SYMPTÔMES DES DIFFÉKEINTS SYSTÈMES
l'apparitio 11 des règles ; mais, comme ces deux symptômes, on la voit aussi l'eparaître à chaque retour menstruel , tandis qu'il est d'autres signes qui cessent pour toujours à ce moment.
L'intelligence , les facultés affectives , les penchants, sont quelquefois pervertis, exaltés, abolis, dénaturés aux approches de la menstruation. Nous avons noté quatre fois la folie. Le délire dans deux cas se manifesta d'une manière générale ; il fallut contenir les malades par la camisole de force. Dans deux autres cas , le délire fut caractérisé par le désordre d'un petit nombre d'idées. L'une de ces femmes voulait se noyer. Tous ces phénomènes disparurent avec l'établissement des menstrues. La manie du suicide est fréquente à l'âge de puberté. En parlant des maladies, nous discuterons l'opinion des auteurs qui veulent que la folie dépende toujours d un désordre de cerveau ; mais dès à présent nous n'hésitons pas à dire que la menstruation est, dans quelques circonstances, le véritable point de départ du dérangement de l'esprit ; plusieurs fois nous avons noté des actes singuliers , des bizarreries , des originalités.
Obs. y. — Une jeune personne présenta pendantprès d'un an de véritables absences d'esprit; elle restait immobile, l'œil fixe , on eût dit que toutes ses facultés étaient suspendues , enchaînées. Puis elle sortait tout à coup de cette espèce de catalepsie , reprenait la conversation au point où elle l'avait laissée , sans s'apercevoir de cette suspension momentanée de l'intelligence. La famille effrayée consulta beaucoup de médecins; on fit des remèdes variés qui n'apportèrent presqu'aucun changement dans la situation de cette demoiselle; mais les accidents ne tardèrent pas à se dissiper lors(iu(î les règles eurent défini- «ivoment pris leur cours.
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L'aliénation est beaucoup moins commune que les changements d'humeur et de caractère. La tristesse est une des modifications qu'on observe le plus souvent. Les jeunes filles perdent leur gaîté, elles renoncent à leurs jeux , s'éloignent de leurs compagnes. Leurs traits restent immobiles, ne se dérident plus. Elles sont mélancoliques, inquiètes , ont des idées noires , recherchent la solitude. On les voit se fâcher pour la moindre chose , être de mauvaise humeur , s'impatienter. Plusieurs deviennent chagrines , paresseuses , ou rougissent à chaque mot. A l'époque de la puberté , dit Spurzheim , beaucoup de filles d'une constitution délicate , ayant des dispositions précoces et une imagination exaltée , deviennent mélancoliques, inactives, indifférentes aux objets qu'elles cherchaient auparavant, par exemple à la propreté du corps et des habits, aux démonstrations amicales, etc. Elles finissent trop souvent par tomber dans une apathie générale ou la démence (1).
L'influence de la menstruation sur les sens se remarque dans quelques circonstances. On a constaté la perversion de l'odorat , du goût ; nous avons observé la surdité. Le lait le plus remarquable est celui d'une jeune fille qui pendant les six semaines qui précédèrent l'apparition des règles, fut privée de la vue tous les matins ; ce phénomène ne se reproduisit plus après fécoulement sanguin.
Les fonctions de la sensibilité et de la motilité sont assez souvent modifiées. Nous avons déjà indiqué les altérations de la première de ces fonctions. N'oublions j)as de signaler l'impressionnabililé , l'irritabilité et la inotilité d'un certain nombre déjeunes filles; dansquol-
(1) Spuizlieim , Observaiions sur la folie , ou sur les d^rangemcnls des fonctions kHoiaks et inlelkcliicHcs de l'homme. Piiris. 18.J8, yvcc 2 planchrs, \\ 150.
SYMPTOAIES DES DIFFEKE^T^^ SYSTEMES. Di
quescas, il y a un véritable état douloureux delà sensibilité générale.
La motilité offre des désordres variés et qui se révèlent par les convulsions , la catalepsie , l'hystérie ., 1 epilepsie, et d'autres affections nerveuses convulsives. M. Beau, dans ses Recherches statistiques pour servira l'histoire de l'èpilepsie et de l'hystérie (1) , a montré que l'époque de la menstruation est celle où ces deux maladies ont apparu en plus grande proportion ; il résulte également des observations de ce médecin , que l'épilepsie retarde le moment de la puberté. Nous avons observé une jeune fdle qui pendant un an eut tous les mois une attaque d'épilepsie; cette maladie cessa avec les règles. LouyerWillermay, dans son excellent Traité des maladies nerveuses, a a[)pelé l'attention sur une variété de l'hystérie , bien digne de remarque, et dont l'observation suivante donnera une idée suffisante.
Obs. yi.— Mademoiselle... , âgée de 14 ans , douée d'un embonpoint modéré , très-gaie , et dont l'extérieur annonçait la santé, avait eu dans son enfance le ventre gros, disposition qui disparut à 7 ans; plus tard elle était devenue sujette à des palpitations, à de l'oppression, à laquelle se joignait souvent un embarras , une sorte de resserrement dans la gorge , qui , de la région de l'estomac , se portait au larynx , et alla toujours en augmentant jusqu'à 12 ans. On combattit ces accidents par l'usage d'une potion antispasmodique avec l'opium gommcux (l/2gr. et l'ctlier) , l'application des serviettes chaudes autour du bassin; les bains de siège tièdes, un régime tonique, une bonne rôtie au vin pour souj)er. On prescrivit condition-
(I) Arcliivcs ijcncratc-f de médecine, W* série, liv, xi, juillet 1836.
