‹ De la médecine opératoireChapitre 5 sur 17 · J compressif · texte numérisé non relu

J compressif

que d apres une machine décrite et ^âvee dans 1 ar- décrit dans senal de chirurgie de Scültet , et qui porte une pelote mobile au moyen d’une vis toute semblable à céllè dès instrumens décrits plus haut , lorsqu’il était question des bandages propres à comprimer les tumeurs anévrysmales. La pression qu’il exercé porte principalement sur le trajet des gros vaisseaux , et n’est pas circulaire , comme celle que produit lè tourniquet de Morel. Ou peut la graduer à volonté , et d’une manière pour ainsi dire insensible- L’instrument-, une fois placé, peut être confié à toute sorte de personne, parce qu’il ne s’agit que dé le contenir^ Il pèüt rester en place, si l’on juge que cela soit utile. Mais eès avan- inconvétâges sont compensés par lès inconvénièns qui résulr tént du renflement du bois dont il 'est formé , lorsquM est exposé à l’humidité du lit du malade , et de la mobilité de ses plaques , qui sont sujettes à tourner l’une suri autre, ce qui peut occasioUër- un dérangement notable dans la position de la pelote, et détruire 'Son effet. Ces inconvénièns sont réels, et je les ai éprouves tous les deux. Je me souviens surtout d’avoir eu beaucoup de peine à relâcher le tourniquet de Petit , qui était resté appliqué sur des membrès après des âihr pütâtions , et que la force dont j’ai été obligé défaire usage a du occasioner des Secousses douloureuses aux malades. Que serait-ee s’il n’était pas possible de faire tourner la vis dans son écrou .i* Il n’y aurait d’autre

Carreç^ouï de cçjios-. trnnientfi . ,

ressource que, celle de couper la courroie avec des ciseaux de force suffisante. ^ .

. ; ;On a. fait construire le tourniquet de Petit en'cuivre. On a traversé la plaque supérieure avec une ou deux -tiges d’acier, qui. s’élèvent de l’inférieure, et qui empêchent ces plaques de vaciller l’une sur l’autre , et on a substitué à la courroie un lien, de soie que l’on fixe au moyen d’une boucle, fie qui est beaucoup plus commode. Le tourniquet exécuté en métal n’est pas susceptible de l’effet de l’humidité ; mais la vis et l’écrou peuvent .se gunfler, par celui de la chaleur, et tourner avec moins de facilité V;Un sur l’autre^ que quand ils sont exposés à une température moins élevée. D’ailleurs la vis en çuiyi}e. étant, nécessairement moins grosse que, celle du tourniquet en bois , les pas en sont plus rapprochés, et elle marche ay.eG plus de lenteur; de sorte .qj^od’on est, long-temps à donner au tourniquet le de-' .gré; .de constriction .nécessaire, long-temps à le-relâ- •cher. Morand a cherché à. corriger ce défaut, en fai-, sant usage d’ime vis à, filets carrés , au lieu de la vis tÇnrniquet ainsi construit étant sujet à se rej^cher de lui-mênie , il a fallu ajouter de nouvelles vis et |ie .nouyeaux écrous, -et rinstrument est devenu pe^ ,§ant. On a;Cru:depuis qu’il serait facile de lui donner plus:de perfefition . Heister, .Platner et d’autres ont décrit des .tourniquets qui,; quoique construits sur les mêmes prinfiipes que celui de Petit, en diffèrent beaucoup pour l’exécution.; J.’en ai vu présenter' beaucoup à l’Académie de Chirurgie. Aucun d’eux n’est resté dans la pratique ; ce qui prouve que le mécanisme en a paru compliqué, et l’usage difficile et; embarrassant. Si on voulait se ser-

vlr du tourniquet de Petit, il faudrait revenir à celui

qui est exécuté en cuivre. Mais celui de Morel est si fa^ cileà préparer et à;appliquer,et son usagé est si sur lorsqu’on le disposeàla manière de; Monro,qu il me paraît mériter la préférence. .

Ge .tournicfuet appliqué et serré jusqu’au point d’en- locUer et

1 riderlatu-

^ourdir le membre , et de suspendre les battemens 4u meur. pouls au-dessous de la tumeur, on- fait une incision.plus ou moins longue, avec un bistouii que l’on plonge dans son foyer. Le sang fluide et les caillots que ce foyer rénferme s’échappent aussitôt, et on aidé à leur sortie- en pressant sur les parties, voisines , après quoi on nettoie la poche anévrysmale pu le kyste avec une éponge qui a été trempée; dans du vin tiède, et que l’on a fortement exprimée. Cela fait, oh cherche rouverture de l’artère^et si on ne • la trouve pas facilenient;, on la rend Jacilé à apercevoir, eofiaisant lâcher le tourniquetqusqu’àoe que le sang en sorte : alors on fait serrer de nouveau lèjto qrniquet, et on achève l’opération en suivant le procédé qui paraît le plus convenable. ; ■ , r/.i

- Il y en a trois f ia compression , la cautérisation et la , -

ligature. ,

;i°La compression est le plus simple. Elle se fait.aveg un morceau de papier mâché ou long - temps macéré dans l’eau, avec un bourdon net de charpie;, un, -peuf ferme, ou avèc lin morceau d’agâric dechêne. Ges pièces d’appareil doivent être contenues; par ;des; compresses graduées, et par la charpie don tfpn-remplit la plaie, , Qn raet par dessus des compresses Jonques e% un bapdagC roulé, lequel ne. diffère en riéh djereefijii ;que l’gn fait après la saignée du bras, si-ce:ua>3Lqiçc>,ule serre un

j5q de la médecine

çéu davantage , et que les circonvolutions en sont plus multipliées. Le malade est remis dans son lit, et son bras est placé sur des oreillers, de sorte qu’il ne soit ni trop haut ni trop bas, pour ne point mettre obstacle au sang qui doit s’y porter parles artères, ou à celui qui doit en revenir par les veines. J’ai vu faire plusieurs opérations d’anévrysmes au bras suivant ce procédé, deux ans avant que Brassard vînt proposer et faire connaître l’agaric de chêne ou de hêtre comme un excellent remède contre les hémorragies ; et depuis que ce topique a été admis dans la pratique, on s’en est servi plu^ sieurs fois avec avantage dans cette opération. A présent que l’enthousiasme est entièrement dissipé, on peut dire que cette substance n’a aucune vertu astringente j et que son efficacité dans lés hémorragies vient de ce qu’ayant de la souplesse, elle sè prête à la forme des parties sur lesquelles on l’applique, et de ce qu-on a soin de lâsoutehir pàr une compression bien faites

