‹ De la menstruation, considérée dans ses rapports physiologiques et pathologiquesChapitre 52 sur 120 · SIEGE DU SANG MENSTRUEL · texte numérisé non relu

SIEGE DU SANG MENSTRUEL

Quelques vraies que soient pour nous ces observations , il n'en est pas moins démontré que l'utérus est le siège de cette fonction. DéjàYésale, Littré, Mauriceau avaient vu couler régulièrement les menstrues par l'orifice de lutérus, chez les femmes qui avaient une descente de ce viscère.

Obs. lui. — Dans la dissection d'une femme pendue pour ses crimes , pendant la période menstruelle , Mauriceau trouva toute la cavité du fond de la matrice enduite de petits grumeaux de sang caillé , les vaisseaux plus gros jusqu'à son col , et même tous pleins de ce sang caillé vers les orifices qui se dégorgeaient dans le fond de l'utérus (1).

<i Vidimiis uterum crassiorem sangiiiiicm apertis in- » ternâ uteri parte venarum osciUis et manifeste patenti- » bus fiidisse... Vidi tamen bis in aliis ex venis cervicis » tantimij, non etiam in utero prodiisse et in aliâ contra » ex utero fluxisse, fréquentissimum tamen est ut ex utris- » que purgentur, nec non nisi prœter naturam ex alteru- » trâ ; cum obstrue tionem videantur fluxus itupedire (2).

Obs. LIY. — Nous disséquâmes, il y a environ un an, l'utérus d'unejeune femme qui était morte à l'époque de ses règles; elle n'avait point eu d'enfants. La matrice avait un pouce de longueur sur un pouce de large ; tout le tissu cellulaire sous-péritonéal qui recouvre l'organe, les trompes étaient d'un rouge assez intense, mais plutôt par plaques qu'uniformément. Le tissu de la matrice offrait une coloration rouge-brun dans toute son épaisseur. La face interne était fortement colorée, la pression en faisait sortir du sang, la teinte colorée existait aussi dans les trompes et es ovaires. De petites inégalités semblables à des villosités se voyaient en cet endroit à la partie interne de l'organe.

(1) Mauriceau, Des maladies des femmes grosses ou accouc fiées, liv. 1°', cliap. XVI, obs. 49.

(2) Spigellius, De humanâ corporis fabricâ, p. 174»

La matrice était évidemment tuméfiée ainsi que les ovaires. Les veines utérines et celles de l'ovaire étaient distendues par le sang.

Osiander a remarqué qu'à l'époque menstruelle les vaisseaux utérins augmentent de calibre, et qu'ils font saillie en manière de villosités sur toute la surface interne de l'organe.

Les preuves en faveur de cette origine se pressent en foule. Toutes les fois que l'utérus est occupé par le produit delà conception, les règles sont presque constamment supprimées ; quand le col est oblitéré, les règles s'accumulent dans la cavité de l'organe. Dans le prolapsus, l'exhalation sanguine se fait à travers le col ; dans le renversement de ce viscère on voit sourdre le sang par une infinité de points de la surface de la matrice; si l'on examine le col au spéculum pendant les règles, on aperçoit le sang qui suinte par cette ouverture. Les femmes dépourvues d'utérus n'ont pas de flux menstruel.

Toute l'étendue de la surface est-elle nécessaire à la fonction? C'est ce que semble résoudre négativement le fait de Dewees. Ce médecin rapporte l'observation extrêmement curieuse d'uuejeune femme chez laquelle la menstruation s'accomplit régulièrement et convenablement jusqu'à la mort. A l'autopsie l'utérus n'offrit de sain qu'une portion de la grandeur d'un ongle; tout le reste était dans un état de maladie fort avancé (ij.

Si la matrice est véritablement le lieu où se fait l'exhalation sanguine, est-elle la seule partie essentiellement active? Nous ne saurions adopter cette opinion qui nous paraît beaucoup trop exclusive pour quiconque a étudié avec soin le dévelopjpement des organes générateurs. 11 est certain qu'àl'é-

[i) The cycloprdia of pr aciicdt mnlicinc . p. IJO et «uivaiilcs, vol. III.

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