‹ De la médecine opératoire (volume 2)Chapitre 9 sur 22 · OPÉRA TG1S.E · texte numérisé non relu

OPÉRA TG1S.E

mens , soit après les avoir tendus avec le pouce et les doigts indicateur et du milieu de la main gauche, dans une longueur qui ne peut être moindre de treize à seize centimètres. Le lieu de cette incision et la direction qu’il convient de lui donner sont différens.

Suivant la méthode la plus ancienne , on l’a prati- Eu long,

quée entre le bord externe du muscle droit et une de droit et .. . la- région

ligne qui monterait de lepme anterieure et supérieure lombaire, de l’os des îles à la jonction de la portion osseuse et ' de la portion cartilagineuse de la dernière côte. Cette ineision.devàit commencer un peu au-dessous de l’ombilic*, ét s’étendre jusqu’à vingt-sept millimètres audessus du pubis. Après avoir entamé lestégumens,nn la faisait pénétrer à travers les muscles, les aponévroses et le péritoine , jusqu’à la matrice , qui était ouverte avec précaution, et dans laquelle on portait le doigt indicateur de la main gauche, pour que l’incision pût être agrandie au moyen du bistouri boutonné.

Cette manière d’opérer a de grands inconvénièns. Lé inconvéÈiens lieu qu’on incise répond à des muscles dont les .fibres de tbode.me'' ont une direction différente , et qui , se retirant chacun dans le sens de cette direction , écartent les bords de la plaie et la rendent béante. Les vaisseaux considérables qui s’y rencontrent peuvent donner lieu à des hémorragies graves. Les intestins ont plus de facilité à s’en échapper que de tout autre endroit. Lorsque la matrice est oblique , et qua raison de cette position elle a éprouvé l’espèce de torsion qui en est l’effet, es qui porte ses bords en devant et en arrière , et ses faces à gauche et à droite, l’incision tonjbe surune des parties latérales de ce viscère , où l’on sait

que se trouvent les troncs des vaisseaux qui l’arrosent , et quelquefois même sur la trompe et sur l’ovaire les fibres de la matrice sont coupées en travers , de sorte que les bords de l’ouverture ne s’appliquent pas l’un à l’autre , et que la plaie reste béante. Enfin cette dernière circonstance permet d’autant plus aisément aux lochies; de tomber dans le ventre, que la cavité de la matrice étant incisée dans presque toute sa longueur , il n’y reste point de vide où elles puissent s’amasser pour être transmises au dehors à travers son edi.

On a pensé qu’il serait préférable de faire l’incision à l’endroit de la ligne blanche. C’est la méthode qu’avaient adoptée Solevrès et Deleurye, et celle que M. Baudelocque recommande encore , parce qu’il y a moins de parties à couper, et parce qxie, la matriee.se présentant à découvért , ce viscère peut être incisé, à sa partie moyenne, parallèlement à ses fibres principales. Soleyrès croyait devoir attribuer cette méthode à Platner et à Guérin , chirurgiens à Crespy-en- Valois. Platner dit : Incidantur juxta lineam albam , plaga majore quæ ab ombilico ad os sa pubis fere descendit , tdmabdominis musculi, tîim peritonœum, ubi tandem, vilandum ne violètur arteria epigastrica . Suivant l’observation de Guérin , ce chirurgien a fait une incision longue de seize centimètres, laquelle commençait un peu au-dessous de l’ombilic , et s’étendait jusqu’à quarante millimètres au-dessus du pubis. Ensuite il a coupé les graisses , les muscles et le péritoine, pour parvenir à la matrice, qui fut ouverte en devant * plutôt dans son corps que vers son fond. Deleurye n’accorde pas à ces auteurs d’avoir incisé à

OPÉRATOIRE. 35y

la ligne blanche , puisqu’ils parlent de muscles coupés , et qu’il n’y en a pas en cet endroit. Il attribue l’honneur de cette invention à Varoquier, chirurgien à Lille en Flandre; mais elle était connue de Mauriceau, commun peut s’en convaincre par ce passage tiré du chapitre où il traite' de l’opération césarienne : « La plupart veulent qu’on incise au côté gauche du ventre; mais l’ouverture sera mieux au milieu, entre les muscles droits, Car il n’y a en ce lieu que les tégumens et les muscles à, couper. » Lauverjat, qui en a fait la remarque , et qui cite à cette occasion l’édition latine de Maurihéau , page 247? dit aussi que l’incision à la ligne blanche a été mise en usage par un contemporain de Lamottè , ce que je n’ai pas été à portée de vérifier.

