l’ROIiÉGOMÈNES
temporales; on sent que dans tous ces cas, la dissection serait impossible ou dangereuse, et que l’arrachement favorisé par une incision assez étendue pour mettre la tumeur à découvert et pour permettre de la saisir largement, et par la force de cohésion qu’ont entre elles toutes les parties qui la composent, est le seul moyen qu’on puisse employer. C’est encore ce moyen que M. Dupuytren a mis en usage pour l’extirpation de tumeurs fibreuses ou autres, développées au-dessous de l’os maxillaire inférieur, et profondément engagées entre cet os, l’hyoïde et la colonne vertébrale , sur les côtés du pharynx ; c’est à lui qu’il a dû de pouvoir enlever ces tumeurs sans intéresser les parois de ce dernier canal, les nerfs et les vaisseaux de tous genres qui se trouvent dans ces régions ; et c’est lui qu’on doit employer pour l’extirpation de certaines tumeurs placées au Greux dé l’aisselle , dans l’épaisseur des parois du ventre, aux parties sexuelles, entre le vagin et le rectum , autour du genou, au creux du jarret et dans tous les lieux où se trouvent des tumeurs mobiles, du tissu cellulaire susceptible d’être déchiré , des parois de cavité , d'es vaisseaux , des conduits excréteurs, des nerfs, etc., qu’il est important de ménager, et que la moindre échappée d’un instrument tranchant pourrait ouvrir ou bien entamer.
Leurs avan- L’arrachement et la déchirure ainsi pratiquées n’ont inconrémens. pas pour seul avantage d’abréger la durée de l’opération et des douleurs , ils ont surtout celui de prévenir actuellement et pour la suite l’écoulement du sang artériel et veineux. En effet , soit que les parois des vaisseaux déchirés, après avoir été allongées, reviennent sur elles-mêmes en se contournant en spi-
raie, soit que les extrémités de ces vaisseaux ,' moins extensibles qué le tissu cellulaire , se retirent au milieu de ce tissu, toujours est-il vrai que cette espèce de division est rarement accompagnée ou suivie d’un écoulement de sang très-abondant. Mais elle a aussi l’inconvénient d’exciter souvent beaucoup de douleurs , et ensuite de vives inflammations. Aussi ne 4’ emploie-t-on que dans les cas où ses avantages sont si évidens, qu’aucun autre moyen ne saurait y suppléer ou la remplacer. Tels sont cëux que nous avons indiqués.
■4e DIVISIONS PAR LIGATURE.
« On supplée quelquefois aux instrumens tranchans Comment
L 1 1 . agit la liga-
par la ligâture. Celle-ci consiste alors dans une constric- ture. tion exercée avec un fil , ou tout autre corps étroit et ductile qui embrasse fortement une partie, dans l’intention de la couper immédiatement, ou de la faire tomber après l’avoir privée de la vie. Il résulte de là que la ligaturé a deux manières d’agir : dans l’une , les parties sont divisées comme elles le seraient par un instrument médiocrement tranchant , et qui n’agirait qu’en pressant ; dans l’autre, la constriction ne fait qu’intercepter la circulation dans la tumeur, et ce n’est qu’après avoir déterminé la gangrène quelle en provoqué la chute. Il faut avoir sans cesse présentes à la pensée ces deux manières d’agir de la ligature, soit qu’on veuille la juger en la comparant aux moyens que nous avons précédemment décrits , soit qu’on veuille choisir, pour la pratiquer, le procédé le plus convenable aux cas particuliers que l'exercice de l’art peut présenter.
înstrumens y servent.
Dn lien.
Cette opération n’exige, quoiqu’on puisse l’exécuteî* à l’aide de procèdes assez variés , qu’un petit nombre de moyens, simples pour la plupart. Le premier et le plus essentiel est le lien qui doit entourer les parties, et qui se compose, suivant les cas, de substances végétales , animales ou métalliques : le second consiste dans des instrumens assez variés, à l’aide desquels on soutient et l’on augmente la constriction exercée par le lien.
La ligature , composée de tissus végétaux ou animaux, peut être faite, i° de simples fils de soie, de lin ou de chanvre ; 20 de cordonnets cylindriques, composés avec les fils précédens , tissus , où seulement liés entre eux avec de la cire; 3° de fils des mêmes substances , juxta-posés , ou bien tissus en forme de rubans. Il est à remarquer que ces rubans, ceux surtout qui sont faits de fils fuxta-posés, prennent toujours la forme cylindrique , en s’appliquant aux parties , et qu’ils les. coupent aussi vite que les autres.
Toutes, ces ligatures , sans en excepter celles qui sont faites avec la soie , sont susceptibles de s’altérer par l’influence de la chaleur et de l’humidité des lieux au milieu desquels elles se trouvent placées ; ce qui est un inconvénient très-grand, lorsqu’on les emploie sur des parties abreuvées de beaucoup de fluides, et qu’on ne peut détruire qu’à la longue et par des constrictions successives. On doit préférer alors dés fils métalliques de plomb ou. d’argent recuit , lesquels sont peu altérables, et ont d’ailleurs une ductilité et une force de cohésion qui les rendent très-propres à cet usage. On évite de seservir-de fils de fer et de cuivre ,
PROLÉGOMÈNES. 2q3
à cause de leur oxydabilité, et des accidens auxquels elle pourrait donner lieu ;.et des fds d’or ou de platine ,' à cause de leur prix et de leur moindre flexibilité.
Les ligatures que nous venons d’indiquer suffisent, Des portesans le secours d’autres moyens , pour lier toutes les ll2aturestumeurs circonscrites et pédiculées de la surface du corps ; mais elles deviennent insuffisantes lorsque celles-ci ne sont ni circonscrites ni pédiculées , et quelles sont situées à une grande profondeur. On a besoin, dans le premier cas, de circonscrire les parties qu’on veut lier.; et , à cet effet , on peut se servir avec avantage d’une aiguille courbe , Seule , ou bien supportée par un manche. Il faut, dans le sëcond, introduire profondément la ligature , en parcourant des canaux plus ou moins resserrés ; on peut alors se servir du doigt ; et s’il ne suffit pas , on peut employer utilement un porte-mèche ordinaire. Mais c’est surtout pour les circonstances où les tumeurs sont situées dans le fond du nez, de la gorge, du vagin, etc., qu’ont été imaginés les porte-noeuds de Levret et de Desault , dont nous parlerons ailleurs , ainsi que les pinces dont on se sert quelquefois pour ramener les fils qu’on a portés à de grandes profondeurs.
