‹ De la menstruation, considérée dans ses rapports physiologiques et pathologiquesChapitre 47 sur 120 · QUALITÉS DU SANG MENSTRUEL · texte numérisé non relu

QUALITÉS DU SANG MENSTRUEL

talent à peine écoulés, qu'il ne restait plus de traces de cet accident, qui eût été une bonne fortune pour les afficheurs de Paris.

Gardien a observé que les femmes bilieuses avaient, avant et après leurs règles, des évacuations lymphatiques qui irritent et même excorient les parties. On peut donc dire d'une manière générale que le rapprochement est mauvais pendant les menstrues, qu'il peut donner lieu à des inflammations, augmenter la susceptibilité, les écoulements, les hémorrhagies graves et les maladies du coL Aussi, sous ce rapport, le législateur des Hébreux avait-il eu raison de le proscrire.

D'autres praticiens ont attribué au sang menstruel des pi'opriétés médicinales pour la guérison de presque toutes les maladies ; l'expérience démontre combien cette manière de voir est contraire aux faits.

Mais comme l'a très-bien dit Fourcroy (1), eu séparant ce que l'opinion des anciens a d'erroné et d'exagéré, elle présente à l'observateur impartial quelque chose de vrai qu'il faut approfondir par des expériences exactes, au lieu de nier ce que l'on n'a point conçu.

Il est certain que les qualités du sang offrent à chaque instant des variations dans la couleur, la force et la quantité, d'une époque à l'autre, ainsi que nous l'avons dit plus haut ; il est alternativement très-rouge, rougeâtre, pâle, comme de l'eau, noir, épais, visqueux, fluide, sans qu'on puisse aprécier les causes de ces changements nombreux. Mais, dans d'autres circonstances, on peut saisir une espèce de Maison entre cette altération et l'état morbide de l'utérus ou l'impression produite sur le système nerveux ;

(1) Fouicroy, Sijstcme des connaissances vkimi<iucs, t. IX, p. 152.

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ainsi, quand une lemnie éprouve une violente couli ariété, ses règles diminuent de quantité ou deviennent plus abondantes, s'altèrent dans leur couleur. Dans le spasme le sang menstruel change subitement, devient pâle. Quand l'utérus participe à l'état scrofuleux, les règles s'établissent avec peine, elles sont peu abondantes, irrégulières; le sang est moins rouge, moins consistant, comme après les grandes hémorrhagies, les maladies longues, ou bien il est épais et noir. Chez les personnes cliloroliques il devient aqueux, à peine teint, ou ne laisse qu'une légère trace jaunâtre. Celte règle n'est point cependant sans exception, car, dans le service de M. Magendie, nous avons observé une chloroîique dont le sang paraissait très-normal

Dans les affections syphilitiques il est souvent décoloré, pâle. Chez les scorbutiques, les femmes atteintes de la fièvre typhoïde , de maladies éruptives avec symptômes ataxiques , adynamiques , il est quelquefois noirâtre, fétide, etc.

Enfin le sang menstruel peut subir une multitude d'altérations dépendantes de lésions pathologiques, mais qui malheureusement ne nous offriront pas de renseignements bien exacts, avant que la composition des véritables éléments du sang ne nous soit parfaitement connue (1).

Hippocrate a cherché les moyens de faire apprécier ces divers états; voici ce qu'il a écrit sur ce sujet :

« In ablutione autem considerandiim qualia sintdetrita » lintea ubi in sole ressicata fiierint, quod tamen umbraieli « loco optimiin fuerit^ si igitur pituila. Mucosa erunt lin- » tea : sinpropter sangiiinem et bilem„ tumfulva, lum su- » blivida erunt.

(1) Lecanu, Etudes chimiques sur le sang humain, p. 93. Paris, 1S37, iii'4''.

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