Gette manière d’opérer donnait plus d’espérancè de inconvéniens guérison que la première; mais l’expérience ne les a de diode™*" pas confirmées. On a vu que, si l’opération était plus facile, les bords de la plaie des tégumens , et ceux de l’incision faite à la matrice, n’avaient pas plus de disposition à se rapprocbér, parce que la ligne blanche est le point de ralliemenj. des museleslarges du ventre , et le lieu sur lequel ils exercent principalement leur action , et’parce que le resserrement de la matrice se fait constamment de haut en bas. La plaie de ce viscère s’est trouvée porter sur une de ses parties latérales , pour les mêmes raisons que lorsqu’on opère sur un des côtés du ventre ;;et on a remarqué qu’elle était, cachée sous les tégumens qui répondent à la partie supérieure du pubis , et que la présence de' la vessie ne permet pas de couper assez bas. Peut-être éviterait-

on une partie de cet inconvénient qui dépend dur resserrement de la matrice , et de son retour à l’état naturel, si on prolongeait l’incision de ce viscère jusqu’à la partie la plus élevée. M. Baudelocque le conseille, dans là vue de prévenir les éjflpchemens mortels qui se font souvent dans le ventre à la suite de cette opération. Mais il est incertain quon puisse inciser assez haut lorsqu’on opère la ligné blanche. Cette précaution ne peut d’ailleurs empêcher que la plaie ne reste béante, et que les lochies n’aient plus de pente à se répandre dans le ventre qu’à se rassembler dans la cavité de la matrice, d’où*elles doivent être transmises au dehors par l’ouverture de son col. incision en H J a une troisième méthode de pratiquer l’opératravers. tion césarienne abdominale. Cette méthode consiste à faire une incision transversale de cent trente -cinq millimètres de long aux parties contenantes du ventre , entre le.muscle droit et la colonne de l’épine , plus ou moins haut , selon que la matrice est plus ou moins élevée. Elle est recommandée par Lâuverjat, dans un ouvrage qui a pour titre, Nouvelle Méthode de pratiquer l’opération césarienne , Paris ,1788. Lauverjat convient quelle a été mise en usage avec succès avant . lui par diverses personnes , Æt notamment dans, un cas d’autant plus remarquable , que l’incision ayant été faite trop haut , il fallut en faire une seconde qui partait obliquement de la première. Néanmoins il peut en être regardé comme l’inventeur , en ayant mieux développé les avantages que ceux qui l’ont précédé.

Le côté sur lequel il convient d’opérer est indifférent en lui-mêmé ; cependant , si le foie ou la rate

opératoire. 359

faisaient quelque saillie , on aurait soin de les éviter : de même , si la matrice se portait plus d’un côté que de l’autre , on fixerait son choix sur le côté où il serait plus facile d’atteindre ce viscère. La malade située et retenue par des aides , et le ventre assujetti par une personne qui appuie le plat de ses mains sur les côtés de la matrice , il faut couper les tégumens, les muscles et le péritoine avec les précautions ordinaires ; le bistouri est ensuite plongé dans la matrice , et on achève la section de ce viscère au moyen du bistouri boutonné. Si le placenta se présente , on a soin de ne pas l’entamer , de peur d’ouvrir une des artères de cette masse qui répondent aux artères ombilicales de l’enfant, ou de s’exposer à en laisser une partie dans la matrice; mais on le décolle pour avoir la facilité de rompre les membranes à sa circonférence.

On procède ensuite à l’extraction de l’enfant. Cette partie de l’opération n’est assujettie à aucune règle.Lorsqu’elle est achevée, ilfaut faire dans la matrice des injections anodines par les parties naturelles, pour faire cesser le spasme et entraîner les caillots. Ce procédé est bien meilleur que celui de vider la matrice avec la main. ïlousset et Rideau avaient conseillé autrefois d'introduire dans le col de ce viscère une espèce de bougie, dans la vue de faciliter la sortie des lochies.. On a cru devoir y substituer un séton. Ces moyens ne sont propres qu’à causer de l’irritation. Si les écoulemens de la matrice ne se font pas bien Kon peut porter de temps en temps le doigt dans son col , pour le déboucher , et pour déplacer les caillots qui s’opposent à leur sortie.