Aux moyens précédens , on est obligé de joindre serre-nœuds, des serre-nœuds , chaque fois qu’on veut lier une tumeur située dans des cavités où l’on ne saurait pratiquer urt nœud ordinaire, et qu’on veut la couper par des constrietions successives, et non en un seul4 temps. Ces serre-nœuds sont de plusieurs sortes ; ce sont quelquefois de petites canules plates , longues de quelques lignes, échancrées à leur ouverture et sué
l’extrémité de leurs bords , telles que celles dont on se sert pour l’opération de la fistule à l’anus par la ligature. On a besoin, dans d’autres circonstances , d’avoir des serre-nœuds plus longs, et on les compose alors d’une tige de trois à six ou huit centimètres et plus de longueur. L’une des extrémités de cette tige supporte un anneau dont l’ouverture lui est perpendiculaire, et sert à réunir les fils en un faisceau et à fournir un point d’appui /à leur action ; l’autre extrémité est divisée, et forme une sorte de fourche dans laquelle on engage les fils pour les fixer, après que l’on a serré la ligature à un degré suffisant. Enfin ces serre-nœuds sont formés, dans d’autres circonstances , par des eanuies de longueur variable , uniques ou jumelles , droites ou. courbes , et pourvues , à l’une de leurs extrémités, d’anneaux sur lesquels on attache les fils.
Section ins- On fait avec ces instrumens toutes les solutions tumeurs pé- de continuité que la ligature peut produire. Il suffit perficienesT même , si l’oii a affaire à des tumeurs superficielles et pédiculées, telles que des ficus , des lipomes à base ’ étroite, etc., qu’on veuille couper et faire tomber aussitôt , il suffit de fils de soie très-minces, lesquels , semblables au tranchant d’un bistouri qui n’agirait qu’en pressant , coupent les parties en les contondant un peu. On embrasse, au reste, le pédicule de la tumeur aussi près de son origine qu’on le peut ; et , faisant ensuite un nœud simple, ou même sans en faire, on tire sur ses deux extrémités en sens opposé jusqu’à ce cgie le pédicule de la tumeur soit coupé, et que celle-ci soit tombée. Cette manière de détruire les tu-
meurs est rarement employée : elle cause beaucoup plus de douleurs que l’instrument tranchant, et elle n’ar sur lui que l’avantage , peut-être supposé , de froncer les extrémités des vaisseaux et de prévenir des hémorrhagies qui , vu le peu de volume de ces excroissances,' ne sauraient être bien considérables.
Mais on rencontre, a la surface du corps des tu- Section lente, meurs à base trop large pour qu’on puisse les faire par gangrène, tomber en un instant, et comme avec un couteau, à l’aide de la ligature. Il faut alors , au lieu d’un simple fil , se servir d’un cordonnet de lin ou de soie , qu’on série avec assez de forcé pour intercepter la circulation dans les parties comprimées. On a soin d’arrêter les fils par un noeud simple , auquel on en ajoute un second, et d’envelopper la tumeur de linges qui se chargent des exudations que fournissent sa sur- face et la plaie de la ligature. Si celle-ci a été bien faite, l’excroissance devient insensible à l’instant même : elle se tuméfie bientôt après par l’abord d’un peu de * sang artériel, qui continue de traverser son centre, tandis que le sang veineux ne saurait repasser au delà du fil : elle prend ensuite une couleur violette et livide; l’épiderme se détache de sa surface, et elle se convertit enfin en une eschare dont la chute remplit l’objet proposé.
Cette séparation pourtant se fait quelquefois long- Une seule temps attendre; souvent même elle n’aurait pas lieu sJ^r^Tfaire du tout si l’on se bornait à une seule ligature ou bien Ies
à une seule constricfion. Cette persistance de certaines tumeurs , malgré l’application d’une ligature , tient à ce que celle-ci n’a pas été assez serrée d’abord, ou bien
à ce quelle est devenue trop lâche par suite de la division des parties que le fil a pressées immédiatement. Dans l’un et dans l’autre cas, la circulation qui se fait par les vaisseaux du centre du pédicule suffit pour entretenir la vie dans la tumeur , et l’on a vu les deux bords de la division se réunir et enfermer la ligature dans une espèce de canal vivant , d’où il n’est pas toujours aisé de la retirer. Or il existe plusieurs moyens de prévenir ces effets , .et d’y remédier lorsqu’ils existent.
On les prévient , en donnant à la ligature un degré de constrictiou proportionné à l’étendue de la base de la tumeur et à sa consistance plus ou moins grande ; ce qui est toujours aisé , lorsqu’on agit à la surface du corps , où l’on peut connaître d’avance la nature d’une tumeur , et employer toute la force né-, cessa ire pour la faire tomber en gangrène.
On peut On a proposé , pour rendre plus prompte et plus bàse'deia tu, sûre la chute de ces tumeurs, de traverser leur base
ïneurendeux .. .. . . ....
parties. perpendiculairement a leur axe, avec une aiguille droite, armée de deux ligatures; et , après avoir ôté l’aiguille, de serrer séparément chacune d’elles , afin de couper ainsi la base de la tumeur à l’aide de deux fils 5 mais on rencontre rarement des cas qui nécessitent cette double ligature ; et , lorsqu’ils se présentent , au lieu de l’employer, il vaut mieux recourir à l’incision.
WgcurUCpar C*n a encore proposé de pratiquer sur la base de une incision ces tumeurs une incision eireulairèï; et, après en avoir
circulaire. - '• . 1
ainsi diminué la largeur , de placer dans le fond de la plaie le fil qui doit les faire tomber. Ce procédé a tous
t PROLÉGOMÈNES. 2 97
les inconvéniens de la ligature et de l’incision réunies, et il n’offre pas leurs avantages.
Lorsque malgré la ligature une tumeur continue de vivre, il n’existe d’autre moyen de la faire tomber que de placer une ligature plus serrée par-dessus la première; et, si celle-là ne suffisait pas , d’en placer une troisième, et même une quatrième ; ce qui revient aux constructions successives qu’on opère à l’aide des serre-nœuds.
Il est rare que l’on ait besoin d’employer des constrictions successives pour faire tomber des tumeurs placées à la surface du corps, quelque volume qu’ elles puissent avoir : leur situation permet d’exercer sur leur base une pression qui suffit presque toujours pour y éteindre la vie. Si pourtant on avait à traiter des malades pusillanimes atteints de tuqieurs, qu’ils ne voulussent pas laisser emporter, par l'instrument tranchant, et que l’étendue de leur base ne permît pas de faire tomber par une seule ligature , on pourrait employer contre elles le secours des eonstrie lions successives. Si les serre-nœuds dont on a fait choix offrent une ouverture à un de leurs bouts et une fourche à l’autre , on passe les deux extrémités du fil dans l’ouverture, et on forme de la sorte une anse avec laquelle on embrasse la base de la tumeur ; puis, pressant d’une main l’instrument contre cette tumeur, et tirant de l’autre avec force sur le lien , on serre la ligature autant qu’on le peut. On arrête les fils sur l’extrémité fourchue du serre-nœud, et il suffit en-, suite , pour augmenter la constriction et faire tombe?
