X INTRODUCTION
femmes. L'époque de la ménopause peut avoir lieu tout à coup sans que la santé soit compromise.
Parmi les phénomènes de l'âge critique , il en est un qui mérite toute l'attention des praticiens , c'est la métrorrhagie utérine. Les faits nombreux que nous avons cités démontrent que ces pertes énormes ne sont souvent liées à aucune maladie de la matrice, et que les femmes s'en rétablissent très-bien , quoique quelques - unes en aient été incommodées pendant quinze années de leur vie.
Les synaptômes du flux menstruel ne cessent pas toujours avec la ménopause ^ nous avons rapporté un certain nombre d'exemples qui attestent que quelques-uns d'en tr'eux peuvent se reproduire périodiquement pendant un temps plus ou moins long. Ce chapitre est terminé par des considérations relatives à l'hygiène de la ménopause i comme celle de la menstruation , nous l'avons divisée en moyens hygiéniques , philosophiques et thérapeutiques.
Tous les médecins ont remarqué que les femmes étaient sujettes à un écoulement blanchâtre que l'on a désigné sous le nom de flueurs blanches ^ nous l'avons examiné dans ses rapports avec les menstrues. Ces recherches nous ont permis d'établir quelques données sur le nombre des femmes atteintes de leucorrhée avant et après les époques , de constater si cet écoulement était un obstacle à l'apparition des règles, s'il influait sur la fonction lorsqu'elle était établie , si le dérangement de celle-ci avait quelqu'influence sur les flueurs blanches. Nous avons encore noté que le mariage , l'accouchement, l'allaitement, l'habitation dans les grandes villes, l'aménorrhée , modifiaient les flueurs blanches , et que dans quelques cas cet écoulement remplaçait le sang menstruel.
La deuxième partie de notre travail, conforme d'ailleurs au programme , avait pour but de faire connaître l'influence que la menstruation exerce sur les maladies , et celle qu'elle en reçoit. Ici nous manquions de ces traités plus ou moins didactiques qui ont été publiés sur l'histoire physiologique de la menstruation. Des documents , nombreux sans doute, mais épars dans une multitude d'ouvrages, et d'un accès difficile, étaient les seuls matériaux qui pussent nous servir. Nous les avons consultés autant qu'il nous a été possible 5 mais nous nous sommes surtout aidé de nos propres recherches, et nous aimons à croire que ce travail ne sera pas sans quelque fruit pour la science,
tMTHODUCTlON. XI
Cette seconde partie comprend deux sections qui se subdivisent elles-mêmes en plusieurs autres. Dans la première , nous traitons de l'influence en général des règles sur la menstruation , de l'influence de la première apparition et de la ménopause sur l'état pathologique ^ enfin de l'influence des règles sur la marche et la terminaison des afiections morbides.
Dans la deuxième section, nous faisons connaître l'influence en général des maladies sur les règles , et celle des affections aiguës et chroniques sur cette fonction.
Nous prouvons l'influence des règles sur les maladies par l'examen des lésions de la menstruation , que nous avons ainsi classées : 1° Aménorrhée primitive, par cause locale, par suppression 5 2" Dysménorrhée; 3° Déviation des règles j 4°Ménorrhagiej 5° Métrorrliagie; 6° Chlorose.
L'examen de ces différents désordres du flux hémorrhagique ofi're une foule de particularités intéressantes. Ainsi , en parlant de l'aménorrhée, si féconde en considérations pratiques, nous avons fait la description de deux utérus de femmes qui n'avaient jamais été menstruées. Une observation fort curieuse, et qui nous a été communiquée par M. Récamier , nous paraît établir d'une manière péremptoire le rôle de la menstruation dans la fécondation. Quant aux causes de l'aménorrhée, nous les avons divisées en physiques et en morales , puis nous avons étudié leur influence réciproque , et fait connaître les conséquences que cette suppression avait sur la santé.
Des médecins, instruits d'ailleurs, avaient nié l'action de l'aménorrhée sur la folie; l'observation attentive de cette gravé maladie nous a prouvé que les désordres de la menstruation étaient quelquefois l'unique cause de la folie. Parmi les accidents nombreux auxquels donne lieu l'aménorrhée , nous avons rapporté deux faits d'hypertrophie générale des tissus; cette altération , rarement observée , trouvait évidemment sa place dans ce chapitre.
La dysménorrhée, qui se distingue de l'aménorrhée par ses symptômes , se montre à des époques que nous avons indiquées ; elle nous a présenté chez les religieuses cloîtrées quelques pari icularités que nous nous sommes empressé de consigner , parce qu'elles nous ont paru peu connues.
La chlorose , sur laquelle tant de théories ont été faites , offrait quelques points à étudier. Voici ceux sur lesquels ont porté nos recherches : La chlorose est-elle une affection gêné-
H INTRODUCTiOÙ'.
raie ou locale? Consiste-t-elle dans une altération du sang, ou du sysième nerveux? Est-eîie liée à l'aménorrhée des flUes pubères? Est-elle effet ou causedu défaut de la menstruation? Quelle est ia nature de la chlorose?
Une des singularités que présente la menstruation , c'est le déplacement de ce flux qu'on voit se faire par toutes les parties du corps. Nous avons rapporté l'observation d'une dame chez laquelle la déviation persista pendant toute la période utérine malgré un accouchement heureux. Dans la déviation comme dans l'aménorrhée , nous avons vu les symptômes du molimen hémorrhagique avoir lieu sans que l'écoulement sanguin se manifestât. Une remarque qui n'est pas sans quelqu'importance pour la pratique, c'est que les hémoptysies n'ont pas chez les femmes la même gravité que chez les hommes.
L'habitude contractée par la matrice de verser périodiquement des quantités plus ou moins considérables de sang , la prédispose aux hémorrhagies 5 tantôt ces pertes sont des exagérations du flux ordinaire (ménorrhagie) , tantôt elles constituent de véritables hémorrhagies ( métrorrhagie ) . Ces évacuations sanguines, dont nous avons déjà dit quelques mots, se montrent surtout au temps critique, et leurs caractères ont alors beaucoup d'importance, car dans un assez grand nombre de cas| on peut les considérer comme de véritables dégorgements, après lesquels la femme est complètement rendue à la santé. Plusieurs maladies, et en particulier celles qui modifient la circulation abdominale, déterminent souvent les pertes utérines. La terminaison heureuse des maladies est quelquefois due à cette hémorrhagie. Les filles impubères sont sujettes à des pertes qu'on a prises pour des règles prématurées. Au nombre des causes qui favorisent l'établissement des hémorrhagies , il ne faut pas oublier les constitutions médicales. Quelques préceptes viennent terminer ce chapitre.
Jusqu'alors nous avons considéré les désordres de la menstruation dans leurs rapports avec les lésions principales de la fonction i c'était, en effet, dans le lieu même où elle s'exécute normalement que nous devions constater ses états pathologiques. Mais à mesure que nous avançons dans notre sujet, le champ des recherches s'agrandit. Aussi , au lieu de nous circonscrire dans le cercle étroit de quelques affections, avonsnous considéré l'influence des règles sous le triple point de vue de la première apparition , de la période utérine et de la