‹ De la médecine opératoire (volume 4)Chapitre 23 sur 48 · RÉUNION · texte numérisé non relu

RÉUNION

On appelle réunion l’action du chirurgien qui rap> Ce que c’est proche les parties divisées , ou l’opération de la na- la. réunion, ture qui fait adhérer entre elles les parties dont l’art a opéré le contact immédiat.

Considérée comme mode opératoire, la réunion est Conditions

.. y . quila rendent

entièrement opposée a la division des parties. Les con- r possible, ditions qui la rendent possible sont : que les surfaces entre lesquelles elle doit se développer soient saignantes ou à l’état de suppuration. Si la peau ou des cicatrices les recouvrent, c’est en vain qu’on les rapprochera ; il faut absolument détruire ces tissus qui s’opposent au contact immédiat des organes qui doivent se réunir.

Le chirurgien opérateur ne détermine jamais immé- De chirurgien diatemènt la réunion des parties; il ne fait que les pla- ner îes tbsûs cer dans les conditions favorables pour que la nature a cetsio*““di' opère leur mutuelle adhésion. Tous les moyens qu’il emploie tendent à satisfaire à ces indications. C’est

ainsi qu il détruit, à l’aide des caustiques, ou qu’il emporte avec l’instrument tranchant les cicatrices qui recouvrent les surfaces à réunir ; qu’il rapproche et affronte les tissus à l’aide d’une situation convenable, de sutures et de bandages unissans, etc.

L’application de ces moyens varie suivant la texture et la disposition des parties divisées ; dans la suite de cet ouvrage on trouve leur emploi considéré d’une manière générale , en parlant des opérations que réclament les plaies par instrument tranchant ; et on a décrit à chaque opération les manières différentes de procéder à la réunion suivant les parties sur lesquelles on opère. Nous ne saurions en traiter ici sans donner lieu à des répétitions inutiles.

Mécanisme Considérée sous le rapport des moyens qu’emploie réunion, la nature po ur l’opérer , la réunion a exercé la sagacité

des physiologistes et des chirurgiens. Il paraît qu’elle a lieu à l’aide d’une exsudation membraneuse analogue aux fâusses membranes , qui s’organise comme elles , -et qui fait définitivement adhérer les parties divisées. Cette fausse membrane se présente d’abord sous la forme d’une pellicule blanchâtre , opaque , qui adhère, quand on écarte les parois de la plaie, à l’une ou l’autre de ses lèvres. Les mouvemens vitaux s’organisent rapidement; elle devient plus consistante , et elle forme bientôt dans les tissus musculaires une intersection celluleuse, ët dans les autres une ligne dense qui se confond insensiblement avec la trame des parties cellulaires ou aponévrotiques. Les chirurgiens avaient pensé qu’il était possible d’affronter les orifices béans des vaisseaux et les extrémités des tendons des nerfs, etc.

Mais l’expérience a fait voir que cette idée n’a aucun fondement. Les parties situées de chaque côté de la cicatrice vivent aux moyens de leurs vaisseaux propres ; les troncs qui allaient des unes aux autres, et qui ont été divisés , sont oblitérés : il n’existe plus à travers le moyen d’union que des anastomoses capillaires trèstenues, et qui ne permettent de l’injecter qu’après un temps assez long. Ces vaisseaux que l’on peut appeler de nouvelles formation sont , il est vrai , susceptibles de se dilater quand la circulation des membres est gênée dans les autres parties ; mais leur présence ne f prouve pas que ce soient les anciens troncs dont le canal s’est conservé.

L’inflammation adhésive, ainsi que l’appellé depuis long-temps M. Dupuytren, n’a pas la même intensité que l’inflammation qui détermine la suppuration. Il faut donc veiller, lorsqu’on a rapproché des tissus divisés, à ce qu’ils ne soient soumis à aucune cause irritante susceptible d’exaspérer leur inflammation et de provoquer la formation du pus. C’est parce qu’ils croient avoir tout fait lorsqu’ils ont affronté les parties, que les réunions réusissent si rarément a certains chirurgiens. Des applications émollientes, la diète, des boissons rafraîchissantes, des saignées générales ou locales sont fréquemment nécessaires pour contenir la phlogose dans de justes bornes, et pour assurer le succès de la réunion que l’art a préparé.

Si , malgré l’emploi méthodique de ces moyens , les tissus trop vivement enflammés se gonflent, tiraillent les emplâtres ou les fils à l’aide desquels on lésa réu-> nis, et sont le siégedc douleurs très-vives, le chirur-

Ilfautcon, teniiTiuflammation adliérive dans de justes bornes!.

ntOLÉGOMENESj

gien doit lever complètement l’appareil, laisser les parties se développer en liberté ; et lorsque leur irritation sera calmée, quand la suppuration sera établie, il les rapprochera de nouveau, et obtiendra consécutivement et sans obstacle ce qu’il n’a pu opérer d’abord.

Page 1