Extraire

l'enfant..

M >è d Presque tous ceux qui ont parlé de l’opération cét-approcher sarienne abdominale , soit en incisant sur un des côtés la plaie, du ventre ou à la ligne blanche, ont prescrit de contenir les bords de la plaie des tégumens , des inuscles Satures, et du péritoine au moyen de quelques points de sature, à points séparés ou enchevillés , avec l’attention de placer à sa partie inférieure une espèce de tente pour en prévenir le recollement , et pour laisser une issue Emplâtre» libre aux humeurs qui peuvent sortir du ventre. Quel-

agglntinatifs. ' , , A . . •

ques-uns se sont contentés d’emplâtres agglutinatifs ou de bandages unissans. La suture est douloureuse et irritante. Les autres moyens ne portent que sur la peau , et ne peuvent remplir leur obj et , parce que les tégugurnens manquent d’appui solide , et que les muscles

situation coupés tendent à se retirer. En opérant suivant la deret avantages A

généraux de nière méthode , il suffit de faire coucher la malade sur transversale, le côté, pour que les bords de la plaie se rapprochent et se touchent. D’ailleurs il y a peu de fibres divisées, parce que celles des muscles transverses ne sont que séparées, et en quelque sorte écartées les u nés des autres. Cette manière d’opérer favorise aussi le rapprochement des bords de la plaie de la matrice , parce que ce viscère, qui se dilate beaucoup plus de bas en haut que dans tout autre. sens , se contracte d’une manière contraire, c’est-à-dire de haut en bas , ce qui rapproche les bords1 de l’incision qui y a été faite. D’ailleurs la cavité de ce viscère n’ayant été ouverte qu’à sa partie supérieure , il reste vers sa partie moyenne inférieure un vide assez étendu qui ne communique pas avec la / cavité du ventre , et où les lochies s’amassent assez aisément pour être transmises au dehors par les voies

naturelles. Le pansement se borne donc à couvrir la plaie avec un large plumasseau sec , des compresses et un bandage de corps médiocrement serré, lesquels seront renouvelés lorsque la suppuration sera établie , ou lorsque les pièces d’appareil se trouveront suffisamment humectées pour avoir besoin d’être changées. Une grande sensibilité dans le ventre exigerait que les plumasseaux ët les compresses fussent trempés dans une décoction émolliente, et suffisamment exprimés pour ne pas incommoder la malade par une humidité surabondante.

La section de la symphyse du pubis. On ne trouve aucune trace de cette opération dans les auteurs ; cependant Hippocrate savait que les os du bassin s’écartent dans l'accouchement. Jacques d’Amboise confirma ce fait èn 1689, sur le corps d’une femme* accouchée depuis peu de temps , et suppliciée pour avoir tué son enfant. Séverin Pineau , qui avait assisté à la dissection que l’on fit de cette femme , s’occupa de la recherche des causes de cet écartement. Il dit , en parlant des symphyses des os du bassin , non solum possit dilatari , sed secari. Albucasis avait parlé de cette dernière opération , qu’on disait en usage chez certains peuples, comme d’une chose absurde. Cependant, Sigault , devenu depuis médecin en l’Université de Paris , la proposa en 1 y 68 à l’Académie de chirurgie} qui ne crut pas devoir l’adopter. Cinq ans après, il en établit la possibilité dans sa thèse de réception à l’Université d’Angers. Ce ne fut qu’en 1777 qu’il osa la pratiquer, à la sollicitation et avec le secours de M. Alphonse Le Roy, sur une femme qui précédemment était acouchée

Cette opération a été indiquée par Séverin Pi-

Elle est formellement proposée par Sigault,

Temps qu’il fajit attendre pour opérer*

Procédé

opératoire.

de quatre enfans morts , parce que chez elle le diamètre du bassin de devant en arrière n’avait que soixantesept millimètres d’étendue. Sigault fit les incisions , et M. Alphonse Le Roy tira l’enfant. La femme a survécu, et l’enfant a- été conservé. Il s’éleva à cette occasion des contestations que ces deux médecins ne jugèrent pas dignes de leur attention. Ils aimèrent mieux multiplier leurs épreuves, qui ont été assez nombreuses , et dont le succès a rempli leurs espérances.

