CAUSES DES RÈGLES
iaire. Jœrg est le premier qui ait signalé la présence dans ce cas sur les parois utérines de villosités d'apparence vasculeuse et comme fongueuse (1). Lorsque nous parlerons du but de la menstruation , nous reviendrons sur le rôle important des ovaires.
M. le docteur Valleix, dans l'analyse qu'il a faite de l'ouvrage de M. Gendrin, signale l'analogie que présentent les idées de ce médecin avec celles de M. Négrier, professeur d'accouchements à Angers. Nous ferons toutefois observer que le travail de ce professeur n'a point été imprimé , et qu'il n'était connu que d'un petit nombre de médecins. Quinze observations servent de base à ses recherches , dont il a tiré des conséquences semblables à celles de M. Gendrin. Il a même fait graver des planches qui représentent les modifications de l'ovaire aux époques menstruelles. Suivant M. Négrier, les vésicules existent déjà à l'âge de 3 à 6 ans, mais alors elles sont très-petites et ont la forme d'un globule contenant une gouttelette de sérosité; elles sont situées profondément ou vers le bord adhérent de l'organe. De 6 à 8 ans , elles commencent à devenir plus superficielles , et viennent se ranger en cercle vers le grand bord de l'ovaire. De 7 à 10 ans, elles augmentent de volume, et ne peuvent plus être contenues dans leur loge ; elles se phssent et deviennent comme pulpeuses. Vers 12 ans, elles sont beaucoup plus faciles à apercevoir , car elles perdent leur transparence et deviennent grises ou blanchâtres. Enfin un médecin anglais vient de pubher un travail qui a quelques points de contact avec ceux de ces deux médecins (2 ) .
1^ GruHdlinien , Zu eincr allgemeinen physiologie dennenschen , p. -177.
(2) Praclical observations on 'Viseascsof women by Vl'^illiaui Jones. M. R. (1. S. IlliistrntPd wilU ra^es atifl c\|)lanatory ])lales, London. Fcbruary, '1S39 , in-S", p. 226,
436 DE LA MliNSTnUATlOJf.
La théorie de M. Gendrin est sans contredit la plus ingénieuse de toutes celles qui ont été publiées sur la cause de la menstruation ; mais en admettant que l'expérience Tienne la sanctionner, il faut encore reconnaître que la menstruation ne se borne pas à ce phénomène , et qu'il se développe chez les femmes une véritable diathèse hémorrhagique. Voyez ce qui se passe dans l'aménorrhée primitive ou secondaire ; fort souvent le sang se fait jour par une voie insolite. Que de fois n'avons-nous pas trouvé dans les recueils d'observations de FHôtel-Dieu, des déviations qui s'étaient faites par les plaies. Le registre du docteur Fournier d'Arras en contient de nombreux exemples. L'influence des émotions est une nouvelle preuve en faveur de cette disposition hémorrhagique. Une femme perd son mari , à l'instant elle a unehémorrhagie ; une autre a cessé de voir depuis vingt ans ; sa fille meurt , im écoulement sanguin a lieu par la vulve. Nous donnons nos soins à une dame chez laquelle les règles sont passées depuis quinze années, et qui, atteinte depuis quatre ans d'un cancer ulcéré de la peau du sein , voit tous les mois quelques gouttelettes de sang sortir par cette plaie.
Lordat pense que les évacuations des femmes ne sont pas essentiellement dépendantes de l'action de l'utérus, mais d'une disposition qui existe par elle-même , et dont cette action peut provoquer les eflets. S'il était permis , ajoute 4-il, de conclure" d'une seule observation^ la disposition aux efforts périodiques semblerait pouvoir se transmettre par une sorte de contagion.
Un jeune homme, dit Hoin, avait au doigt indicateur un ulcère qui revenait tous les mois. L'origine de cet ulcère est digne d'attention. Le jeune hoomie avait été légèrement blessé au doigt, et en cet état, il l'avait introduit
ÉPOQUE DR l'aRUIVÉE DES RÈGLES. 137
dans les parties naturelles d'une femme au moment de ses règles. Le premier effet de cette imprudence fut une vésicule qui suppura et guérit spontanément. L'on vit le même accident se reproduire chaque mois (1).
La disposition iiémorrhagique que nous signalons ne nous paraît point liée à un tempérament quelconque, car nous l'avons vue s'associer avec tous, et coexister avec une asthénie profonde, et même avec l'anémie. Les recueils de médecine renferment plusieurs observations qui semblent prouver qu'elle peut se transmettre par voie de génération.
Les variétés de pouls qu'on a constatées chez les femmes à l'époque de leurs règles se rattachent à cette disposition hémorrhagique , tantôt locale, tantôt générale. Cette diathèse nous paraît suffisamment prouvée par le frisson , le resserrement général , la pâleur de la peau, les engourdissements des membres, et le mouvement fébrile. Ainsi, deux ordres de faits : 1° l'évolution de la vésicule ovarienne et l'hémorrhagie utérine ; 2" l'état hémorrhagique général.
Époques du jour et de la nuit auxquelles les règles arrivent le plus ordinairement.