Placer une seconde ligature sur la première.
Qjl mieux; encore, exer-" cer à l’aide de serre-noeuds, des constricti.ons successivement graduées.
enfin la tumeur, d’exercer chaque jour une nouvelle traction sur la ligature.
On obtient le même résultat avec la canule jumelle de Levret. Yeut-on s’en servir? Il faut engager les extrémités d’un fil d’argent recuit dans les ouvertures situées à l’un des bouts de la canule; les faire sortir par l’autre; arrêter l’une d’elles sur l’anneau qui termine la canule en cet endroit, et laisser l’autre libre; Lorsqu’on a recula tumeur dans l’anse formée par le fil , et qu’on en a bien embrassé le pédicule ou la base, on tire avec force sur l’extrémité mobile de l’anse ; et, ? après aVoir étranglé les parties qu’elle étreint, on arrête le fil sur le second anneau de la canule. On doit ,r parla suite, et jusqu’à ce que la tumeur soit tombée, exercer chaque jour, et de la même manière , de nouvelles tractions sur cette extrémité du fil : ce sont là, en général, les procédés usités pour faire tomber les tumeurs profondément placées dans quelque cavité , telles que celles du nez, de l’oreille et surtout du vagin ou de la matrice.
5° SUCCION ET OPÉRATIONS SIMPLES QUI s’ï RATTACHENT.
Comment La succion s’opère en soustrayant une partie du corps à la pression atmosphérique. A peine l’air a-t-il* cessé d’agir sur une portion de nos organes, qu’elle se Ses effets, gonfle et rougit par l’abord plus considérable du sang ;
si l’opération est continuée pendant quelque temps , ét que le ‘vide opéré soit bien exact, les. liquides ne
tardent pas à sortir à travers les pores de la peau et à pleuvoir sous formel, de rosée. Ce moyen pourrait donc être employé pour pratiquer des saignées -locales; mais il est rare que la succion soit assez forte pour .provoquer une évacuation considérable de liquides , et alors elle serait excessivement douloureuse. Le sang d’ailleurs avant de sortir s’infiltre toujours dans l’épaisseur du derme ; il formerait . alors des . ecchymoses étendues, et qui pourraient être suivies d’inflammation. On a donc préféré avec raison pratiquer à la peau des ouvertures plus ou moins profondes , et exercer sur ces ouvertures la succion qui doit faire sortir le sang. *
Les anciens employaient beaucoup la succion dans les cas de blessures présumées venimeuses, ou dans ceux où l’instrument vulnérant avait pénétré dans le thorax. Ils en agissaient ainsi dans le premier cas, afin de provoquer la sortie du poison dont la plaie pouvait être imprégnée ; ils se proposaient , dans le second, d’évacuer le sang épanehé ou de prévenir son épanchement. Les modernes opposent des moyens plus actifs et plus efficaces à la morsure des animaux venimeux ou enragés. Mais il existe encore un préjugé qui porte à sucer les plaies récentes à la poitrine ;:et, dans les duels , la règle veut que l’ami du blessé cherche à rejeter au dehors le sang qui peut-être s’écoulerait à l’intérieur. On peut , dans certaines circonstances , recourir à la succion pour chercher à évacuer du liquide épanché; mais la bouche de l’homme est toujours alors inefficace , et il faut recourir à d’autres insîrumens.
3oo
Ceux dont on fait le plus grand usage, soit comme simple moyen de succion , soit afin d’évacuer en même temps une certaine quantité de sang, sont les ventouses, les sangsues et le bdellomètre.
Des Ventouses. '>
Ce que c’est. La ventouse est un instrument dans lequel on produit, à l’aide de la chaleur, un vide incomplet, qui diminue la pression de l’air dans le point où il est appliqué, et qui donne aux liquides soumis partout ailleurs à la pression ordinaire de l’atmosphère , plus de facilité à se porter vers ce point.
On choisit, pour produire ces effets, une cloche de cristal de trois ou quatre pouces de hauteur sur un , deux , trois ou même quatre de diamètre , suivant les cas, ayant un hord épais et poli, pour qu’il ne coupe ' et ne blesse pas les tégumens.
artiesonies Peut les employer sur toutes les parties du corps
applique. dont la conformation est telle, qu’un cercle de quelques
pouces peut y être appliqué par tous les points de sa circonférence. Mais le choix du lieu dépend surtout delà cause qui requiert leur application. Veut-on déterminer une fluxion sur un point, dans l’intention d’y provoquer, d’y rétablir une secrétion, ou d’y développer une inflammation? c’est sur la partie même qu’il faut placer la ventouse. S’agit-il de dégorger les vaisseaux capillaires d’un organe ? c’est sur la peau qui le revêt , ou bien sur la paroi de cavité qui le recouvre > que cette apposition doit être faite. Veut-on enfin arrêter une hémorrhagie , en donnant par le moyen des
3oI
Ventouses une autre direction au cours, des liquides? c’est loin du siège de la maladie que les ventouses doivent être placées.
Lorsqu on veut appliquer une ventouse , on com- Comment, menee par raréfier l’air quelle contient, en l’immergeant dans l’eau bouillante , ou bien en tenant quelques instans une bougie allumée dans son intérieur, et surtout en y faisant brûler un morceau de papier ou quelques gouttes d’esprit-de-vin. Ori en renverse aussitôt l’orifice sur les parties , et on l’y maintient appliqué pendant quelques instans, en ayant soin que les bords portent partout, et que l’air extérieur n’ait aucune communication avec celui de l’intérieur. L’effet de la ventouse est d’autant plus marqué, que la raréfaction de l’air a été plus grande.
A mesure que la température de la ventouse s’a- Leurmamèro baisse, l’air qu’elle contient tend à se condenser ; dès lors la peau, moins comprimée, s’élève, et les vaisseaux sous-cutanés se remplissent de sang attiré de proche en proche des parties voisines ; ainsi se trouvent produites des fluxions sans écoulement ou bien avec écoulement de sang ; des révulsions et des dérivations de l’intérieur à l’extérieur ; d’un organe important vers un autre qui l’est moins.
Si l’on emploie les ventouses dans l’intention de pro- On vent produire un afflux sans écoulement , l’application telle un affilions que nous venons de la décrire suffit, répétée plus ou ecoaiem6n£moins souvent suivant le cas. C’est ainsi q xi Hippocrate les appliquait sur les mamelles pour produire une révulsion dans les cas d’hémorrhagie utérine; c’est ainsi qu’on les applique encore pour hâter, chez les femmes
nouvellement accouchées, la fluxion qui précède la secrétion du lait ; enfin c’est de cette manière qu’on s’en sert toutes les fois qu’on veut produire sur une partie quelconque un afflux sans écoulement.
