‹ De la menstruation, considérée dans ses rapports physiologiques et pathologiquesChapitre 56 sur 120 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Hygiène de la menstruation. — Division. — Moyens moraux et pliilosophiques. — Moyens hygiéniques. — Tempéraments. — Règles de conduite pour les femmes déjà réglées. — Conseils pendant l'écoulement. — Mariage.— Règles de conduite pour les jeunes personnes dont la menstruation détermine des accidents qui simulent la souffrance d'un organe. — Moyens thérapeutiques. — Observations de jeunes femmes dont la menstruation a été inutilement sollicitée par les saignées , et rétablie par les seuls efforts de la nature. — Moyens divers.

L'hygiène de ia menstruation paraît d'une application fort simple; puisque cette fonction s'exécute chez la presque totalité des femmes , les désordres doivent être rares. Mais si la théorie dit qu'il en doit être ainsi , l'expérience montre qu'il en est autrement. A quoi cela tient-il? Aux changements nombreux déterminés par nos mœurs, notre genre de vie , notre éducation. Les différences qui existent entre la jeune paysanne qui se lève dès la pointe du jour pour aller aux champs , la fille de l'artisan qui habile un étroit réduit dans les villes , où mal nourrie , mal couverte, elle travaille la journée entière, souvent même une partie des nuits , et la jeune demoiselle qui trouve chez ses parents toutes les douceurs et tous les agréments de la vie, indiquent assez que les règles de l'hygiène ne peuvent être les mêmes pour toutes. Les tempéraments , les constitutions, l'hérédité, sont autant de modificateurs puissants. Les préceptes que nous allons établir ne s'appliquent

qu'aux femmes chez lesquelles la menstruation est lente, difficile à paraître, donne lieu à des symptômes fatigants, pénibles, mais sans qu'il y ait un véritable état morbide. Ils s'appliquent également aux femmes déjà réglées , mais dont les symptômes habituels , tels que les coliques , par exemple, sont très-intenses, ou qui éprouvent des retards; en un mot à celles qui n'offrent véritablement qu'une exagération de l'état physiologique.

Trois divisions principales nous paraissent devoir être adoptées : 1" moyens philosophiques et moraux ; 2° moyens hygiéniques ; o° moyens pharmaceutiques.

Moyens pliilosophiques et moraux.

On s'est beaucoup occupé de la question de savoir si la femme devait être initiée de bonne heure aux mystères de la nature. De graves morahstes se sont prononcés contre cette opinion. Voici ce que nous disait un jour à ce sujet une mère de famille qui avait admirablement dirigé l'éducation de ses enfants : « Après avoir mûrement réfléchi sur cette question , je me suis décidée pour l'affirmative , que je crois le seul parti convenable. Des notions courtes, mais précises , sur les organes propres au sexe , sur les fonctions qu'ils doivent remplir un jour, épargneraient bien des erreurs^ dissiperaient une foule de préjugés, mettraient la femme à môme d'être utile à ses semblables , et t'empêcheraient de tomber dans des fautes. La jeune fdle ainsi élevée , verrait sans effroi l'apparition des règles , et une pudeur mal placée ne l'empêcherait pas de réclamer à temps les avis d'un médecin éclairé. » Il n'y a qu'une mère qui puisse dire de pareilles choses.

Ces conseils nous paraissent excellents , aussi nous em-

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