Comment L’opéràtion achevée, oh lâche le tourniquet de mamalade!^ ’nière qu’il n’exerce plus de compression, et on pourvoit au régime du malade, qui doit être fort sévère, et secondé par le repos le plus parfait. L’appareil n’est renouvelé que lorsqu’il est imbibé et pénétré de cette . aanie roussâtre qui précède et qui annonce la suppuration ; encore a-t-on soin, cette première fois, de n’ôtér que la bande, que l’on enlève par parties, après l’avoir coupée avec des ciseaux, les compresses et la charpie extérieure, et de confier en même temps le tourniquet â un être intelligent, prêt à le serrer au moindre signal. Les pansemens suivans se font avec la même at-

O PJÉRJlTOIRE.

tentian. Lorsque la charpie .avec , laquelle on a rempli le fond de la plaie,, et le tanapon,, k bpprdoppef , w Vagarie qui ont été appliqués immédiatement sur, V, ^ictère y viennent à se détacher , , ce , qui “’arriy^ que huit à dix jours, après l’opér^tiph, çn.y.en sujbstitue dautres , si .cela est nécessaire, et pn les dispesè avec la même attention., La plaie est pansée avec d^e la charpie sèche saupoudrée .de çolophane , et couverte avec des compresses qui sontsppteu.uespar qp bandage convenable, et on ôte le tourniquet, qui est devenu inutile. Si les chairs paraissent s’ éleyerayec trpp de proniptitude, on les réprime avec le nitrate, d’argent, fondu, et on facilite la guérison de la, plaie par tous les, naoyens possibles. Il faut avoir s.oin,. d^na les derniers ,,tenips , de faire faire aux malades; des HiQuje.ni,ens ,qui rcnden t aux articulations de la partje la,, mobilité i qu’elle^ .ont perdue par un long, repos , sans quoi . elles; pourraient contracter une rigidité invincible. JVlauriqe a vu çet accident arriver à une , fille .qui demcnra suite.d’une opération d’anévrysme au bras,, parce qu’on n’ayaitpas pris la précaution,, qui yient d ètre indiquée. Cette fille, persuadée que l’impuissance onplle, Ôtait de fléchir le bras dépendait de la blessure de i’artèrc, poursuivit devant les tribunaux le chirurgien, qui l’ayait .saignée, pourobtenir de luiunepensiQU alimentaire, qu’elle aurait pu prétendre avec plus de. justice .de, celui, q|ii l’avait opérée.

La compression peut être, employée partout ailleurs qu’au plidubraSj pourvu,que.ron trouve dans lesparties qui avoisinent JL’attère ouverte un contre-appui qui en favorise l’effet. Ainsi onpourrait. s’en servir.dansles

voir l’articulation pour en prévenir la rigidité.

La compression peut avoir lieu toutes les fois que l’on trouve dans la partie un

jSi t>B tÀ MÉDECINE

point d’ap- cas d’ânÉvrysmes aux artères temporale, radiale prèsouqufron* lè carpè, plantaire interne au dedans dû 'calcanéum , ^^curèrun'^”* Lorsque ce ^oînt d'appui manqué, il est quel-

qUéfeis aisé de s’en procurer un. C’est de cette manière qüé'j’én ûi uSé dâiis Un cas d’anéVrysnie à l’artère fémorale , lequel excita dans le temps l’attentioii dés gens dé l’àrt/ parce qu’on ne ne connaissait nulle opé^ ration de èé genre que celle qui avait été faite par Saviàrd quatre-vingt-dix àvant.

Exemple ' té malade était un ieune homme de vingt-deux

de son succès. . ^ ^ V . n .

àiacnisse. ans,' Ü-üne constitution robuste, qui avait été blesse cTün coup d’épée à la partie supérieure et interne de la cuisse droité. Il avait perdu beaucoup de sang à , rinSfànt'de sa blessure , et s’était bientôt aperçu d’uné tumeur accompagnée de pulsations , qui s’élevait audéssoûs de la cicatrice. Les personnes qu’il consulta lui' conseillèrent un bandage qui n’empêcha pas là tuéièur dé croître. Je lui en fis faire d’autres dont la forme paraissait plus propre à remplir l’objet que, l’on s’était préposé. La tumeur, contenue à sa pàrtié antérieure, faisait des progrès sur les côtésj et elledevint si grosse ëU' peu de temps, qu’il n’était plus possible, d’espérer dë la bornér. J’assemblai ceux de mes éoU- ^ frères qui jouissaientf de la réputation la plus méritée ; tous cohvinrënt que la tumeur était un anévrysme , et qu’il fallait opérer.

Lorsque le malade y eut été disposé , je procédai c'ommë il suit. Deux tourniquets construits sur les ■principes de Petit furent appliqués l’un sür 'lë pli de raine, et l’autre un peu au dessous ,• et .la“ tUmeur fut ouverte en entier. Lorsque les càilîots ët;le sang

opératoire.

fluide quelle contenait en eurent été ôtés , j’aperçus le vaisseau d’où le sang s’était échappé : il était de couleur blanche , de forme cylindrique , d’une grosseur remarquable, et l’ouverture dont il était percé parut parfaitement ronde. Cette ouverture donnait issue à une assez grande quantité de sang, noir , d’un jet continu et dirigé de bas en haut. J’appliquai le doigt dessus, et je passai sous l’artère une aiguille armée d’un cordonnet de fil au dessus nt au dessous , pour me mettre en état de faire- la ligature, si celà devenait nécessaire. Cette partie de l’opération fut très-diffieile , parce que je n’avais qu’une main dont j’osasse me servir. Lés liens d’attente placés , -je fis mettre à la, partie postérieure de la cuisse, vis-à-vis dé la plaie, un coussinet long de dix -neuf à vingt - un centimètres j large de huit > et épais de trois ; après quoi j’élevai sur l’ouverture de l’artère une pyramide dont le sommet .était fait de plusieurs morceaux d’agaric, et le reste de compresses dont la largeur augmentait du sommet à la base. De la charpie bien saupoudrée . de colophane fut disposée autour de la pyramide ,, de manière à la soutenir et à l’empêcher de vaciller , et , à • remplir le re^e de la plaie. Le tout fut contenu, par des compresses et par une bandé à l’ordinaire. / ^

Le malade rémis dans son lit, je fis: relâcher les deux tourniquets avec l’attention d’en conserver un médiocrement serré, et de faire poser la main d’un aide ■ sur l’appareil. Ces tourniquets étaient- relâchés l’un après fautre, pour que la compression <jue j’exer- ^is sur le trajet de l’artère fémorale ne se fît pas continuellehient sur le même point. Ma^ré; cette attention,

il se for ma au-dessous du second une escharre qui mV bligea d’y renoncer de bonne heure.

