MÉTRORRHAGIE DU TEMPS CRITIQUE
critique sont beaucoup plus communes qu'on ne le croit; nous avons vu plusieurs femmes qu'on regardait comme atteintes de lésions organiques de l'utérus, qui, après avoir eu des pertes considérables pendant plusieurs années , ont fini par revenir à une santé parfaite. Dernièrement encore la femme d'un médecin fort connu, a eu des fflétrorrhagies redoublées. L'examen du col et du corps de l'utérus n'a révélé aucune altération ; aussi n'avons-nous pas hésité à annoncer que cette hémorrhagie était simplement déplétive, et que cette dame guérirait.
Parmi les faits de ce genre que nous avons recueillis , nous citerons les suivants :
Obs. LXX. — Le 26 septembre 1838, on à reçut l'Hôtel-Dieu , dans le service de M. Jadioux, la nommée Ducros , âgée de 50 ans , porteuse d'eau ; brune , forte , bilieuse, et d'une taille moyenne. Cette femme, réglée à 12 ans pour la première fois , n'éprouva d'autres interruptions jusqu'à l'âge de 38 ans , que celles qui furent causées par les grossesses. A cette époque , elle commença à être sujette à des hémorrhagies considérables qui persistèrent pendant trois ans. Les pertes duraient quinze jours, trois semaines , un mois , avec des alternatives de repos et de force. Elles cessaient tout-à-fait , puis reparaissaient avec une violence extrême.
Ducros était obligée de garder le lit , de se garnir ; mais , malgré ces précautions, tout était traversé. Elle avait beaucoup maigri et perdu l'appétit. Ces pertes n'étaient annoncées par aucuns symptômes; elles venaient à l'improviste ; la malade avait alors des pesanteurs sur le siège comme si elle eût été sur le point d'accoucher ; elle éprouvait en outre des douleurs , des élancements qui étaient surtout sensibles dans les reins et le bas-ventre. Un grand
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nombre demoyens furent inutilement employés. Peu à peu les héraorrhagies s'arrêtèrent; elles furent remplacées par im écoulement en blanc fort douloureux , qui ne dura que deux mois. Ce fut le dernier accident du temps critique ; et , depuis neuf ans , Ducros n'a rien ressenti du côté de l'utérus.
La métrorrhagie peut cesser pendant fort long-temps et reparaître ensuite. Nous avons recueilli l'observation d'une femme qui eut . à ol ans, une hémorrhagie qui dura un mois , avec une telle violence . qu'on fut obligé de la tenir au lit , les jambes levées en l'air ; tous les accidents se dissipèrent complètement pendant dix ans. Au bout de ce temps 5 Thémorrhagie reparut quelque jours , puis elle s'arrêta tout- à-fait. Dix-sept ans après, cette femme n'avait eu aucun symptôme du côté de la matrice.
Quelquefois ces pertes sont annoncées par de véritables méoorrhagies ; tel était le cas d'une femme qui eut, à ftO ans, à la suite d'une couche , une perte considérable ; pendant huit jours elle rendit de gros caillots. L'hémorrhagie ensuite se régularisa, et ne se montra plus que tous les mois. H y avait neuf ans que ces accidents duraient , lorsque cette femme fut reçue dans le service de M. Jadioux. L'examen le plus attentif ne montra aucune lésion de l'utérus ; on ne put trouver que des signes de chlorose.
Obs. LXXI. — Des Granges, âgée de 63 ans, née en Suisse ; grande, brune , lymphatique, fut réglée à 16 ans dans son pays. Elle avait eu auparavant des étourdissements et des ophtalmies palpébrales. Les menstrues revenaient régulièrement , mais en telle abondance qu'elles simulaient une perte. Cette femme eut quatre enfants qu'elle nourrit elle-même. A lil ans les signes de la ménopause se montrèrent ; elle avait des irrégularités auxquelles siiccé-