Ou bien avec . Veut-on produire un afflux avec écoulement P II faut faire précéder l’application dés ventouses par des mouchetures ou par des scarifications plus ou moins nombreuses ou profondes , suivant l’effet quon veut produire. Les liquides attirés par la ventouse , trouvant des ouvertures pratiquées, s’écoulent en quantité plus ou moins considérable, et s’élèvent dans l’intérieur de la cloche, jusqu’à ce que l’air intérieur, revenu à son état ordinaire , fasse équilibre avec l’air extérieur : la ventouse cesse alors d’adhérer aux parties 5 et si l’on trouve insuffisante la quantité de sang évacuée, on pent répéter une ou plusieurs fois son application , suivant l’exigeance des cas , en ayant soin de laver chaque fois avec de l’éau tièdè la surface scarifiée pour enlever les caillots qui remplissent les petites plaies.
Oaveutpro- Dans le cas précédent, l’écoulement des liquides une fluxion dégorge les parties de l’afflux déterminé par la venpermanente. tous^ ét -empêche qu’il né s’y fasse une fluxion active ou une inflammation. M. Dupuy.tr en a remarqué que lorsqu’on voulait produire l’une ou l’autre, les scarifications , pratiquées après l’application des ventouses , la déterminaient plus sûrement. Alors , en effet , les scarifications, privées du secours de la ventouse, ne font écouler qùe la plus faible partie des liquides ; et la douleur quelles produisent, retenant ce qui reste de sang j occasionne soit une fluxion, soit une inflammation salqtaire. On obtient souvent le même effet par
RROLÉGOMÈNES.
l’application d’un vésicatoire sur des parties qui ont été soumises à des sangsues, à dçs scarifications , ou bien à des ventouses sèches.
Ventouse a pompe.
Les ventouses j telles quelles viennent d’être décrites, ont plusieurs .inconvéniens : il arrive quelquefois que le verre s’échauffant trop , la circonférence de l’instrument brûle les parties sur lesquelles on l’applique ; dans d’autres circonstances, la matière combustible dont on se sert pour raréfier l’air ne s’enflamme qu’imparfaitement, et le vide ne se fait que d’une manière insuffisante, .etc. On a remédié à ces imperfections en ajoutant à la partie supérieure de la ventouse ordinaire, une tubulure fermée par un robinet en cuivre , et à laquelle peut s’adapter un corps de pompe.
, La manière de se servir de cet instrument est fort Manière simple. On l’applique sur la partie ; à l’aide de la pompe on fait le vide , on ferme le robinet, et on détache la pompe qui peut servir à appliquer de nouvelles ventouses. .
Lorsque, par l’écoulement du sang, l’équilibre commence à se rétablir dans l’intérieur de la cloche, et que le liquide n’est plus altéré, il faut, au lieu d’enlever la ventouse pour la réappliquer ensuite , adapter de nouveau le corps de pompe sur la tubulure et refaire le vide. De cette manière il est possible de remplir presque entièrement de sang la capacité de l’instrument .
f ROLE GO MENÉS»
Caractères de médicinale.
Choix et conservation.
Des Sangsues.
Les sangsues produisent l’effet des mouchetures et des ventouses réunies. Ce sont dès instrumens organisés, pourvus des moyens de faire de petites plaies et d’attirer le sang des parties quelles ont blessées.
On connaît les caractères naturels de ce genre de vers. La sangsue médicinale se distingue des autres à l’ étroitesse de Son corps, à sa couleur noirâtre : elle a six bandes jaunes variées de noir en dessus, et elle est tachée d’utte couleur jaunâtre en dessous.
Les meilleures sont celles qui n’ont pas encore servi; qu’on a rétirées depuis peu de temps d’üne.eâu limpide et courante ; dont la grosseur est moyenne, et dont les mouveméris sont rapides ët vigouréüx» Pour les avoir toujours telles, il faut les renouveler tous les deux ou trois mois , et les conserver en petit nombre dans un bocal qui soit rempli d’eau pure, et qü’on a soin de changer tous les deux ou trois jours ; où l’air ait accès , et dont la température ne s’abaisse pas audessous de i5 degrés en hiver, et ne s’élève pas en été au-dessus de 20 degrés. On doit éviter de se servir de celles qui auraient été pêchées dans les eaux fangeuses et dormantes des marais , etc., ou qu’on aurait prises en se servant, pour appât, de substances animales en putréfaction. L’expérience a prouvé que leurs mor-: sures, sont presque constamment suivies d’inflammations érysipélateuses intenses, et quelquefois trèsgraves.
On peut appliquer les sangsues sur presque tous les
Lieux pro-
points de la surface du corps : elles s’attachent pour- près à leur autant plus aisément à ceux dont la peau délicate et fine pUcation' leur oppose moins de résistance; on recommande, à moins qu’il n’existe une indication positive, de les* éloigner i° des orifices de l’oreille, du nez, de la bouche, de l’urètre, du vagin et du rectum, dans la crainte qu’échappant à la vigilance des personnes chargées de leur application , elles ne pénètrent dans quelques-uns de ces canaux; i° des parties très-riches en tissu cellulaire, comme les paupières, l’aisselle, le creux du jarret, la marge de l’anus, où l’expérience apprend quelles déterminent souvent des inflammations phlegmoneuses ; 3° des lieux abondamment pourvus de nerfs ou de vaisseaux sous -cutanés artériels ou veineux ; parce que , s’attachant à une grosse veine , à une artère ou à un nerf, elles pourraient occasioner de graves hémorrhagies ou des douleurs très-vives ; 4° enfin des lieux qui sont actuellement le siège d’une inflammation , d’une fluxion , etc. , à moins que la maladie ait peu d’intensité et qu’on ait la certitude de produire un écoulement de sang suffisant pour la faire avorter. L’expérience a démontré que dans le cas contraire les sangsues aggravent souvent l’inflammation ou lafluxion ; et qu’il vaut mieux alors les appliquer à quelque distance des parties affectées.
Ces préceptes sont de rigueur, et en particulier celui qui consiste à ne point appliquer les sangsues sur le trajet des vaisseaux et des nerfs sous-cutanés, parce qu’il pourrait résulter de leur piqûre pu des. douleurs très-vives ou des hémorrhagies difficiles à arrêter.
Yitet avait déjà émis la même opinion ; mais les pra-
Il faut disposeriez par tiei *
3o6 I>ROLÉGOMÈNES.
ticiens n’en avaient pas tenu compte. On peut, il est vrai , négliger cette précaution chez les sujets qui ont la peau très-épaisse , mais on ne saurait omettre sans (danger de la prendre lorsque l’on agit sur des enfans très-jeunes, sur des femmes dont les tégumens sont très-fins et parcourus par des lignes bleuâtres qui indiquent le trajet des veines, et enfin sur les parties du corps où la peau est naturellement très -mince, telles que les aines , les aisselles , le cou , les régions temporales, etc.