Quand la section de la symphyse du pubis est commandée par l’étroitesse du bassin, il faut y disposer la malade par quelques préparations , si elles sont jugées nécessaires , et attendre que le col de la matrice soit assez dilaté pour qu’on puisse aller chercher l’enfant. Alors , après avoir fait raser la malade et l’avoir mise en situation , on fend la peau qui couvre la jonction des os pubis et on l’incise, avec un bistouri convexe , monté solidement sur un manche, dans une étendue de quarante millimètres. Le cartilage , auquel on parvient par cette incision , est coupé à son tour dans presque toute son épaisseur; après quoi on continue d’inciser les tégumens jusqu’au clitoris , ce qui donné la facilité d’achever la seetiomdu cartilage. Tout cela doit être fait avec lenteur et précaution , et le bistouri ne doit pas être porté profondément avant qu’on se soit assuré qu’on est sur la symphyse , sans quoi on pourrait l’émousser sur un des os pubis. On a soin en même temps de faire écarter les cuisses de la malade avec beaucoup de lenteur aussi, de peur que les os pubis ne s’écartent trop promptement l’un de l’autre. Quand ils le sont de vingt-sept millimétrés , on finit

par la section des tégumens qui sont au-dessous de leur union. Il ne reste plus qu’à se procurer l’écartement qu’on croit être nécessaire , à dilater le col de la matrice jusqu’au point convenable , à introduire la main dans la cavité de ce viscère pour aller chercher l’enfant, et l’amener au dehors avec les précautions ordinaires. La plaie est ensuite pansée de la manière la plus simple , mais avec l’attention d’entourer le bassin avec une serviette qui maintienne les os dans le rapprochement , et d’attacher les cuisses l’une à l’autre avec une bande de toile , comme après l’opération de la lithotomie , et pour les mêmes raisons.

Les avantages que l’on se propose de tirer de cette inconvemenÿ opération sont d’obtenir un agrandissement du détroit C ratiLT supérieur du bassin, tel qu’il permette l’extraction de l’enfant. Il est vrai que les os innommés ne peuvent s’écarter sans que le diamètre transversal de.ee détroit devienne plus long.; On comptait aussi sur l’allongement de celui qui s’étend de devant en arrière; mais cet effet de la section de la symphyse n’est pas aussi certain que l’autre. Pour se procurer un changement suffisant, il faudrait éxercèr sur les symphyses sâcroiliaques une violence qui en occasionerait en quelque sorte la disjonction , -et qui attirerait les accidens les plus graves. Sans cet inconvénient capital, il n’est pas douteux que la section de la symphyse ne fût préférable à 1 opération césarienne abdominale, qui suppose une incision étendue faite à un viscère disposé à l’irritation et à l’inflammation, et qui doit être 'suivie d’écoulemens abondans qui ont plus de facilité à se répandre dans le ventre qu’à se porter

au dehors , à travers la plaie qui a été faite aux parois de cette cavité. Mais l’inconvénient dont il s’agit est 'inévitable. Heureusement les occasions de' pratiquer l’une ou l’autre de ces opérations sont fort rares. Elles le seraient davantage , si les personnes qui exercent l’art des accouehemehs mettaient toute la patience qui convient dans la pratique de cet art. En effet , il est quelquefois arrivé que des femmes à qui on avait fait l’opération césarienne, ou celle de la symphyse, sont depuis aecouchéës naturellement , soit que les liens qui unissent les os du bassin se fussent relâchés , ou que, malgré l'excessive difformité de cette partie et le peu d’intervalle qui séparait les os pubis d’avec le sacrum, il restât sur les côtés un intervalle assez grand pour permettre la sortie de l’enfant, ce quë j’ai plusieurs fois observé sur le bassin de femmes excessivement rachitiques. Il est certain du moins que dépuis qu’on s’est lassé de disputer sur la préférence que l’une des deux opérations mérite sur l’autre, on a cessé de s’en occuper, et les personnes qui pratiquent les aecouchemens ne croient plus voir partout la nécessité d’y avoir recours, comme elles l’ont fait pendant quelque temps.