La cure fut traversée les premiers jours par quelques hémorrhagies qui donnèrept un sang yernieil. La plus forte arriva le huitième. Je fus obligé de levpr l’appareil, et je me disposai à me servir des fils d’attente et à • lier l’artèrè ; mais mes confrères, que j’avais invités à se rassembler pour avoir leur avis, à, ce sujet, voyant que l’hémorrhagie était arrêtée", et que le malade était en assez bon état, me conseillèrent d’attendre. Il commençait à couler du pus. Deux jours après, çe pps était si abondant, que je fus obligé de renouveler les compressés.: Elles furent soutenues par un bandage à dix-huit chefs; La suppuration augmèntait de jour en jour,' et la tuméfaction survenue au mepnbre diminuait à proportion. Néanmoins je ne touchai pas encore aux pièces intérieures de l’appareil. Elles jne se détachèrent'que le dix-huitième jour. Depuis ce temps , les choses allèrent dé mieux en mieux , ët le malade a été guéri en deux mois.

Deux de mes confrères ont eu des doutes sur la nature de la tumeur , qu’ils ont pensé avoir été formée par l’effusion du sang de là veine fémorale , plutôt que par cellf^du sang de l’artère. Ils ont été déterminés à embrasser cetté opinion, parce que celui qui sortait du vaisseau ouvert , au moment de l’opération , était de couleur noire , et parce qu’il jaillissait de bas en haut; mais les tourniquets avaient enfoncé rartère à un point tel , que le fluide qui en sortait ne pouvait avoir une autre direction. Ge sang venait sans doute de la partie de cette artère qui était inférieure à l’ouverture. Peut-

O^ÉRATOIRK.

être venait-il aussi de la veine ^ . qui pouvait avoir été ouverte en même temps, et cette circonstance expliquerait la teinte noire sous laquelle il s’est montré. Mais quelle veine ouverte a jamais donné lieu à une tumeur aussi grosse , dont les progrès aient été aussi rapides, qui ait fait sentir des pulsations si fortes , que , de quelque manière qu’on s’y prît pour contenir la tumeur , les mains qui la pressaient étaient soulevées ? Comment , dans la supposition que la tumeur fût veineuse , en a-telle imposé aux praticiens les plus consommés, et même à ceux qui depuis ont douté de sa nature , au point qu’on l’ait généralement reconnue pour un anévrysme ? Enfin comment expliquerar-t-on les hémorrhagies qui sont survenues , et qui ont donné un sang si vermeil ?■ C’est donc vraiment une tumeur anévrysmale que j’ai opérée ; et quoique cette tumeur fût la suite de la blessure de la plus grosse artère sur laquelle on puisse le faire , j’ai réussi par la voie de la compression, 11 est probable que le succès que j’ai obtenu n’auraitpas étêtroublé par les hémorrhagies qui sont survenues , si j’eusse employé la ligature; mais on pensait alors que la compression pouvait procurer la consolidation de l’ouverture faite aux artères , sans oblitérer ces vaisseaux en entier. Peut-être cet effet a-t-il lieu lorsqu’elle est modérée , et que leurs parois ne sont pas appliquées l’une à l’autre avec trop de force. Cependant on pense généralment à présent qu’elles se /collent ensemble , et que la compression et la ligature agissent l’une comme l’autre.

(En effet, toutes deux ont pour résultat l’adhésion mutuelle des parois opposées du vaisseau , et Ibblitératlon complète et inévitable de sa cavité. Ce fait a été

démontré par une multitude d’observations , d’expériences et d’ouvertures de cadavres. C’est depuis qu’il ^ a été mis hors de doute que la ligaturera été universellement préférée à la compression pour la guérison des plaies artérielles.)

*la Muterisa-*^ Cautérisation , le second des procédés suivant

lesquels on peut terminer l’opération de l’anévrysme, s’obtient aisément au moyen d’un bouton de sulfate de cuivre qu’on applique sur l’artère ouverte, et qu’on soutient avec un appareil semblable à celui qui vient d’étre; décrit. Le sulfate venant à se fondre, brûle et convertit l’artère et une partie du tissu cellulaire voisin ■en une escbarre proportionnée à sa quantité et à son activité. Comme l’artère est détruite , le pouls est plus long-temps à se faire sentir au-dessous du lieu opéré, que lorsqu’on s’est servi de la compression ; il ne reparaît que lorsque les artères collatérales sont assez dilatées pour verser, dans celles de la partie, malade la quantité de sang nécessaire à sa nourriture. Cependant , quelle que soit cette dilatation , il n’est possible d’en juger que par les effets qui en résultent car elle nè s’aperçoit pas d’une manière aussi manifeste qu’on pourrait se l’imaginer.

■ Les précautions à prendre lorsqu’on a employ é la cautérisation , ne sont pas différentes de celles qui ont été conseillées après la compression ; si ce n’est que lorsque les'pièces d’ûppareil sont entièrement détachées , il faut les remplacer par des bourdonnets trempés dans de bonne eau-de-vie ou dans l’alcohol , et fortement exprimés , que 1 on applique sur i’escharre dans la vue de la dessécher, , et d’en retarder la chute le plus long-

temps qu’il est possible 5 car il serait dangereux qu’elle tombât avant que les bords de l’ouverture de l’artère fussent consolidés , ou qu’il s’y fut formé un caillot capable de prévenir le retour de l’hémorrhagie.

3.“ La ligature, dont il reste à parler , est le procédé que l’on a le plus constamment employé , et qui mérrite le plus-de eonfiance..On a toujours craint, en la pratiquant, de blesser l’artère qu’on se propose de lier avec l’aiguille destinée à cet usage. En conséquence on a fait faire des aiguilles qui ne fussent ni tranchantes ni piquantes. Quelques-uns, au lieu d’en employer de ■particulières à cette opération, ont proposé de passer une aiguille ordinaire au-dessous de l’artère par Impartie qui en forme la tête. D’autres ont voulu qu'avec une airigne mousse et faite en équerre ^ introduite dans l’ouverture de l’artère, on soulevât le vaisseau avant de passer l’aiguille au-dessous, et cette dernière manière d’agir est recommandée par les auteurs les plus accrédités. Enfin J. L. Petit a fait construire , dans la mêtne vuè , une aiguille large , mousse et peu tranchante , percée auprès de sa pointe en deux endroits différons , pour pouvoir passer en même temps deux cordonnete de fil au-dessous de l’artère; et pour pouvoir tirer cdtte aiguille du côté par où elle est entrée. Rien ne paraît plus mal fondé que cette crainte de blesser les artères avec les aiguilles ordinaires; et par conséquent les instrümens et les procédés particuliers qui ont été imaginés pour ne pas tomber dans cet inconvénient, sont inutiles, et même nuisibles, en ce que des aiguilles mousses doivent produire des déchiremens suivis d’inflammation et de suppuration. Lors donc qu’on opère

