INTRODUCTION. XIII
ménopause. Un fait qui nous a frappé dans celle étude, c'est l'action delà première menstruation sur les maladies^ presque toujours les états morbides de cette époque ont été guéris ou améliorés. Mais l'influence de la période de cessation nous a offert des résultats beaucoup plus marqués.
C'est au temps critique, en effet, qu'on voit survenir les pertes utérines, le squirrhe, le cancer et les ulcérations cancéreuses. La multiplicité de ces graves affections à cette période de la vie, nous a engagé à faire une étude plus approfondie des causes qui paraissent y prédisposer davantage. Voici une énumération rapide des plus importantes : Unions prématurées . rapprochements trop fréquents , trop immédiats, à toutes les époques, disproportions des organes sexuels, abus des plaisirs de l'amour, excès de libertinage. Mais si ces causes sont réellement puissantes, il faut aussi reconnaître que ce moment est redoutable pour les affections cancéreuses , et qu'il y a ici comme partout une idiosyncrasie.
La ménopause ne détermine pas seulement des affections locales et générales , elle a une action spéciale sur les maladies existantes, qu'elle réveille dans un certain nombre de cas :, par opposition elle exerce une heureuse influence sur des affections qui avaient résisté à tous les traitements.
Lorsque le (lux menstruel a cessé de se montrer , on voit quelquefois les autres symptômes reparaître, pendant un temps plus ou moins long, aux époques ordinaires.
Une question importante, et qui se rattache à l'influence de la ménopause , est celle de la proportion des affections de l'utérus sur la mortalité du temps critique. La statistique nous a été ici d'un grand secours 3 sur 60 femmes atteintes de maladies de l'utérus dont nous avons examiné les observations, 12, le cinquième, avaient été prises d'affections cancéreuses à l'époque critique. Le dépouillement de 6,825 bulletins de femmes entrées à la Maison royale de santé , a donné à M™*" Boivin 707 aflections cancéreuses, dont 409 de l'utérus. De ces dernières, 303 s'étaient développées de 30 à 50 ans. Le docteur Tanchou a trouvé que sur 2,568 femmes , mortes à Paris de maladies sexuelles , 1500 avaient péri du cancer utérin. Sur ce nombre, le chiffre le plus élevé de la mortalité est de 40 à 50 ans. Le professeur Siebold , de Berlin, a également montré que les maladies de l'utérus étaient fort communes à cet âge:^ il pense, comme M. Tanchou, qu'elles ▼ont en augmentant. Eniin Dupuytren , qui avait beaucoup