M. Dupuytren a quelquefois vu dans ces cas le derme entamé et traversé , et la plaie s’étendre au tissu cellulaire ; ce qui explique la formation des larges ecchymoses et des érysipèles phlegmoneux qui en sont communément la suite, chez les sujets que nous avons signalés. Il a vu une fois la veine jugulaire externe ouverte, et M. Richerand a observé la piqûre de l’artère temporale superficielle chez un enfant.
C’est probablement à la piqûre de quelque filet nerveux sous-cutané qu’il faut attribuer les douleurs excessives et les mouvemens convulsifs que détermine chez certains sujets l’application des sangsues.
Les sangsues très- vivaces s’attachent sans difficulté à * toutes les parties auxquelles on les présente; mais il est souvent nécessaire de disposer ces parties ; le moyen le plus efficace, et le plus simple en même temps, consiste à les raser, à les approprier, à les dépouiller par des lotions d’eau tiède, simple ou sucrée, ou de lait, etc., de toutes matières fétides ou odorantes, et à y attirer d avance le sang par des frictions qui en rougissent la surface.
Les sangsues bien choisies n’ont alors besoin que
Manière
3oy
d’êtrè présentées aux parties qu’ elles doivent mordre, d'appliquer
v ... les sangsues.
On peut pour cela les saisir avec la main par le milieu du corps, et tourner leur tête, c’est-à-dire leur extrémité la plus mince, vers la partie sur laquelle on veut qu’elles s’attachent ; mais cette méthode a plus d’un inconvénient : i° ainsi pressées entre les doigts, elles cherchent plutôt à dégager leur corps qu’à piquer ; a° on ne peut guère borner l’espace sur lequel elles doivent agir ; 3° leur application ne peut se faire que successivement ; elle exige quelquefois un temps fort long, et elle ne produit pas toujours la fluxion dérivative qu’on cherche à déterminer.
Il existe un moyen plus simple, plus sûr, moins désagréable et moins fatigant pour le malade et pour celui qui fait l'application. Il consiste à placer ces animaux au fond d’un verre dont on renverse l’ouverture sur les parties, et qu’on y tient appliqué jusqu’à ce que les sangsues aient pris ; on le lève ensuite, et on détaché doucement leur queue, qui adhère presque toujours aux parois du vase. Par ce procédé; les sangsues, libres de toute gêne , se livrent à leur goût pour le sang; leur application est exactement bornée à Tétendue sur laquelle on veut qu’elles agissent ; et comme elle est simultanée , on obtient une somme d’effets plus forte que dans le cas précédent. Mais ce moyen , excellent dans les cas ordinaires, ne saurait être employé lorsqu’il faut agir sur des lieux étroits et profonds, tels que l’intérieur de la bouche, du nez, la face interne des paupières , etc. Il faut alors substituer au verre un autre instrument. Celui de Loefler remplit assez bien l’indication qu’on se propose. Il consiste dans un
étui susceptible de se diviser en deux parties , suivant sa longueur, et dans lequel on renferme la sangsue. L’une des extrémités de cet étui est reçue dans une culasse qui la ferme exactement et qui en réunit les deux moitiés ; l’autre extrémité est libre , et on l’applique sur la partie que l’on veut faire piquer par l’animal. Schwilgué proposait de rouler une carte sur ellemême et d’y placer la sangsue. Une grosse plume, coupée à ses deux bouts et fendue d’un seul côté suivant sa longueur, peut remplacer avantageusement tous ces moyens. Mais afin que la sangsue ne remonte pas , et qu elle ne se retourne pas vers l’extrémité du tube apposée aux parties quelle doit mordre , il faut introduire dans le canal de l’instrument dont on a fait choix, un morceau de bois qui en remplisse exactement la capacité , avec lequel on la pousse afin de la faire prendre , et qui sert même à dégager son corps après qu’elle a mordu. L’instrument de Loefler avait besoin de cette addition qu on doit à Bruninghausen.
Son instrument se compose d’un tube de verre et d’un piston que MM. Brewer et Delaroche ont fait percer pour donner accès à l’air extérieur. Mais on ne voit pas quelle peut être l’utilité de cette modification. 5 Lorsque la sangsue veut mordre , elle fait sortir de sa bouche trois petits corps blancs , durs et dentelés sur leurs bords; elle arrondit sa lèvre en un disque qui s’applique exactement aux parties, et qui lui donne un premier point d’appui, en même temps qu’il retient le sang qui s’éeoulè de la plaie : dans le même instant elle se fixe encore à quelque partie voisine , à l’aide du disque qui termine l’extrémité opposée de son corps.
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(Test dans le moment marqué par des douleurs assez vives et qui se prolongent pendant quelques secondes, que les sangsues font avec leurs dents trois plaies qui se réunissent en un point, et qui représentent une sorte d’étoile à trois branches. Ces plaies pénètrent rarement au delà du ehorion; elles se bornent presque toujours au corps muqueux , et- c’est des vaisseaux de ce corps qu’elles tirent un sang presque entièrement artériel. A peine les sangsues ont-elles fait leur morsure, qu’on les voit attirer sans douleur pour le malade, et à l’aide d’une succion continue, le sangqu’ elles font passer par une sorte de mouvement péristaltique dans leur canal intestinal , jusqu’à ce qu’il soit rempli ; ce qui a communément lieu au bout d’une demi-heure ou de trois quarts d’heure au plus tard.
L’effet le plus apparent des sangsues est la soustrac- Leurs effets> tion de sang qu’elles opèrent et l’écoulement* de ce liquide auquel elles donnent lieu. On peut évaluer à quelques gros tout au plus celui dont Une sangsue peut se charger : la quantité de celui qui s’échappe après leur chute, par la plaie quelles ont faite, varie suivant l’état de la partie ; elle doit être proportionnée aux indications qu’on se propose de remplir ; elle peut être excessive et donner lieu à une hémorrhagie trèsgrave.' D’autres effets des sangsues moins apparens, mais aussi réels et aussi importans, sont les changemens qu’elles amènent dans la circulation générale d'exaltation des propriétés vitales et l’afflux du sang dans les vaisseaux capillaires de la partie sur laquelle elles ont été appliquées, triple moyen de dérivation que les sang-sues possèdent à un très-haut degré.