La ligature.

l58 MÉDECINE

sur l’artère humérale , il est préférable de se servir d’une aiguille semblable à celle qu’on emploie en toute autre occasion , laquelle soit garnie d’un cordonnet de fil faifc de plusieurs brins cirés, et rassemblés en manière de ruban. S’il est possible que les deux ligatures qu’on se propose de faire soient proches l’une de l’autre, il faut que le cordonnet soit double , pour qu’on ne soit point obligé de passer l’aiguille à deux reprises différentes , et pour qu’on puisse placer les deux ligatures à la foisi. ^ ^ ^ L’aiguille ainsi disposée, on porte sa pointe en dedans ,

se peut de de peur de blesser le nerf médian qui accompagne l’arayecl’artèrl tère huiixérale, et qui glisse le long du côté interne de cetteartère.

Il est vrai qu’il y a des cas où ce nerf est si éloigné de l’artère, qu’il. est presque impossible de le lier avec elle. D’autres fois il en est séparé d’une manière tellement distincte , qu’on le reconnaît et qu’on lévite aisément; mais aussi il -y a d’autres circonstances où l’élbigneraen t de ces deux parties est peu considérable , et: où l’effusion et l’engorgement du sang dans lè tissu cellulaire voisin empêche de les distinguer. Il n’est pas inutile alors de porter l’aiguille de la manière qui vient Cette r d’être prescrite; Ge n’est cependant pas que la ligature tare n’est pas du nerf médian soit aussi dangereuse qu’on le croit, leuse qu’on Beaucoup de praticiens l’ont lié sans y faire attention, le dit. J) 'autres l’ont fait de dessein prémédité , parce que

l’expériencé leur avait appris qu’il n’y a rien à en craindre; et d’autres parce que la partie était tellement infiltrée de sang, qu’il aurait été impossible de l’éviter ; et ils n’ont pas observé que les opérations. faites de cette manière aient eu des suites plus fâcheuses que celles

OPiîKA.TOIRE.

dans lesquelles les nerfs ne sont point liés. Le seùl inconvémeBtiqüi'eB' Soit résulté , est que les malades ont donné des marqué de sensibilité plus grandes au moment où ’ on- a serré la ligature. Du reste ^ on ne voit pas- quil leur soit survênu de convulsionsr.^ ni que les parties opérées aient perdu le sentiment; et le mouvenïént ; OU si ces accidensnnt eulieu, ils nnt duré peu de temps.

'" Le fait suivant, que je tire de Morgagni en est une observatioa preuve. Un jeune homme fut saigné au bras pour une recu^rpar maladie de poitrine^ ;et on lui ouvrit l’artère brachiale q^ie|rou*Ye sans s’en apercevoir. ‘Quelques jours , après,; il survint une tumeur , ■ dont - le volume s’accrut en vingt jours jusquà celui d’une pomme médiocre. Le chirurgien qui avait fait la saigùée, ayant pris cette tumeur pour un abcès, y fit tihe ouverture qui donna issue à une quantité de sang peu considérablè, parcé que sans doute il fut retenu par quelques caillots. Trois joiirs après, il parut une grande hémorragie j ce qui continua plusieurs jours de suite. Le malade étant épuisé , on consulta Valsai va , qui conseilla et fit sur-le-champropération , en pratiquant la ligature. La partie inférieure du membre perdit aussitôt le mouvement et le sentiment. Elle devint froide, et les battemens du pouls cessèrent- de s’y faire sentir. Cependant ils recommencèrent le troisième jour.

Le cinquième, ils étaient aussi forts qu’à l’ordinairé.

Quelques jours après , le membre reprit sa chaleur et sa mobilité; Il restait encore faible et froid, etlescngles étaient ternes. Au bout de neuf mois, té Ut était dans l’état naturel.

Cet homme étant mort trente afis après, Moliriélli

disséqua le bras opéré. Une différait en jierij à.Vextér rieur, de celui qui était sain, 'raaiarartèrehurnérftlé manquait dans unelongeùr de trois doig-ts. Iln’y avaitnuçune communication entre elle et l’artère radiale que par un très-petit rameau dexueux, de sorte qu’il est inconcevable comment le pouls a pu devenir si fort en si. peu de temps. Le nerf était gonflé en manière de ganglion à l’endroit où il avait été lié. On dit communément qjie les vaisseaux eolktéraux se dilate,nt ;aprèsr l’opération de l’anévrysme. C’est ce qu’on ne voyait pas ici. Desault n’a pas vu non plus que ces vaisseaux! acquissent des dimensions plus grandes, sur ceux. en qui des troncs artériels ont été; liés. Cependant. ila vie , qui s!esl conservée, prouve que le sang n’a pas discontinué! de s’ÿ porter en quantité; suffisante , ce .qu’il attribue aux vaisseaux capillaires dont le nombre prodigieux peut suppiéer au défaut des autres. Cette observation importante méritait d’être :^ivie. ; ;; ;

( Aussi , . depuis quelques, années ^ ; lés chirurgiens les plus célèbres ont - ils multiplié et varié prèsqu’à l’infini les. recherchés et les expériences de! ce genre. Il est, en général, résulté .de leurs travaux , que les branches; artérielles, nées au-dessus de. l’endroit sur lequel on applique la ligature, se dilatent, et que le sang parvient, à travers leurs divisions, dans les.raineaux fournis par d’autres branches ', qui sortent de i’artère au dessous du point lié. Les collatérales les plus éloignées , aussi bien! que celles qui sont le plus rapprochées de la ligature , participent aux modifications apportées dans l’appareil vasculaire du membre j et il n’est pas si utile que quelques personnes l’ont pensé ,

Si

de ménager le plus possible de ces vaisseaux. Il y a plus, l’expérience a prouvé qu’en en conservant un trop grand nombre, c’est-à-dire en faisant la- ligature, trop près de la tumeur, on s’expose à voir le sang revenir dans l’artère principale jusqu’au-dessous du lieu où icette ligature est appliquée, et rendre l’opération inutile, en; reproduisant tousdes phénomènes de la maladie. C’est à travers les nombreuses anastomoses artérielles que cette nouvelle circulation s’établit. Les dispositions sont telles que, dans les branches supérieures à la ligature, le sang suit la route ordinaire, tandis que dans .les autres il marche dans un sens opposé,

