‹ De la menstruation, considérée dans ses rapports physiologiques et pathologiquesChapitre 45 sur 120 · KFLUE^•CE DU MARIAGE, DE LA GROSSESSE, ETC · texte numérisé non relu

KFLUE^•CE DU MARIAGE, DE LA GROSSESSE, ETC

On dit que certaines professions diminuaient beaucoup la quantité des règles, et dans ce nombre on a cité les cantatrices et les danseuses (1). L'âge a la même influence ; la menstruation est en effet moins abondante chez beaucoup de femmes à mesure qu'elles deviennent moins jeunes.

Chez les jeunes mariées, les premiers rapprochements sont souvent suivis du retour des règles. On voit ce flux se montrer pendant deux ou trois jours , et quelquefois plus long-temps. Presque toujours les femmes qui ont présenté ce phénomène deviennent aussitôt enceintes. Chez cinq jeunes dames qui ont pu répondre à nos questions sur ce sujet , la fécondation a suivi le retour insolite de la menstruation. Nous avons vu plusieurs fois chez de jeunes dames le cours des règles offrir de grandes différences d'une époque à l'autre ; ainsi elles coulaient abondamment à une période, et à la suivante elles venaient en petite quantité, pâles, décolorées. D'autrefois elles déterminaient de vives douleurs. Dans quelques circonstances elles reparaissaient avec tant de force, qu'elles simulaient une perte , et qu'il en résultait un véritable état de faiblesse. La santé de ces dames, l'absence de tout signe du côté de l'utérus, ne permettaient pas d'attribuer ces changements successifs à une maladie ; la raison ne pouvait en être cherchée que dans leur organisation nerveuse et impressionnable.

La constitution et le tempérament doivent être pris en considération : les femmes nerveuses, mélancoHques, biheuses, sont, en général, réglées très-fortement; les femmes lymphatiques ont quelquefois des règles très-abondantes . surtout avec un fluide muqueux. Les personnes robustes, obèses, celles qui font beaucoup d'exercice, sont souvent peu menstruées, et souffrent impunément des interruptions.

(1) A. Forestus , liv. XXVHI, obs. 1.

(.l'est ce qui avait été remarqué dès la plus haute antiquité chez ces femmes qu'on désignait sous le nom de viragines (hommasses), probablement les mêmes qui réclament de nos jours l'exercice de leurs droits, et veulent à toute force qu'on les émancipe. Voici les paroles d'Hippocrate : retentis mensibuSi mulieres sœpè deformantur ethirsutœ fiunt, et barbant ac virilem habitum contrahunt (de morb. muL). Comment de pareils êtres pourraient-Ds, en effet, se résoudre à rester sous le toit domestique, à vivre retirés, à ne s'occuper que des soins de famille , et à nous consoler de nos chagrins?

Quant aux influences de la température, du climat, du genre de vie, de l'éducation, etc. , elles sont trop généralement connues pour que nous y insistions; on peul cependant dire que le flux menstruel est plus abondant dans les pays chauds, et qu'il n'est pas rare de l'observer deux fois dans le même mois. Durétus, cité par Haller, p. 255, avait remarqué que chez les femmes ardentes le retour bimensuel de l'écoulement était une disposition assez commune. Chez une de nos clientes l'influence des saisons était évidemment appréciable depuis plusieurs années ; tous les étés elle avait quatre à cinq fois ses règles beaucoup plus abondantes qu'en hiver.

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