(M. Dupuytren a observé que, pour rendre la section de la symphyse des pubis plus sûre , il faut se servir d’un couteau solide, fixé d’une manière immobile sur son manche, et boutonné à son extrémité. Sans eètte dernière précaution, il arrive quelquefois qu’à l’instant où l’on termine la section du cartilage de la symphyse , la. pointe de l’instrument s’échappe et pénètre dans la vessie. Le même praticien, afin de faciliter ensuite

l'écartement des pubis , et de prévenir le tiraillement et la déchirure de l’urètre , fait succéder à la division de la symphyse celle du ligament triangulaire placé au sommet de l’arcade pubienne. Pour cela, il incline le couteau ducôtédroit, et coupe, en rasant labranche descendante du pubis, le ligament qui s’y attache , de telle sorte qu’après cette division les deux os peuvent ensuite s’écarter aisément, autant qu’on le juge convenable, sans occasioner aucun désordre ultérieur dans les parties. )

4° La gastrotomie. On est quelquefois obligé de prati- Elle est

quer au ventre une incision toute semblable à celle de Jour *tïrer l’opération césarienne , lorsque l’enfant est passé dans pissé cette cavité à l’occasion d’une rupture à la matrice. Par la rDP-

1 turc de la

Cet accident est malheureusement assez fréquent. Il matrice, a des causes qu’il n’est pas possible d’assigner. On peut dire cependant que l’enfant n’y a nulle part , et qu’il peut être regardé dans toutes les circonstances comme un corps purement passif. Les signes qui l’annoncent ne sont pas toujours faciles à saisir. Cependant , s’il y signes de a eu de fortes douleurs , si la dernière , extrêmement cet accldent’ vive , est suivie d’un calme parfait , si le visage se décolore , si le poids s’affaiblit, si les extrémités deviennent froides et qu’elles se couvrent de sueur, si le Centre s’aplatit dans sa totalité , mais qu’il soit partiellement élevé par une tumeur que l’on reconnaisse pour être formée par l’enfant qui se meut encore, ou qui a cessé de vivre et de se mouvoir , si la malade sent une chaleur douce se, répandre dans le ventre ; enfin si l’enfant fuit et disparaît au toucher de l’accoucheur , il est clair que la matrice est déchirée. Lorsque l’enfant est entièrement passé dans le ventre, il ne reste

Obs. de Thibaud.

Obs. dp kambron.

plus d’autre ressource que la gastrotomie. S’il est en-? core contenu en partie dans la matrice, 031 peut l’en tirer au moyen du forceps, quand la-tête se présente, ou par les pieds , pourvu que ce soient les parties supérieures du corps seules qui aient passé dans le ventre.

Baudelocque cite trois exemples de gastrotomie à l’occasion de la rupture de la matrice. Le premier est celui qu’a fait insérer Thibaud Dubois dans le Journal de Médecine pour le mois de mai 1760. Tout était favorablement disposé pour l’accouchement naturel , lorsqu’à la suite de douleurs excessivement fortes vers la partie supérieure et' gauche de la matrice , l’en? fant disparut. Thibaud ouvrit le ventre, mais quelques heures seulement après l’accident. L’enfant était mort, et la femme n’éprouva d’autres suites de cette opération que celles qui ont lieu après un accouche?* ment ordinaire.

Le second et le troisième cas ont été communiqués en 127a à l’Académie de chirurgie, parLambron, chirurgien à Orléans. L’opération lui a réussi deux fois sur la même femme. La première fois il l’a pratiquée dix-huit heures après la rupture de -la matrice. L’enfant était mort. Il survint un abcès putride au voisinage de la plaie; néanmoins la femme était entière-? ment guérie six semaines après. Redevenue grosse l’annéé d’ensuite , la matrice se rompit de nouveau. Cette fois Lambron opéra presque sur-le-champ. L’enfant donna quelques signes de vie, mais il mourut bientôt. Non-seulement la mère a survécu, mais elle est encore devenue enceinte , et elle est accouchée fort heureuseànent.