. c’est-à-dire des rameaux les plus fins ;-vers les branches qui les fournissent , et de là dans le tronc principal \ lui-même. On , sent aisément; combien ces vaisseaux supplémentaires peuvent présenter de variétés;: tantôt quelques branches dilatées suffisent à l’entretien de la circulation ; d’autres fois celle-ci se continue au moyen d’un grand nombre de ramuscules ténus et presque capillaires. Dans le premier cas, lé sang conserve dans toute sa force l’impulsion que. lui a communiquée le coeur, et le pouls n’a rien perdu; de son énergie à la partie inférieure du membre ; dans rautre, au contraire, divisé en très-pêtites colonnes, il coule avec moins de vivacité, et n’ébranle plus les; parois artérielles. C’est dans ces circonstances que l’on . a vu la nutrition se continuer dans des membres opérés, quoique le pouls y parût anéanti ou considérablement affaibli. Toujours alors des vaisseaux précédemment existansse dilatent : il n’y a pas de création vasculàire nouvelle. M. Parry , en Angleterre , vient de

prétendxe au contraii-e que des vaisseaux nouveaux peuvent se former et réunir les portions divisées et liées d’artères considérables, telles que les carotides. Cet observateur a été jusqu’à faire graver les rameaux accidentels dont il admet la création; mais dans quelques expériences récemment faites en France , on nia rien remarqué de semblable, et il faut, pour admettre les faits avancés par notre confrère d'outremer , qu’ils soient confirmés par des observations nouvelles. ) • : -

Môlinellia rendu compte du fait qui vient d’être analysé, dans les Mémoires de l’Institut de Bolog^he; et il conclut des diverses circonstances que ce fait présente .qu’on ne doit point craindre de lier le nerf avec l’ar- îère, dans les opérations d’anévrysme.

Les expé- ; ;Les, expériences qui ont été faites par Thierry , mé-

riences de . . . ' , ^ ,

Thierry decm de Paris, et qui sont exposees dans une these soumémychose. tenue aux écolcs de Médecine, sous la présidence de Hazon , et insérée dans le cinquième volume de la collection des Thèses de Chirurgie par Haller , confirment la même chose. Les expériences dont il s’agit ont été faites siir des chiens adultes, de grosseur et de Sëxe différens, auxquels Thierry a lié l’artère principale du membre avec les nerfs qui l’avoisinent. Ces animaux n’ont éprouvé ni convulsions ni paralysie. Ils paraissaient assez tranquilles, et n’avaient perdu ni lë sentiment, ni la chaleur. Ils s’agitaient un peu, ee que l’on

doit attribuer à la douleur. L’expérîeiice a également

bien réussi, soit qu’elle ait été faite sur* les pattes de devant ou sur celles de derrière, avec cette différence néanmoins que, quand on avait lié les artères des pattes

OPÉRATOIRE. jï63

de derrière, les clûens marchaient presqi?e,siir-le-clji3inip comme s’ils n’eussent pas été blessés, au lieu que, qüaiî4 la ligature ay ait été faite sur celles de deyant, ils ne pouvaient s’.en servir librement qu’après la fprnj.ation de la cicatrice. Ces chiens ayant été tiiés et ouyerts , Thierry a vu que les nerfs étaient durs à rendrpit de la cicatrice, et qu’ils étaient épais, de forme pliyai.re etassez semblable à celle des ganglipns ,:mais de diy^rse grosseur, ce qui dépendait sans doute de rintervalleplus ou moins grand qui avait séparé les deux ligaturps^^et de l’espace de temps qui s’était écoulé depuis l’expérience jusqu’à leur mort. . ^ G . :

( Toutefois les faits rapportés plus haut prouvant seulement que la ligature des nerfs peut n’être suivie que d’accidéns légers, ils ne sauraient autoriser im chirurgien à négliger les précautions susceptibles dn faire éyitèr cette ligature. Il est arrivé dans quelques occasions qu’elle a prpduit des phénomènes fprt^raves, tels que l’affaiblissement , la paralysie inaçomplète et l'atrophie ou même la gangrène partielle du membre;)

Lorsque le cordonnet de fil dont l’aiguille est garnie est engagé sous l’artère, on le coupe près de la tête de Taiguille, pour pouvoir séparer les deux rubans qui le forment; puis on se sert de chacun d’eux pour pratiquer une ligature au-dessus et au-dessous de l’ouverture de l’artère, en faisant d’abord ün nœud double, puis un nœud simple par-dessus (i). Ces nœuds doivent être

(i) Ce nœud double, appelé aussi noeud du chirurgien , est abandonné avec raison, parce qu’entre autres inconvéniens ,

l64 DELAMÉDECINE

d’autant plus s'errés, que l’artère est plus grosse et plus épaisse, et l’être d’autant moins, quelle est plus petite et que les parois eh sont plus minces; car, sans cette précaution, ou<la ligature se détacherait trop promptement, et donnerait lieu à une hémorrhagie toujours à craindre, ou elle devièndrait lâche, et, rie pouvant se détacher , elle retarderait la guérison du malade. En général, plus l’artère que l’on doit lier est grosse, plus lé lien doit avoir d’épaisseur, plus il convient d’embrâsser de chairs avec l’artère dans l’anse de la ligature; et moins il faut que cette ligature soit serrée , de peur qu’elle ne coupe trop tôt les parties qu’elle embrasse , et vice Les deux ligaturés placées, on

coup# Texcédant des’Hls qui pourraient' gêrier dans la suite , et on panse la i)laie comme il a été dit plus haut. Un chirurgien de Genève, M. Maunoir, a proposé depuis peu , comme moyen d’assurer le succès de la ligature des artères, dans l’opération de l’anévrysme, de couper ces vaisseaux en travers, entre les deux liens dont la ligature se compose. La raison qu’il donne de rutilite de ce procédé, est que l’irritation que laligatiire excite porte les artères à se contracter , ce quelles ne peuvent faire sans réagir Sur les fils dont elles Sont environnées, et sans que ces fils ne les coupent avant quelles^ soient suffisamment resserrées pour prévenir le retour de l’hémorrhagie. Lorsqu’on les coupé soi-même , les ar-

il ne permet pas de serrer exactement le vaisseau; il est étonnant que Sabatier recommande encore d’y avoir recours.