L'examen du nombre de jours qui séparent les périodes menstruelles les unes des autres, la fixation de ces époques , celle des jours, quand elle était possible, nous a engagé à chercher l'instant du jour ou delà nuit auquel les règles arrivent le plus ordinairement.
221 femmes ont été interrogées sur ce point, et d'après les réponses qu'elles nous ont faites , nous les avons partagées en cinq catégories.
(1; Lordal, TraUi- des hcniorr/infjics. Paris, 181S, p. ly" et suivaiilcs, el Hoin cité par Médiciis, Mol., p. 50. \r>ir drs rait-î niialngues rilcs par BiiilhcT;, Scù'vn <it l'homme , 257,
138 DE LA MEiVSTRUATIOr}.
i " CATÉGORIE. Femmes réglées le jour. — La première comprend celles qui ont été réglées le jour ; elles sont au nombre de 110; sur ce chiffre, 29 ont été constamment menstruées le jour ; 2o , tantôt le jour , tantôt la nuit , mais d'abord le jour; /i3, plus souvent le jour que la nuit; 15, quelquefois le jour , quelquefois la nuit. Un grand nombre de ces femmes avaient été réglées pour la première fois le jour , et chez plusieurs d'entre elles , ce phénomène avait eu lieu lorsqu'elles travaillaient dans les champs , ou qu'elles se livraient à des occupations quelconques , à des exercices , etc.
Le plus ordinairement , l'écoulement reparaissait pendant la marche ou pendant leurs travaux habituels , surtout lorsqu'elles s'étaient fatiguées ; quelques-unes avaient si bien senti l'influence de la marche et de l'exercice, qu'elles avaient recours à ces moyens lorsqu'elles souffraient ou qu'elles éprouvaient quelques retards.
Dans certaines circonstances , le lit suspendait l'apparition des règles ; et pour les faire venir, les femmes n'avaient qu'à se lever et à marcher pendant quelques instants.
Une femme nous a raconté que depuis sa couche , qui avait eu lieu il y avait neuf ans, ses menstrues arrivaient constamment le jour, tandis que précédemment elles ne s'étaient jamais montrées que la nuit.
2'"*" CATÉGORIE. Femmes réglées la nuit. — La seconde catégorie , composée des femmes dont les règles viennent la nuit, renferme 89 individus; sur ce nombre, 25 ont toujours été menstruées la nuit ; 26 tantôt la nuit , tantôt le jour; o8 plus souvent la nuit; le chiffre des femmes qui voient constamment la nuit est à peu près le même que relui des femnies qui ne son! réglées que le jour.
ÉPOQUE DE l'arrivée DES RÈGLES. 139
Dans un de ces cas , les règles arrivaient à l'improviste, et coulaient presque aussitôt comme une perte.
Dans la troisième catégorie]^ sont comprises celles qui sont réglées le matin ; elle contient 46 personnes , dont 20 étaient menstruées en se levant, 16 dans la matinée, 6 tantôt le matin, tantôt la nuit ; 2 le matin^u dans la journée ; une de ces femmes en sortant de son lit était aussitôt réglée , et le sang coulait en abondance.
Dix individus seulement forment la quatrième catégorie, dans laquelle les règles ne se sont montrées que le soir.
Enfin , la cinquième et dernière renferme 26 femmes , qui n'ont pu nous donner aucun renseignement.
11 ne faut point perdre de vue que les doubles emplois ont augmenté le nombre de cas.
Les résultats de ces différents chiffres , sans être concluants , offrent cependant quelques remarques intéressantes ; le retour de l'écoulement , qu'il avance , retarde , se montre à jour fixe, ne paraît pas changer d'une manière bien sensible l'instant du jour ou de la nuit auquel viennent les menstrues.
Le jour paraît être l'époque la plus favorable à l'apparition des règles , chez les femmes robustes , ou qui font beaucoup d'exercice ; c'est du moins pendant cette période que nous avons constaté le plus grand nombre de menstruations dans cette classe. Ce résultat est évidemment dû à la marche , aux occupations , aux travaux , aux exercices , en un mot à l'activité la plus grande. La conclusion de ces faits est qu'une gymnastique bien ordonnée doit nécessairement faciliter l'arrivée des règles.
(^hez les femmos délicates , qui font peu d'e\ercice , chez celles qui sont aisément réglées, la fonction semble s'effectuer plus facilement la iniit; nous avons observé que
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les menstrues qui apparaissent constamment la nuit, étaient aussi fréquentes que celles qui se montrent constamment le jour.
Chez un certain nombre de femmes, le moment de l'arrivée des règles présente beaucoup de variétés ; ainsi , nous avons successivement noté chez deux femmes leur apparition le matin , l'après-midi , trois fois le matin , deux fois l'après-midi; le plus ordinairement la nuit.
La recherche de l'époque du jour ou de la nuit à laquelle se fait l'écoulement sanguin , peut conduire à quelques indications thérapeutiques utiles, sous le rapport du moment où il convient d'administrer les remèdes dans le cas de maladies , de suppressions , ou lorsqu'il s'agit de hâter le retour des règles.