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Elles se dé- Les sangsues, une fois gorgées de sang, se détachent
tachent . , . -, c .
d'elles mêmes, ordinairement et tombent seules ; quelquetois cependant le disque de leur queue se décolle avant que leur bouche ait lâché prise , et le poids de leur corps détermine un tiraillement douloureux à l’endroit de la morsure : il faut alors donner un soutien à la sangsue , ou On a besoin bien hâter sa chute. On la détermine facilement dans déterminer ces cas et dans tous ceux où l’on veut arrêter leur acîenr chute. t*on ^ en jes saupoudrant de tabac , de muriate de soude ou de nitrate de potasse, ou bien enfin en!lesi arrosant d’eau salée ou de vinaigre.
On veut fa- Une fois que les sangsues sont détachées, il se fait couiement par les plaies résultantes de leurs morsures, un écouduTang! lement qui diminue par degrés , et se termine après quelques instans. Ne répond-il pas à l’attente du pra-. ticien ? on a plusieurs moyens de l’augmenter. On peut laver lu partie avec de l’eau tiède, enlever par de légères frictions les caillots qui bouchent les plaies , et empêcher qu’il ne s’en forme d’autres ; ou bien on peut en approcher un corps dont la chaleur détermine une fluxion et entretienne réeoulement du sang. Un troisième moyen, plus efficace que les deux précédons , est de plonger la partie dans de l’eau chaude, ou del’ex- ‘ poser à la vapeur de l’eau à la température de 35 à 4o degrés. On peut enfin appliquer une ventouse sur le lieu piqué , et extraire par succion la quantité de sang que l’on juge nécessaire.
On vent Mais quelquefois aussi on a besoin de modérer ou de
le modérer , , .
ou l’arrêter, suspendre cet écoulement. JN ous avons eu fréquemment occasion d’observer ce cas dans les hôpitaux ; et alors des lotions froides , astringentes ou styptiques , ou l’ap-
3ll
plieation d’un morceau d’agaric sur l’ouverture, réussissent ordinairement. Lorsque l’hémorrhagie est opiniâtre, on peut substituer à ces moyens- la cautérisation , à l’aide du nitrate d’argent , du sulfate de cuivre , de l’acide nitrique , ou même du fer incandescent. Mais un procédé qui réussit constamment consiste dans l’application sur la petite plaie , d’un morceau de linge plié en plusieurs doubles , sur lequel on applique l’extrémité la plus épaisse d’une spatule qui a été échauffée autant qu’il est possible qu’elle le soit sans oecasioner de brûlure. Le sang pénètre alors le linge, mais il se coagule bientôt par l’action de la chaleur et par l’évaporation de sa partie la plus fluide , «et le caillot qui se forme suffit- pour mettre un obstacle invincible à tout écoulement ultérieur.
Nous né parlerons pas ici des ecchymoses , de la Accidens. douleur , des érysipèles , des phlegmons , des abcès , des ulcères , des fistules, etc., que l’application des sangsues détermine quelquefois. Dans ces circonstances, les sangsues ne sont que la cause occasionelle de maladies dont nous ne devons pas traiter. Il est cependant un accident dépendant de l’application des sangsues , dont on «doit connaître le remède : c’est la pénétration des sangsues dans les cavités du vagin, du rectum , etc.
Les injections de fumée ou de décoction de tabac ; de solution de muriate de soude les détachent et les entraînent constamment.
Bdellometre.
Plusieurs médecins sentaient depuis long-temps l’in-
suffisance des sangsues considérées comme l’un des moyens d’opérer les saignées locales. Ces animaux ne se trouvent pas , en effet , dans tous les pays ; ils sont très-rares et d’un prix excessif dans d’autres ; et ceux où l’on en aurait le plus souvent besoin ne sont pas ceux qui en sont le plus abondamment pourvus. Il est difficile, dans beaucoup de cas, de les appliquer; plus difficile encore d’évaluer la quantité de sang dont elles déterminent l’évacuation. Gn désirait donc généralement avoir un instrument simple , facile à transporter dans tous les lieux, et à l’aide duquel les praticiens pussent à chaque instant produire des effets semblables à ceux des sangsues. -
MM. Sarlandière et Demours , qui sé livrèrent sans doute à ces réflexions, comme beaucoup d’autres, firent construire presqu’en même temps , et présentèrent aux praticiens des instrumens dont la manière d’agir et les principales dispositions, sont les mêmes. Il importe peu de savoir auquel de ees deux praticiens est due la priorité d’invention.
Description. Le bdellomètre , ainsi nommé par M. Sarlandière,
est formé par une ventouse dont la capacité est plus grande que celle des ventouses ordinaires, et dont la base est plus ou moins large, suivant les parties sur lesquelles on veut l’appliquer. Au sommet de la cloche est une tubulure qui reçoit un cylindre de cuivre , ou boîte a cuir , dans laquelle entre à frottement une tige métallique. L’extrémité de cette tige qui reste dans la , ventouse est surmontée par un disque qui supporte un nombre plus ou moins considérable de lames de lancettes, lesquelles passent dans les ouvertures d’un
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grillage mobile , et qui permet, en s’éloignant plus ou moins des pointes r de faire des piqûres plus ou moins profondes. L’autre extrémité de la tige est terminée par une tête aplatie sur laquelle on peut presser commodément.
L’un des côtés de la ventouse supporte une seconde tubulure sur laquelle est montée une pompe aspirante ordinaire , qui sert à faire le vide dans l’instrument.
Telles sont les choses communes aux appareils de MM. Sarlandière etDemours. Le premier de ces praticiens a ajouté à la partie latérale et inférieure de sa ventouse une troisième tubulure à laquelle s’adapte un robinet en cuivre propre à donner issue au sang sans détacher l’instrument. Cette addition nous semble inutile, parce qu’il est toujours plus aisé et plus utile d’enlever la cloche, deda nettoyer et de la réappliquer, après avoir lavé la partie et renouvelé en quelque sorte la surface des plaies , que de faire écouler pàr un robinet étroit le sang à demi coagulé qui remplit l’appareil.
Il est facile de concevoir la manière de se servir r M^f^frde du bdellomètre : on applique d’abord M ventouse sur la partie, le robinet étant fermé; on fait ensuite ce vide au moyen de la pompe, et quand la peau est rouge et gonflée , on presse sur la ti ge , dont les lancettes ont été convenablement disposées, et le sang jaillit dans la cloche. , ■ ■
Il est évident que le bdellomètre agit de la même il agît à la
• < i ° . __ . manière des
maniéré que les ventouses scarifiées ordinaires. Mais sangsues, la pompe qui surmonte le globe de verre, en përniet-
tant de renouveler la succion , par l’évacuation de l’air à mesure que le sang s’élève dans l’instrument, rend le bdellomètre préférable. aux autres ventouses. Toute-
Inconvé- fois la boîfe à cuir- étant susceptible de se déranger Eieas‘ avec la plus grande facilité et de laisser pénétrer l’air dans l’appareil, et la plaque armée de lancettes pouvant être remplacée sans inconvénient par les scarifificateurs à ressort ou par lé bistouri , la ventouse à pompe dont on se sert depuis quelques années produirait les mêmfes effets que le nouvel instrument. La circonstance de faire des piqûres dans le vide , à laquelle lés inventeurs Rattachent un si grand prix , est assez peu importante ; elle n’ajoute rien à la perfection de la ventouse ; elle rend seulement l’opération plus rapide et les piqûres moins douloureuses. Or, ces avantages doivent-ils être achetés aux dépens de la simplicité et de lâ solidité de l’instrument1, sont-ils assez grands pour que l’on doive renoncer aux ventouses à pompe, ou mente aux ventouses ordinai res ? N bus ne le pensons pas.