{Note des Éditeurs, )

tères n’éprouvent pas autant d’irritation; ou si cette irritation a lieu, elle dispose leurs extrémités i à se rè^i tirer chacune de son côté, et à s’enfoncer dans l’épaisseur des chairs qui les environnent. La compression que ces chairs font sur elles diminue leur calibre au point d’en effacer la^ cavité, et il est; moins à cxaindrè que le sang ne s’en échappe. Je n’ai pas eu occasion de mettre ce procédé en usage; mais l’effet en paraît sur, et plusieurs chirurgiens militaires m’ont dit l’avoir employé avec succès. Si l’expérience confirme ce succès, on aura obligation à M. Maunoir de l’avoir imaginé et d’en avoir fait connaître les avantages dans l’excellente dissertation qu’il a publiée à ce sujet. > ^

( Depuis l’époque dont il s’agit,da section de l’af-^ tère entre les deux ligatures, déjà connue et recommandée par Gelse ef par Ætius , a réussi non-seulement à M. Maunoir, mais à un grand nombre de chirurgiens, tels que MM. Astley Gooper, Dalryempe , Post, Albernethy . Gependant Scarpalüi attribue deux hémorrhagies consécutives, et l’exp^ience, ainsi que-le raisonnement démontrent quelle n’est pas plus avantageuse qu’une ligature ordinaire et bien faite d’une ; artère. )

Le pouls n’est pas- moins long- temps à se faire sentir Lepouls est après la ligature qu’après Tusage du caustique, parce i^g!?empsl quelle intercepte entièrement le passage du sang à travers l’artère blessée, laquelle, pour le plus souvent, est une artère principale (i). Jusqu’au temps où; lés batte-

(i) Sabatier revient encore,, à l’idée que la, compression, en laissant passer une certaine quantité de sang à travers l’artère.

l’ôfy DÉ liÂMÉ DECIME

rucDS de cette artèÉe se font sentir, le' succès est iricer-^ tâin i>et il est à craindre qcté celles qui sont voisines ne se dilatent pas assez pour transmettre la; quantité de sang nécessaire , et que lé membre ne tombe en gangrène. ‘On a vu des malades chez' qui lès premiers fréniiss^emens de Tartère nbnt été apierçus que douze qüinzé -et dix - huit jours après l’opération. Chez quêlqiûes^ Uns le pouls n’èst revénu que long - temps après: la guérison de ‘Ta plaie. On trouve' un cas de çettë espèce dan S le second volume desEssaisd’Edimb'oùrg. • '

Aplatisse. (Indépendamment delà ligaturé circüîàiTë, M. Scarp

ment des ar- ^ i i - ' / i • i

tères. a propose, pour oblitérer les vaisseaux , un autre prôeédé qui- consisté dans Tàplatissenïènt de leurs parois. Afin d^exécüter cefté mâhièré fiouvélle d’opérer ^' le professeur de^Pavie glisse sous T artère' üiie double .figaturë qu’il seiTésur une èômpresse assez épaisse et qué quelques persdnhes ont remplacée , soit par un petit eylmdre de sparadrap , soit par un morceau de liège. Ces corps etrangers j interposés entré le licèiid des fils, èt les parois artérienés,'empéch'ent *celles-ci d’être aüsSi facilementdîviséés^ et niéttént, eh les âplafissahi, leiirs points opposés en contact. Le presse~artere de M. Déschamps , dotit iD'sëra '(|üëstibh' pliïs baS ; les pinces à plaques et à hôulén mo'Biiedü'professèurPercy; celles

perjrnet au pouls de éepaTaître à la partie infèrieure du taemT. bre plus facilement que les caustiques et la ligature appliqués sur le vaisseau. Cette opinion estune erreurque notre illustre auteur âvait bien reconnue mais dont il h’aVait pu sé dépoüillèr éritiêretbent. ‘ ' {Noté des È'ditèürii.^'

à ressort dé IVL Bnret , le barillet de M. Assalini , et plusieurs autres instrumens dont' ceux - ci semblent avoir fourni l’idée, constituent autant de moyens à l’aide desquels on a essayé d’aplatir les artères. / : . ■ >.

Les partisans de ce procédé ont cru qu’en l’adoptant les fils couperaient les tuniques artérielles avec plus de lenteur, et que les ligatures tombant plus tard les hémorrhagies consécutives seraient moins R redouter. L’expérience la plus générale n’a point confirmé d’aussi flatteuses espérances. Il est bien vrai que, à rhôpitài de la Charité, dix-sept malades ont été opérés ainsi sans que l’on ait observé aucun accident; mais combien' dWtres ont eu des artères immédiatement liées î^vec le plus entier succès ? En comparant les observations;, relatives à ces deux manières d’agir^ ori constate que les fils avec lesquels oh a aplati les artères ne tombent pas plus' lentement que les ligatures ordinaires les plus ténues. D’ailleurs, le morceau désparadrap, ou les corps métalliques introduits dans la plaie l’irritent, augmentent l’inflammation des partiesmolIes,etren dent la. guérison plus tardive. Il résulte enfin d’expériences fâites sur les animaux vivans, par M. Pigot, d’après des indications fournies par M. Brescbet , que le travail extérieur et intériéur au moÿefi duquel s’opèrent la section, et la consolidation des tuniques artérielles après les ligatures;; est moins' facile à s’opérer, et marche avec, moins de régularité et plus de lenteur lorsqu’on a" aplati l’artèrè que quand ce vaisseau a été circulairer ment étreint.

Les faits eux-mêmes nous obligent donc de considé-

l68 DE LA m:édecine

rer les ligatures les plus simples , et serrées à un degré ; convenable, comme les moyens les plus surs et lesplus' efficaces que l’on puisse employer dans l’opératibn de l’anévrysme. ) > . . , . . . .

Le régimè et lé repos doivent êtrè les mêmes que dans les deux premières manières d’opérer. Il faut que les pansemens se fassent avec les mêmes précautions , et ils ne diffèrent qu’en ce que les fils qui ont servi à la ligature doivent être ménagés, de peur d!en hâter la chute. Ces fils se détachent ordinairement du douzième, au quinzième jour après l’opération, et ils sortent de la plaie en formant une anse, ce qui prouve qu’ils ont, coupé lês parties qu’ils embrassent. Si on voulait en avoir d’autres preuves , on les trouverait dans la difficulté que les fils dont il s’agit ont à se détacher, lorsqu’ils sont trop lâchesi II faut alors porter l’extrémité d’nné sondé canneléeau-dessoüs de l’anse qu’ils forment,^^ et les coiiper avec des ciseaux , sans quoi ils pourraient retarder la guérison én s’engageant dans le fond de la plaie, et même:i‘endre cette guérison impossible, par la. difficulté de les aller chercher à travers dés parties aussi profondes. . .

