‹ De la menstruation, considérée dans ses rapports physiologiques et pathologiquesChapitre 48 sur 120 · QUALITÉS DU SANG MENSTRUEL · texte numérisé non relu

QUALITÉS DU SANG MENSTRUEL

» Quidquid inest in mensibus vità id submovendum, si » tiim pituitosi sunt et sanie perfusi, tenues mit albi, si n grumosi atque etiam nigri ac carbimculosi , aut caiigi- » nosi, acres saisi returbidi, puridenti. Hœ omnes causœ » qiiod uteri canceptum impediiintpenitiis toUendœ. » [Hip- » pocrates , de morb. mul.).

La théorie des humeurs se retrouve dans ce passage, mais il offre quelques conseils qui ne sont pas à dédaigner.

Les ouvrages de médecine contiennent un certain nombre d'observations où l'on a essayé de donner les caractères physiques et chimiques du sang des règles. L'on a dit qu'il était dépourvu de fibrine; cette disposition n'est point constante. Quelques auteurs lui ont trouvé un goût de souci ; quand il estpur et recueilli chez une femme propre et bien portante, il a une saveur légèrement salée ^ sui generis, et qui n'est point nauséabonde; sa viscosité nous paraît tenir, ainsi que le pensaient Haller et Désormeaux, au mucus du corps, du col de l'utérus, et à celui du vagin.

Dans un fait communiqué par M. DoUvera à une société de médecine de Paris, le sang accumulé dans l'utérus depuis un certain temps , était noir, délayé, inodore. Laissé en repos pendant huit heures, il ne forma ni caillot ni sédiment, et n'éprouva pas de changement dans sa couleur et dans sa liquidité. M. Toulmouche, médecin à Rennes, a analysé le sang d'une jeune personne , retenu par l'occlusion du vagin. Il était de consistance plus que syrupeuse ; semblable à une mélasse épaisse il fdait longuement. Lorsqu'on le faisait tomber de haut, sa couleur était d'un rouge brunâtre, analogue à cette peinture rouge, séreuse, conununc. Son odeur était nulle, même après vingt ou trente jours d'exposition à l'air. Au bout de ce temps, il ne s'était pas séparé la moindre portion de sérum ; sa visco-

site était la même, on ne remarquait aucun signe de putréfaction.

1° Traité par la potasse, le sang a perdu sa viscosité ; la liqueur, saturée par un acide, a agi de la même manière.

2" L'acide sulfurique lui a fait prendre une très-forte consistance ; l'acétate de plomb a agi de la même manière ; b" délayé dans l'eau, celle-ci n'a été que faiblement colorée ; li" en évaporant cette dernière elle s'est troublée ; 5° en y versant de l'alcool le même phénomène s'est produit, à raison de l'albumine contenue dans le liquide.

La seule diiférence du sang consistait dans l'absence totale du sérum, tandis que l'albumine combinée avec la partie colorante, se trouvait plus rapprochée, plus visqueuse, en un mot analogue au blanc d'œuf , ce qui empêchait qu'aucune séparation ne put se faire.

Dans une analyse faite par M. Thénard avec le sang d'une jeune fille opérée par M. Dupuytren, il trouva que le sérum manquait, tandis que l'albumine et le mucus prédominaient (1).

Les physiologistes disent que le sang menstruel ne se coagule pas , comme le fait par le repos celui des autres parties du corps humain. Hunter n'a pas indiqué la raison de ce fait. Lavagna l'a attribué au défaut de fibrine ; il prétend que le manque de fibrine rend le sang moins putrescible. Il expUque par-là l'affaiblissement peu considérable que produisent les règles trop abondantes, en comparaison des autres hémorrhagies (2). Déjà nous avons dit que cette explication ne pouvait point être admise dans tous les cas; qu'il y avait réellement des faits qui démontraient

(1) Archives générales de médecine, t. XIX, janvier 1829.

(2) Espcrienze soprà il sanguc mcnstrue.

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