Variétés. M. Sarlandière a proposé de substituer à l’ouverture évasée de la cloche un tube étroit , légèrement recourbé, et susceptible d’être introduit dans la bouche, lé néz, etc. La tige intérieure de ce nouvel instrument serait d’argent flexible , -et terminée par un pinceau de soie de sanglier, que ce médecin eroit susceptible d’entamer assez profondément les membranes muqueuses pour provoquer la sortie du sang. L’idée de cette modification est ingénieuse ; mais elle rendrait l’instrument d’un usage difficile et très-incommode pour le malade. Les sangsues, les mouchetures , ouïes scarifications, doivent lui être préférées , surtout lorsque l’on opère
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sur la bouche, où le sujet peut remplacer la ventouse par une succion immédiate.
6° RUBÉFACTION ET VESICATION.
La rubéfaction est déterminée par l’afflux plus considérable du sang dans une partie : une coloration rouge et un gonflement léger la caractérisent : elle diffère de l’inflammation en ce que dans celle-ci la partie colorante du sang est; intimement combinée avec le tissu irrité ; tandis que dans la rubéfaction la rougeur, déterminée par une irritation passagère et peu intense, se dissipe aussitôt que cette irritation cesse d’exister. Lorsque les causes stimulantes sont énergiques , ou que leur action se prolonge au delà d’un certain temps, on 1 voit la peau rougir, se couvrir de phlictènes plus ou moins volumineuses, et qui sont formées par l’extravasation sous l’épiderme d’une certaine quantité de sérosité. 11 y a alors vésication.
Les substances qui rougissent la peau déterminent aussi très-souvent la formation des pbly ctènes ; ces deux ? phénomènes produisent lés mêmes effets sur les propriétés vitales ; ils ne semblent que deux degrés- de la meme action ; ils doivent donc être réunis dans les mêmes considérations.
Ce que c’est que la rubé-
Les rubéfians exclusifs sont les frictions exercées sur Agens les tégumens soit avec la laine, soit avec des brosses ^utPseu£ molles, etc., seules ou imprégnées de vapeurs aroma- menti* rubétiques j les percussions modérées et surtout la flagellation ; 1 application des substances âcres , telles que la poudre de moutarde, 1 ail pilé et réduit en bouil-
lie, la poix de Bourgogne , etc. ; les bains alcalins faits avec la potasse, la soude , l’ammoniaque dissous dans, beaucoup d’eau ; les acides végétaux et les acides minéraux très-étendus ; enfin les substances salines telles que le muriate de soude , l’hydrosulure de potasse , le savon, etc. A ces moyens doivent être ajoutés les divers linimens irritans dans lesquels l’huile est combi-née au camphre, à l’ammoniaque, etc.
Il est facile de concevoir, comment les frictions et les flagellations rubéfiantes doivent être exercées. Les substances médicamenteuses qui produisent les mêmes effets sont appliquées ou à l’aide de ces mêmes frictions , ou en bains , en lotions et en cataplasmes ; les détails dans lesquels nous sommes entrés , relativement aux pansemens , nous dispensent de revenir ici sur les manipulations que leur usage exige.
A gens , . Les substances dont le premier effet est de produire-
sent la rubé- la rubéfaction, mais qui par leur application proion— vlskatioa!* gée déterminent la vésication, sont nombreuses. On compte parmi elles la teinture de cantharides que l’on emploie en friction, comme rubéfiant, mais qui produirait des phlyctènes si on la laissait séjourner sur la partie ; les autres sont les divers emplâtres à vésicatoires, l’eau bouillante et les corps en ignition approchés des parties. A ces trois moyens se rallient tous les vésicans connus ; et en décrivantla manière de s’en servir, nous aurons indiqué comment sont produites presque toutes les vésications.
pu Quel que soit l’emplâtre dont on ait fait choix pour
vesxcatou-e. produire des phlyctènes sur la peau ; que le vieux levain, les cantharides en poudre 'et le vinaigre entrent:
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dans sa composition , qu’il soit fait avec une substance emplastique saupoudrée de. cantharides ou de camphre , etc. ; ou bien, qu’au lieu d’employer les cantharides en substance, on fasse usage de quelque une des préparations connues sous le nom de taffetas vésicans , qui , n’en contenant que la partie extractive , occasionnent beaucoup moins souvent des accidens du côté des voies urinaires , il faut avoir soin de le contenir, en repliant sur lui les bords du linge sur lequel il est préparé, de manière à l’empêcher dé s’étendre au delà de la partie qui doit être le siège de l’application. Cette partie elle-même doit être rasée ; des frictions faites sur elle avec un linge trempé dans le vinaigre ÿ appelleront le.sang, produiront une rubéfaction préliminaire qui favorisera l’effet de l’emplâtre, lequel sera ensuite appliqué et fixé à la manière des cataplasmes, mais avec assez de force pour que les mouvemens du malade ne puissent pas le faire glisser. Dix à douze heures après, la vésication est produite , et l’emplâtre est inutile ; il faut l’enlever, nettoyer la partie de ce qui pourrait la salir, et procéder au pansement. Si le vésicatoiré est appliqué dans l’intention de produire une vive irritation et une violente douleur, il faut, après avoir incisé la vésicule , la détacher sur les bords avec des ciseaux , enlever l’épiderme , et appliquer sur le derme mis à nu un linge enduit de cérat , de beurre ou de quelque autre corps gras. Cette application est extrêmement douloureuse ; il ne conviendrait donc pas d’y avoir recours si le sujet était très -sensible, et si l’on n’appliquait l’emplâtre qu’afin de former un exutoire. On, dqiç alors, après avoir incisé la vésicule, laisser
Conversion.
vésicatoire en cautère.
et emploi de
3l8 PROLÉGOMÈNES.
l’épiderme en place , appliquer sur lui le linge enduit
de cérat, et attendre jusqu’au second pansement pour
le détacher, afin que le derme soit déjà recouvert de
l’enduit muqueux qui le préserve d’un contact trop
immédiat.