L’opération ‘ Quoiqu’eu décrivant les opérations qui conviennent

sefaitd^la . , . , /

même ma- a 1 anevrysme taux consecutif , il en ait ete parle comme;

si cette, maladië avait toujours son siège à l’artère bra- ’c^n q^ue^e’ :conçi>it que, pouvant arriver partout ailleurs,^,

tumeur se ^ quelle exige doit présenter des- différenees-

forme. relatives à la nature des parties où elle se forme. L’his-; toire de l’anévrysme à l’artère crurale, qui- a été ratcontée précédemment , indique une partie, de ces diffé-

opékatoire.

rences. Pour mieux les faire connaître, je vais rapporter, d’après Saviard, celle de, l’anévrysme dont il a été parlé plus haut, et qui a été opéré par la ligature. Cette tumeur était survenue à la partie supérieure et. interne de la cuisse, à la suite d’un coup d’épée. Les consultant; furent long-temps,sans oser conseiller d’opérer, de peur que le malade ne pérît d’hémorrhagie avant que l’artère pût être liée, ou de gangrène,, si c’était le tronc de l’ar-, tère fémorale qui eût été blessé. La perte prochaine: du malade les força cependant à prendre leur parti. On commença par appliquer, un tourniquet à la partie supérieure de la cuisse, puis on ouvrit en entier la tumeur dont le volume était considérable, et on tira le s^ng et les caillots qui y étaient contenus. Lorsque l’artère blessée eut été mise à découvert, on y fit deux ligatures.

La plaie fut remplie de charpie et' de poudrés, astrihgentès, et couverte avec des compresses, parrdessus lesquelles on mit un bandage convenable. La suppuration ne fut pas long-temps à s’établir, puisque toutes les pièces d’appareil se détachèrent le quatrième jour,- Les ligatures tombèrent le quinzième, et la guérison fut complète en six semaines, sans qu’il y ait eu d’accident notable. Depuis ce temps le ihalade a fait plusieurs campagnes à l’armée , ce qui prouve que sa cuisse avait repris sa vigueur ordinaire. ,

Saviard ne dit pas s’il eut de la peine à placer les liens Aiguilles

^ ^ . pour lier lest

dont il se servit pour faire la ligature,^ Cette partie de arfères prol’opération fut extrêmement difficile dans le cas qui m’est particulier. Un de mes élèves, présent, imagina,, à cetté occasion , de faire construire une aiguille.d’iine forme nouvelle , qui me parut fort, commode , dans les

essais qui en furent faits sur les cadavres. J’en ai fait üsâgé depuis avec succès dans uft cas’ analogue, c’està-dire dans une operation d’anévrysme à l’artère poplitée, dans laquelle là profondeur du lieu que cette artère occupe ne donne pas moins de. difficulté à placer la ligature que lorsqu’il s’agit de la pratiquer sur l’àfîtère fémorale. Gette aiguille ést montée sür iin manche. Elle est fort courbée à, son ettrémité seulement, non dans le sens de sa longeur, mais de côté. La partie courbe de cet instrument décrit un peu plus d’un demi-’ cercle. Elle èst aplatie, médiocrement aiguë et tràri- ^hantê, et percée auprès de sa pointe d’une ouverturè destinée à recevoir un ruban de fil. Lorsque tout est disposé pour s’en servir, le chirurgien en pousse la pointé au-dessous dé l’artère, et tournant le poignet de sa main droite avec laquelle il en tiéntle manche , il fait revenir cette pointe de l’autre côté du vaisseau. Le ruban ou cordonnet de fil est dégagé avec une airigné , et l’aiguille retirée par où elle a été introduite. M. Deschamps a depuis fait faire une aiguille assez semblable, /et iLl’a employée avec succès dans plusieurs opérations sur l’artère fémorale. Peut-être l’idée s’en est-elle présentée à lui comme, elle s’était offerte il y a . plus de vingt -quatre arts àM. Panpe, alors mon élève, et depuis chirurgien à Troyes, où il a exercé avec l’estime publique (i). . - ;

(i) Cette aiguille n’appartient, à proprement parler, nia Paupe ni à M. Deschamps, bien que chacun d’eux, ne la connaissant pas, ait pu' réellement l’inventer. Elle se trouvé décrite dans un mémoire lu en 1746 ou 1747 à l’Académie des

M. Deschamps a faiti aü sujet de l’artère fémorale, serre- nœud

r ^ , * ' c 1 * imaginé par

une rèmarque Bien intéressante, souvent les parois m. Des-

de cette artère ont contracté «ne sorte de rigidité qui ne lem’ permet pas de céder à l’actTorr du fil. Pour l’ordinaire aussi , son calibre est trop considérable sVaux. pour que ses parois puissent être rapprochées par l’effet de la ligature , de soite qu’il faut beaucoup serrer le fil au risque de couper l’artère, oü de ne pas se fendre totalement maître du sang. Ayant éprouvé ce dernier , incontériient, il a pensé que, lorsqu’il est question de lier une artère aussi grosse que la fémorale, il fallait: l’entourer avec un lien qiii. eût plus de force sans être coupant j et serrer ce lien au moyen d’un instrument ' qui l’aidât à intercepter' le passage du sang à travers ce vaisseau. Geliii dont il se sert est un cordonnet plat , de trois millimètres de largeur , appelé dans le commerce coulisse où dacet blanc. Il le porte au-dessous de l’artère au moyen de l’aiguille dont il a été parlé plus haüt:^ et lorsque ce lien est bien placé , ce qu il connaît en tirant à lui ses deux extrémités, en même temps qu’il appuie avec lé doigt indicateur de l’autre main sur rartère même , iMe serre avec un instrument auquel il donne le nom de serre-npeiid. Cet instrument peut être fait en acier ou en argent forgé. Il est composé d’une plaque , et d’une tige placée perpendiculairement au-dessus. La plaque, longue dé douze à quinze

Sciences par Caza Major Laplace ; on en trouve une figure fort exacte à la tête de la Pratique de Chirurgie de Gûizaxd , ouvrage presque entièrement oublié. ( Note 4gs Éditeurs. )

DE liA m:édecine

millimètres, large de sept, épaisse de deux à ses extrémités, et de quatre à son milieuy et plate du. côté de la tige, est comme arrondie du côté opposé. Elle est percée de trois trous ; un carré à son milieu, pour recevoir la tige qui y est rivée avec exactitude ; les deux autres ronds , polis et évidés, du diamètre de trois millimètres, situés à chaque extrémité de la plaque. ' :

La tige a cinquante-quatre millimètres de long ; sou épaisseur est de cinq. Elle est aplatie, et sa largeur augmente depuis la plaque jusqu’à son extrémité , ou elle peut avoir huit à dix millimètres. Cette largeur est transversale par rapport à celle de la plaque* Au tiers supérieur de cette tige est pratiqué un trou rondy dont le bord est poli, et qui a quatre à cinq millimètres de diamètre. Cette tige est terminée par une échancrure qui s’élargit à mespre quelle approche de son extrémité. Pour s’en servir, celles du cordon doivent être passées dans les ouvertures de la plaque, et dans celle de la tige. Alors, les tirant toutes deux en sens contraire, sur le bord poli de l’extrémité de la tige, comme sur une poulie, on comprime l’artère autant qu’il le faut , et cette ouverture est remplie: avec un fausset qui empêche le lien; de se relâcher. Le serre -noeud est entouré de charpie et laissé , dans la plaie. S’il est besoin d’exercer une nouvelle compression sur l’artère , on se contente d’ôter le fausset et de tirer les deux extrémités du lien avec plus de force. Enfin, lorsque l’hémorrhagie est sûrement arrêtée, on coupe et on retire le- lien et l’instrument.

