‹ De la médecine opératoire (volume 4)Chapitre 20 sur 48 · DIVISIONS PAR DÉCHIRURE ET PAR ARRACHEMENT · texte numérisé non relu

DIVISIONS PAR DÉCHIRURE ET PAR ARRACHEMENT

Il est rare que l’on ait recours pendant les opérations chirurgicales à la déchirure ou à l’arrachement. Ces deux modes, d’action ont entre eux la plus grande analogie : dans l’un et dans l’autre les tissus sont allongés au point que , leur force de cohésion étant vaincue , les molécules organiques së séparent. On ne déchire qup les parties molles; les os se cassent, et ne sont pas susceptibles de cette division» Mais l’arrachement a lieu

prolégomènes.

toutes les fois que , saisissant une partie saillante,, et adhérente aux organes , ou implantée dans quelque cavité telle qu’une dent , un polype-, une loupe , etc. ; on la soulève, on la renverse, et l’on rompt les liens qui l’unissaient au reste du corps.

Il suffit ordinairement pour déchirer les tissus, de Comment oa ; opèreladé-

les Saisir fortement entre le doigt indicateur et le ciiirare. pouce de chaque main, et de les tirer en sens contraire. D’autres fois on passe le doigt entre les surfaces que l’on veut séparer : les adhérences s’étendent sur lui et se déchirent bientôt. C’est ainsi que l’on détruit, dans certains cas , les liens celluleux et lâches qui unissent entre eux la surface externe des intestins et la face interne du sac herniaire. C’est encore ainsi que sans s’arrêter inutilement à une dissection méthodique , qui aurait l’inconvénient d’être plus longue , plus difficile , plus douloureuse , et d’épuiser les malades par la continuité de la douleur ou par l’abondance de l’écoulement du sang artériel ou veineux ; on sépare des parties voisines ,1e testicule affecté de squirre , quelques tumeurs fibreuses, lipomateuses ou autres. C’est surtout ainsi que nous avons vu M. Dupuÿtren circonscrire par deux incisions elliptiques, et faire tomber en quelques secondes et comme entraînées par leur seule pesanteur, certaines tumeurs carcinomateuses du poids de six, huit , dix et douze livres ; tumeurs qu’on voit se développer plus communément dans l'épaisseur des seins que partout ailleurs et iqui, d’après les remarques du même praticien., sont toujours enveloppés d’un kyste fibro-celluleux , lequel servant de limites et de barrières entre elles et les parties molles ,

et bornant le mal, à ce qui est renfermé dans sa cavité empêche presque toujours qu’il ne se fasse par continuité de tissu ou par résorbtion de matière, une infection cancéreuse, source si commune de récidives à la suite de l’extirpation des tumeurs carcinomateuses non enkystées. Aussi voit-on rarement, dans les cas dont nous parlons , des engorgemens au creux de l’aisselle ou ailleurs ; pour empêcher la maladie de se reproduire , il suffit d’extirper complètement la tumeur avec son kyste.

Enfin on peut encore diviser par déchirure des adhérences encore peu solides entre les lèvres de plaies que l’on désire maintenir ouvertes. On passe alors un instrument mousse et solidé, telle qu’une sonde cannelée, sous la cicatrice, et on étend celle-cijusqu’à ce quelle se rompe.

Comment L’arrachement est plus compliqué. Il faut toujours ment. saisir solidement le corps a extraire avant d exercer sur lui aucune traction. Si c’est une dent, les instruméns appelés clef de garengeot, davier ou le pélican sont les plus usités. Leur manière d’agir est fort simple : ils jettent en dehors de l’arcade maxillaire , en l’éloignant du fond de l’alvéole, mais en rompant presque toujours les parois de celle-ci, la dent à extraire. Les pinces recourbées, appelées becs-a-corbin, et dont on faisait tant usage autrefois, ne sont presque plus usitées.

Lorsqu il s’agit de parties molles , l’arrachement .peut être exécuté, sinon plus facilement, du moins à l’aide d’instrumens moins compliqués. Si la tumeur est peu résistante, des pinces à anneaux plus fortes que celles qui servent aux pansemens , droites ou courbes ,

PROLEGOMENES.

et percées près de leurs mors de deux ouvertures ovalaires, ou armées de pointes plus ou moins aiguës, suffisent presque toujours. Est-elle plus solide , plus fortement attachée au tissu qui lui a donné naissance? il faut employer les pinces dites de Museux. Elles ressemblent encore aux pinces à pansement 5 mais leurs mors, au lieu d’être pleins, sont bifurques et terminés par un double crochet très-aigu et très-solide ; de sorte que la tumeur est Saisie par quatre pointes recourbées qui pénètrent dans sa substance en même temps que, les branches étant fortement rapprochées , elle est serrée par la base des crochets comme elle le serait par des pinces ordinaires.

Après avoir saisi la tumeur , et s’être assuré qu’on la tient solidement, il faut la soulever un peu pour là dégager , et la tordre ensuite sur elle-même afin d’en déchirer le pédicule ou de détruire les liens qui l’unissent aux parties voisines. C’est suivant cette méthode' que nous avons plusieurs fois vu M. Dupuytren enlever, par l’intérieur de la bouche , des polypes fibreux qui tiraient leur origine soit des fosses nasales , soit dé la base du crâne, et qui descendaient quelquefois dans la gorge, jusqu’au-dessous de l’ouverture du larynx. Aucun autre moyen n’aurait pu suppléer celui-là , excepté la ligature , dont tout le monde connaît les difficultés et les inconvéïliens. Nous avons encore aidé le même praticien dans l’enlèvement, par l’intérieur de la bouche, de tumeurs de même nature que les précédentes, mais qui tiraient leur origine soit du sinus maxillaire qu elles avaient perforé en avant ou bien en dehors, soit dé la profondeur de la joue , des forces zygomatiques et 1. ' i9

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