OPÉRATOIRE. 36j

La crevasse de la matrice, ainsi que la plaie que l’on fait à ee viscère dans l’opération césarienne , peuvent donner lieu à des aceidens d’étranglementbien funestes, si les intestins viennent à s’y introduire. Quand cela arrive au moment même, on peut dégager l’intestin, soit en le tirant du côté du ventre , si on a pratiqué la gastrotomie , soit en le repoussant par la matrice , si. on a tiré l’enfant par les voies naturelles. Que feraiton si .cet accident n’arrivâit que plusieurs jours après? Un chirurgien dit avoir repoussé l’intestin par la matrice le troisième jour. Plus tard , cela ne se pourrait plus. M. Baudelocque conseille l’opération de Pigrai dans ce cas. Mais quelle certitude a-t-on d’un étranglement d’intestin et de la nécessité de cette opération ?

La gastrotomie n’a pas été seulement recommandée pour les cas où l’enfant est passé dans le ventre à la suite de la rupture de la matrice, on a encore conseillé d’y avoir recours dans ceux où il s’est développé dans un lieu étranger, comme dans l’une des trompes , dans l’un des ovaires , ou dans la capacité du ventre, ou plutôt d’appliquer l’opération césarienne à ces cas, puisque, outre l’incision des tégumens et des muscles dur ventre , il faut ouvrir la poche dans laquelle l’enfant est enfermé. Les exemples de conceptions tubaires,' c’est-à-dire dans les trompes de Fallope, sont assez fréquens. Il n’en est pas ainsi de celles qu’on dit avoir lieu dans les ovaires ou dans le ventre. Peut-être même, lorsqu’on a cru rencontrer de ces sortes de conceptions, n’aurait-on vu que des conceptions tubaires, si les choses eussent été examinées avec assez d’attention. Quelle apparence en, effet, que des parties dont

Gastrotomie pour les conceptions extra-utérines.

l’organisation a si peu d’analogie avec celle de la matrice puissent fournir les sucs nécessaires' à la nourriture d’un enfant? Ne peut-on pas croire que des observateurs peu instruits , trompés par les apparences , et distinguant mal les parties les unes des autres , au milieu des adhérences nombreuses quelles peuvent avoir contractées , auront imaginé qu’il y avait du merveilleux dans des circonstances qui n’en présentaient pas ? Ils auront surtout été induits à penser que les ovaires peuvent être aussi bien le siège de la grossesse par erreur de lieu, que les trompes, parce qu’il est très-commun de trouver au milieu des congestions de toute espèce ou des engorgemens squirreux auxquels eës corps sont sujets, des parties organiques , et qui sont manifestement le produit de conceptions manquées , telles que des cheveux , des os et des dents.

Termina- Quoi qu’il en soit, il est rare que les conceptions nàires des çxtra-utérines parviennent à la maturité. On a vu ce- Txtrà?uté-S pendant les enfans formés dans les trompes arriver au rxnes. terme de neuf mois , périr parce qu’ils ne pouvaient être expulsés , et parce qu’ils manquaient de nourriture , se corromp/e dans la poche qui les renfermait , attirer sur les parois de ceçte poche et sur les parties voisines une inflammation qui , après les avoir fixées ensemble par des adhérences multipliées , se terminait par suppuration , donner lieu à des abcès dont les uns répondaient à quelque point de la circonférence du ventre , et les autres à l’intestin rectum , et sortir par lambeaux à travers les ouvertures de ces abcès.

Dans d’autres circonstances , les enfans se sont des-

séchés ; la poche qiïi leur servait d’enveloppe s’est endurcie et comme ossifiée, et ils se sont conservés dans cet état pendant une longue suite d’années , sans que les femmes aient éprouvé d’autre incommodité que celle qui résultait du volume et de la pesanteur de la tumeur quelles avaient dans le ventre. Mais il est plus commun que la poche qui renferme l’enfant se rompe à demi-terme , faute de pouvoir s’étendre davantage , et quelle le laisse tomber dans le ventre , en fournissant par les vaisseaux qui rampent sur ses parois , une quantité de sang assez considérable pour faire périr les femmes dans l’espace de quelque heures.