La ^æemière fois que M. Deschamps a fait usage de ce moyen, ce fut pour un jeune homme de vingt-un

ans, qui s était blessé l’artère fémorale vers le tiers inférieur de la cuisse. L’hémorrhagie fut forte dès les premiers instans ; mais on parvint à l’arrêter. Le lendemain la cuisse était un peu gonflée. Lorsqu’on eut levé l’appareil , le sang sortit en arcade. Il n’j avait aucun doute sur da nature de la blessure, et on ne pouvait espérer de se rendre maître du sang sans lier l’artère. M. Déschamps y procéda sur-le-champ. Il la mit à découvert par une incision de isix à sept travers de doigts , pratiquée sur son trajet. Comme il n’y avait nul amas de sang il- fut impossible , de parvenir jusqu’au vaisseau blessé, et de voir l’ouverture qui y avait été faite, laquelle répondait à sa partie postérieure ; mais ' on en approcha autant que les circonstances pouvaient le permettre. Deux liens de fil furent passés au-dessus et au-dessous du lieu ou on présumait que l’artère était ouverte, et cê vaisseau futlié. Il li’y - eut rien d’extraordinaire dans le pansement du malade, qui resta en bonétat jusqu’au septième jour , que., la ligature s’étant relâchée par l’affaissement dès chairs comprises dans l’anse du fil , l’hémorrhagie reparut avec force. Une nouvelle ligature suppléa au défaut de la première. Ce ne fiit qu en la serrant très-fc^èmén't qu’il fut possible de se rendre maître du sang. Le lendemain au soir, il reparut en plus grande quantité. H fallait mettre l’artère à nu dans une grande étendue pour pouvoir en faire une troisième : cela fut exécuté. Le vaisseau parut solidement comprimé. Cependant l’hémorrhagie repa- " rut encore le lendemain. La faiblesse du malade exigeait qu on employât un moyen plus efficace pour la réprimer , et ce moyen est celui qui a été exposé. Depuis ce

Aûtre manière d’opérer l’ané- Trysmepar la ligature.

Employée autrefois par Gnillemeau.

Puis par Àuel.

fi E LA MÉDECINE

temps, M. Deschamps en a fait usage ayéç succès dans une opération de la même espèce ^ et dans une aytre, dont il sera parlé plus bas , pour un anévrysme à l’artère poplitée. 1^ ,

L’opération de l’anévrysme, tellequeUê aété décrite, consiste à ouvrir la tumeur, à mettre l’artère, à nu,, afin d’en découvrir rouverture , et à exercer sur ce yaisseau une compression suffisante , à le cautériser, ou à y faire deux ligatures, l’une au - dessus , l’autre au - dessous , pour l’oblitérer et prévenir une nouvelle effusion- de sang. On n’apas toujours suivi cette.marche dans l’opération dont il s’agit.. Guillenxeau ayant ^.traiter un anévrysme survenu au .plidu bras à la stute d’une saigné.é , incisa la peauaurdessus delà tumeur, ipassa;Une, aiguille sous l’arlèEe ouverte-^ et la lia en- falsant un do,uble nœud : après . que tlf -'Quvrd le sàc, .en nettoya la cavité,, et pansa avec les >médicainens .qu’iljûg^a conyenaMes. Le succès de ce procédé fut si heureux , .que la cure; ne fut traversée -par aucun, accident.,, et -que lé malade .guérk en conservant la mobilité de sdh bras. An.el;à tenu une conduite analogue dans.une circonstancet pute seinblable. Après a.voir tout ;dispo.5é comme il est.d’usage , il fit au-rdessus d^a tumeur une incision lôngiitudinale qiiil’avoisinait beaucoup , sans l’endonimager, et au moyen de laquelle il parvint:, non sans peine , à mettre l’artère à nu, et à la séparer d’avec les parties voisines , et.nôtanun.ent d’avec.le nerf, et il lia ce vaisseau le plus. près, qu’il ;fut possible de la tumeur. Une seconde ligature fut placée au-dessus de la première- U n’en fut pas fait au^-dessous de la tumeur, qui dinainua sensiblement, au . point que dans la suite il n’en resta

orÉnAT-oiRE. 17^

pas le moindre vestige. Les deux ligatures se séparèrent, l’iine le dix-rhuitième jour , l’autre le vingtième , sans hémorrhagie, et la cicatrice ne tarda pasà se former.'

Desault a opéré de la même manière dans une cir»- Desault s’ea

, , . 5*1 5 . J) estservipourj

constance bien plus remarquable, puisqu il s agit d un un anéanévrysme à rartère poplitée;Cette tunijeiir avait acquis po**-

le vphime d’un oeuf de poule d’Inde. Le ma^de , âgé de trente ans et de, tempérament sanguin et irritable , était d’un 'Caractère inquiet.; il souffrait de vives douleurs à la jambe et au pied , et surtout à la partie antérieure et inférienre. du tibia. Lorsqu’il eut été préparé, Desault rqpéra../Il fit une incision de cinquantequatre millimètres à.la partie supérieure de la tumeur, mit l’artère à nu, la sépara d’avec fe nerf, et il en -fit la ligature. Le pansement fut simple. . Trois heures après, Je rnalade .éprpuya dans la jambe un léger sentiment de froid, lequel duta peu, (fe temps , et la fièvre symptomatique qui s’éleva ^e fut pas tfèsTforte, Le sixième jour, Dés^ault, qui avait plac@ sous l’artèjfe; un \ fil d’atten te au-dessus du premier, s’en, servit pour faire une seconde ligmure; L’état de la plaie et celui du malade promettaient une guérison prompte. La tumeur avait perdu la moitié de son volume , et l’œdème de la

jambe-était dissipéiLl^restak-à désirer-qiie -la-cbttto de la ligature; elle arriva le dix-huitième jour. Le lendemain la plaie rendit une assez grande quantité de matière melée avec du sang, et il en résulta une disparition presque totale de la tumeur, signe manifeste de la crevasse du sac de l’anévrysme. Depuis pette époque , la plaie ne présenta plus qu’une ouverture fistule.use qui se cicatrisa en peu de jours. L’anévrysme a guéri;

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