58 DK LA MElNSTilUATIUN.
nellemeiit des sangsues à la vulve. L'application méthodique de ces remèdes amena une diminution rapide des accidents. Trois mois après , l'apparition des règles lut le signal d'un entier rétablissement.
Les défaillances, la perte de connaissance, les syncopes ne sont pas très-rares (l/i fois). 11 est des jeunes fdles qui se trouvent quelquefois mal , d'autres ont de fréquents évanouissements. Nous avons connu une jeune personne qui avait jusqu'à dix syncopes par jour ; une autre tombait roide comme une barre de fer; une troisième chancelait comme une femme ivre.
Dans deux cas, nous avons observé la coïncidence de la paralysie de la vessie et de la paraplégie avec les phénomènes précurseurs du flux menstruel
Système circulatoire, — Les altérations de la circulation sont aussi fort communes et méritent de fixer l'attention. Si le système nerveux occasione un grand nombre de céphalalgies , la pléthore , comme nous l'avons déjà dit, n'en est pas moins fréquemment la cause. Les étourdissements , les signes de congestion, les envies continuelles de dormir, la sensation de lourdeur , de pesanteur , démontrent assez l'influence de ce système. C'est encore à son excitation plus grande qu'il faut rapporter ces feux , ces colorations , ces chaleurs du visage que présentent une proportion assez considérable de jeunes filles. Les palpitations de cœur , la difficulté de respirer , l'oppression , peuvent également se rattacher aux troubles delà circulation; mais ces symptômes sont souvent aussi sous l'influence nerveuse. Les désordres du centre circulatoire , si fréquents chez les jeunes personnes, et qui pourraient en imposer pour xma maladie de cœur, consistent tantôt en des étouSTemen's, des palpita-
SYJIPTÔHliS Di:S DIFFÉUEJiTS SVbTÈJlES. 59
tions ; tantôt en des gênes , des douleurs précordiales. Quelques-unes sont continuellement essoufflées ; chez d'autres, ces symptômes n'existent que tous les mois. La pierre de touche est l'apparition des règles.
Obs. Yll. — Une jeune personne fut atteinte d'une dyspnée considérable et de fortes palpitations; elle ne pouvait se livrer à aucun exercice , entreprendre aucun travail, sans éprouver de violentes suffocations. Elle avait la migraine tous les deux jours. Ces phénomènes duraient depuis quelque temps, lorsque les règles se montrèrent à quinze ans. A peine l'écoulement eut-il pris son cours , que ces accidents cessèrent ; lorsque nous la vîmes , il y avait seize ans que la période menstruelle était établie , et, depuis cette époque, aucun des symptômes de la première apparition n'avait eu lieu. L'examen le plus attentif ne nous révéla aucun désordre fonctionnei du côté du cœur. Ce fait, qu'on pourrait joindre à d'autres , n'est point sans intérêt pour l'histoire de l'asthme.
L'alflux du sang vers les yeux s'observe assez souvent aux approches de la puberté. Nous avons plusieurs fois été consulté pour des ophthalmies rebelles à tous les traitements, et qui se dissipèrent comme par enchantement avec la nouvelle fonction. Une jeune fille qui avait des ^u^ions répétées, fut débarrassée de cet accident par les règles ; une autre , d'une forte constitution , fut parfaitement menstruée après une hémorragie oculaire abondante. Les écoulements sanguins par la vulve ne sont pas très-rares à cette époque. Parmi les différents laits que nous avons recueillis, nous citerons les suivants : lue jeune fille fut prise tout à coup d'une perte abondanle (|ui ne s'arrêta qu'au bout de six semaines ; à dater de ce moment, les règles se montrèrent régulièrement.
<ïO BE LA MENSTRUATION.
Chez d'autres, l'hémorragie parut plusieurs mois d'une manière irrégulière, puis les règles s'établirent définitivement.
L'afflux sanguin peut se faire vers d'autres organes. Les maux de dents sont un phénomène asse? commun. Nous avons observé dans un cas le gonflement des lèvres.
Parmi les désordres de l'appareil circulatoire, nous devons surtout distiijguer les hémorragies nasales et la fièvre ménorragique,
L epistaxi^ ou saignement de nez s'observe très fréquemment (33 fois). Il peut être annoncé par des pesanteurs , des lourdeurs de tête , par une coloration plus vive du nez , par une tuméfaction de cet organe. La quantité de gang qui s'écoule est parfois bornée à quelques gouttes ; dans d'autres cas elle est très-abondante ; dans une de nos obnervatiops elle était si considérable, que la jeune filte en était ipondée. Ces hémorragies répétées , et qiîi persistèrent pepidant un temps assez long , «IFrirent cette particularité, que la malade n'en fut aucunement affaiblie ; elles cessèrent entièrement avec l'apparition des menstrues. Dans plusieurs circonstances , l'hémorragie nasale se renouvela tous les jours. La plupart de ces épistaxis s'arrêtèrent avec l'établissement du flux menstruel; d'autres devinrent de plus en plus rares , à mesure que cet écoulement se régularisa ; qnelques-unes , mais en très-petite portion , continuèrent avec les règles, Chez un certain nombre de femmes qui avaient eu des hémorragies aasales aux approches de la menstruation , nous avons vu plusieurs fois se manifester des hémoptysies , et plus tard les symptômes de la phthisie pulmonaire.
La fluxion sanguine qui a Ueu vers lutérus détermina