J’ai été témoin de deux faits de cette espèce. Les femmes' étaient parvenues à la fin du quatrième mois dé leur grossesse. Rien t n’indiquait ce que leur état avait d’extraordinaire , que la tuméfaction du ventre qui se portait d’un côté seulement, et des tiraillemens fréquens dans cette cavité, Du reste , elles étaient bien. Toutes deux ont été attaquées inopinément de douleurs, extrêmement vives, qui ont duré deux ou trois heures. Une douleur plus forte que les autres a été suivie d’un calme parfait. Le ventre s’est affaissé et comme aplati. Uné chaleur égale et douce s’est répandrte dans cette cavité. La peau s’est décolorée., Il est survenu des syncopes presque continuelles. Le pouls s’est affaibli et concentré . Uue sueur froide s’est répandue sur toute la surface du corps , et les femmes ont expiré. La marche rapide de ces accidens ne m’a pas permis de leur administrer aucun secours : elles étaient mourantes lorsque je suis arrivé près d’elles. L’ouverture de leur corps a montré que le ventre eon-

Défaut de signes posi- ■ tifs .de conception extra-utérine.

Doit-on y appliquer l’opération césarienne ?

tenait une grande quantité de sang; que les enfans, couchés sur les intestins, tenaient à la trompe, déchirée par le cordon ombilical, et que cette trompe, fortement contractée, n’offrait d’autre tuméfaction que celle qui dépendait de l’arrière-faix.

Rien n’annonce la grossesse extra-utérine d’une manière assez positive pour la faire présumer avant le terme ordinaire de ^accouchement. Beaucoup de femmes portent leurs enfans de côté , parce que la matrice est inclinée; et beaucoup ont des douleurs ‘ et des tiraillemens qui peuvent dépendre de causes différentes. Ce n’est que dans le cas où elle parviendrait au terme ordinaire , et où la femme serait prise des Couleurs de l’enfantement , qu’on pourrait la reconaître , parce qu’aux signes non équivoques de la présence d’un enfant dans le ventre se joindraient ceux de la vacuité de la matrice, dont l’état s’éloigne peu de celui qui lui est naturel. Peut-on alors, ou doit-on faire l’opération césarienne , comme si l’enfant était contenu dans la matrice P Est-on sûr que la poche qui le renferme soit susceptible de contractions aussi fortes que celles des parois de ce viscère, et que l’incision qu’on va y pratiquer ne sera pas suivie d’une hémorragie mortelle ? Sera-t-il aisé de décoller Fe placenta, et de tirer ce corps en entier? Par quelle voie enfin se feront les écoulemens analogues à ceux des lochies, et leur épanchement dans le ventre ne ferat-il pas périr la femme P Les risques qu’elle court quand on abandonne sa délivrance à la nature sont bien moins pressans. A la vérité l’enfant est condamné à une mort assurée; il doit tomber en pourriture, et sortir

OPÉRATOIRE. S7I

par lambeaux ou se dessécher comme une momie ; mais il n’â pas connu l’avantage de vivre. D’ailleurs l’existence des enfans est si fragile ! il est si douteux qu’ils parviennent à un âge fait , qu’il semble que, si on avait à choisir, on n’aurait pas de peine à se déterminer. Heureusement on ne se trouve pas fréquemment dans des circonstances aussi délicates i et les enfans conçus hors des voies ordinaires périssent avant que la grossesse soit parvenue à son terme. Il ne reste plus alors qu’à seconder la nature eh favorisant la suppuration , si elle paraît se préparer , au moyen de cataplasmes appropriés ; en pratiquant une ouverture convenable , ou en agrandissant celle qui s’est faite spontanément ; en tirant les lambeaux de chair et les os à mesure qu’ils se présentent * en brisant avec des pinces ceux que leisrs dimensions retiennent dans le foyer de l’abcès , ainsi que l’a fait Littré dans un cas de cette espèce , où l’abcès s’était ouvert dans le rectum, près le fondement ; enfin en détergeant au moyen des injections.

Lorsqu’on a pratiqué l’opération césarienne abdo- Soins à minale, ou la gastrotomie, les soins qu’il convient de ^pératio^* donner à la malade ne se bornent pas à prévenir et à ^domînaie calmer les accidens , et à faire en sorte de conduire la et apres ?a

7 gastrotomie.

plaie à guérison; il faut encore l’engager à nourrir, afin d’empêcher que les lochies ne soient trop abondantes ; et si on est parvenu à faire cicatriser la plaie , il faut lui faire porter un bandage , dans la vue de contenir les viscères, et de s’opposer à leur sortie à travers les aponévroses et les muscles divisés , dont la réunion n’est jamais assez solide pour en empêcher le déplacement , et la formation d’une hernie ventrale.

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