Il est rare que l’on ne soit pas obligé de recourir bientôt aux substances irritantes ; on les combine avec les graisses de manière à entretenir, suivant le besoin, l’irritation et la suppuration. Mais il arrive chez quelques sujets un terme où , malgré toutes lès applications de ce genre , la suppuration se tarit et ne peut plus être entretenue. Il faut dans ce cas, si la nécessité de l’exutoire continue, convertir le vésicatoire en cautère. *
On y parvient en appliquant sur l’un des points.de la surface dénudée un linge enduit de cérat et percé à son centre d’une ouverture dans laquelle on placé un pois ordinaire , que l’on recouvre ensuite d’un emplâtre de diapalme ou de diaehylum. Au pansement suivant, on aperçoit une dépression à l’endroit où le pois a été appliqué; on én place un autre, et si l’opération n’allait pas assez rapidement , on augmenterait la pression exercée par le pois en recouvrant l’emplâtrë qui le maintient de quelques compresses graduées sur lesquelles on serrait quelques tours de bande. Ce procédé , qui est quelquefois douloureux, est cependant utile, en ce qu’il permet de ne mettre aucune interruption dans la suppuration, ce qui est très-avantageux dans certains eas. .
Un moyen de vésication moins employé, mais plus énergique et plus douloureux que les emplâtres dont
il vient d’être question , est l’eau bouillante. Les charbons allumés et le cautère actuel approchés des parties pourraient la remplacer , mais elle doit être préférée, parce quelle cause moins de douleur et ne provoque pas de racornissement. On fait tomber l’eau d’une certaine hauteur sur la partie , où on l’en arrose dans une étendue convenable , ou bien enfin , quand on agit sur un membre, on le plonge dans le liquide et on le retire à l’instant. Mais on doit préférer à tous ces procédés l’application sur la partie d’une compresse imbibée et pliée en sept ou huit dopbles, et qu’on y laisse pendant quelques secondes seulement.
Une observation importante à faire , c’est de ne pas trop prolonger l’action du liquide : on outre-passerait facilement le but que l’on veut atteindre, et l’on produirait des cautérisations plus ou moins profondes. Mais qu’est cet inconvénient si on le compare aux dangers auxquels oa arrache les malades par ce moyen héroïque ? '
Le dernier des moyens dont nous devons examiner Faction est le cautère objectif. On ne l’emploie presque jamais pour rubéfier la peau ou pour produire des phlyctènes , mais bien pour ranimer les mouvemens vitaux dans des parties affaiblies. Le charbon ardent ou le feu incandesent approchés de la surface des ulcères aifcniques , scrofuleux et autres, y détermine une véritable rubéfaction , c’est-à-dire une rougeur vive, accompagnée de douleur et d’un léger gonflement.
On se sert le plus souvent d’un eharben allumé , que
Du cautère objectif.
Ion saisit avec des pinces à anneaux , et dont on excite la combustion en l’agitant dans l’air ou en soufflant dessus. On l’approche ensuite de la plaie autant que peut le supporter le malade, et on l’y maintient jusqu’à ce que la douleur devienne presque intolérable , et que la surface soit d’un rouge très-prononcé. On retire alors le charbon et l’on applique l’appareil ordinaire. On se sert de la même manière du cautère actuel.
On peut remplacer ce moyen par la lumière solaire , dont on concentre l’action à l’aide des lentilles. Plu-' sieurs praticiens croient que l’influence de cet agent est plus puissante que celle du calorique isolé et émané des corps en combustion ; mais l’expérience n’a pas encore confirmé cette assertion. Quoiqu’il en soit, on a imaginé des instrumens composés de plusieurs lentilles , disposées de manière à ce que leurs foyers tombent près les uns des autres, et couvrent une surface assez étendue. Ce moyen a ce grand désavantage qu’il n’est pas constamment à la disposition du praticien; tandis que le feu, sans être moins énergique, peut toujours être employé. Il doit donc, en général, être préféré.
Effets de la Tous les moyens dont il a été question dans cet et de article déterminent des fluxions artificielles dans les
la vésication. . , ,, , ,. , ,
parties sur lesquelles on les apphque. Ils agissent comme révulsifs, en appellant les fluides sur des organes différens de ceux que la maladie affecte. Les moyens rubéfians sont les moins énérgiques et les moins puissans ; mais à la vésication succède constamment une inflammation assez vive et une suppuration de quelquesjours, qui sont très-propres à augmenterl’efficacité
des médicamens qui la produisent. On sait , en effet , que l’organisme n’exécute jamais à la fois deux actions très -importantes : or, en entretenant long -temps la douleur et la suppuration du vésicatoire, on parvient souvent à éteindre les irritations qui constituent les maladies les plus opiniâtres.
Parmi les rubéfians, les frictions, et surtout les fric- Circonstions faites avec les étoffes de laine imprégnées de y a recours, vapeurs aromatiques , jouissent d’une action trèspuissante : elles fortifient les organes sous-jacens; elles exercent même la plus salutaire influence sur les tempéramens lymphatiques , et contribuent beaucoup à guérir les scrofules.
On doit employer lès applications âcres et rubéfiantes quand on se propose d’exciter de grandes surfaces ; c’est ainsi que l’on couvre les pieds et les jambes de sinapismes dans les cas où il s’agit de déplacer des congestions cérébrales , pulmonaires , gastriques , etc.
Il faut au contraire employer les substances vésicantes lorsque l’on est obligé de recourir à des moyens plus puissans ét de compenser , par la force et la continuité de l’action du moyen, le peu d’étendue de la surface sur laquelle on l’applique. C’est d’après ce principe que l’on promène des vésicatoires volans sur les régions qui correspondent aux organes douloureux; on a alors l’avantage de pouvoir renouveler à volonté l’irritation révulsive , en multipliant les applications et en leur faisant parcourir les environs du lieu affecté.
Les vésicans conviennent encore quand on veut entretenir une longue suppuration et imprimer aux fluides et aux mouvemens organiques une direction particulière.
Dans les cas urgens, lorsque la lésion intérieure est très-grave , et qu’un retard de quelques heures peut avoir beaucoup d’influence sur la vie du malade, on préfère aux vésicans emplas tiques l’action de l’eau bouillante, qui agit avec beaucoup plus de force j et par conséquent plus d’avantage.
Le feu approché des parties donne du ton aux plaies, aux ulcères , aux tumeurs scrofuleuses et atoniques ; il échauffe ces dernières , détermine dans leur intérieur un travail salutaire et dont la résolution est souvent la suite. Il provoque la détersion et la cicatrisation des plaies. On l’a employé avec succès contre la pouriture d’hôpital. Enfin le cautère objectif est susceptible d’une foule d’applications; son emploi est facile , peu dispendieux, il mérite une place distinguée "dans la matière chirurgicale.