger si elles doivent. avoir du succès ou en manquer.

Lorsque le malade distingue la lumière d’avec les ténèbres , quoiqu’il ne puisse discerner la forme ni la couleur des objets; lorsque l’œil conserve sa forme et ses dimensions ordinaires ; lorsque la cataracte est de couleur de perle ; enfin lorsque le malade a vu les objets comme à travers un nuage dont l’épaisseur est.devenue déplus en plus grande, jusqu’à ce qu’il ait cessé de voir ,. on peut espérer du succès de l’opération. Cependant , malgré, ces circonstances favorables , il ne faudrait pas l’entreprendre, si la maladie n’affectait qu’un des deux yeux, parce que l’autre suffit au besoin , et que le foyer de la vision devenant différentdes deux côtés , lorsqu’on a déplacé ou enlevé la cataracte, le malade ne verrait jamais d’une manière bien distincte.

Au contraire, l’opération de la cataracte ne doit point Casaoù e réussir, lorsque le malade ne peut discerner s’il est sir. dans un lieu éclairé ou obscur; lorsque la pupille est totalement immobile, soit qu’elle soit trop dilatée ou resserrée; lorsque la forme de l’œil est inégale, et que son volume est augmenté ou diminué ; lorsque la ca-

(i) Cette assertion était vraie à la fin du dernier siècle, époque à laquelle Sabatier composait son ouvrage; mais elle n’a plus aujourd’hui la même exactitude.

( Note des Éditeurs. )

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