HÉTRORRHAGIE DU TEMPS CRITIQUE
daient des pertes. Un jour qu'elle était dans cet état, elle fut frappée de terreur, en voyant tomber mort un homme devant elle. Le sang s'arrêta pendant quarante-huit heures; il reparut ensuite avec une telle abondance , qu'on eut la plus grande difficulté à s'en rendre maître , malgré les aspersions et les injections froides. Cet accident , qui dura dix-sept jours, lui occasiona une grande faiblesse ; elle oe pouvait marcher seule. L'hémorrhagie se reproduisit ensuite à diverses époques , laissant des intervalles plus ou moins longs. Après une période de trois ans , le sang s'arrêta entièrement , et depuis treize années la matrice est rentrée dans le repos.
Le diagnostic de ces hémorrhagies déplétives de la ménopause n'est pas toujours facile , et plus d'une fois elles ont été prises pour des symptômes de lésions organiques de l'utérus.
Obs. LXXIL — Madame D... , aussi distinguée par son €sprit que par sa beauté , est atteinte tout à coup d'une hémorrhagie très-abondante ; elle louche à sa quarantième année ; cette idée et les conversations de ses amies , qui ont l'imagination remplie d'histoires d'ulcères de la matrice, plus déplorables les unes que les autres , ébranlent sa raison naturellement forte. Un médecin fameux est consulté ; il voit aussitôt une maladie de l'utérus : un second est appelé ; il touche, et trouve une chute de l'organe. L'esprit de Madame D. . . . se rassure , car elle a la certitude qu'il n'existe aucun accident de ce genre. Sur ces entrefaites , elle réclame nos conseils, et nous donne sur son état les détails suivants : les règles ne viennent plus régulièrement et seulement de loin en loin ; mais de temps en temps elle a des hémorrhagies assez fortes. Celte dame éprouve des élancements dans la matrice , des douleurs semblables à
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des coups d'aiguille ; l'organe est lourd , pesant ; elle a des engourdissements dans les cuisses , des tiraillements dans les aînés. Lorsqu'elle est restée quelque temps assise ou couchée, elle ressent des chaleurs, des élancements dans le siège. L'urine coule bien, sans cuisson; Madame D... va difficilement à la garde-robe. L'appétit est presque nul ; le sommeil souvent interrompu.
Depuis qu'elle éprouve cette série d'accidents, elle a été saignée plusieurs fois; on lui a fait prendre des boissons adoucissantes et astringentes; tous les deux jours, ellesemet au bain. Sa nourriture est très-légère ; elle garde le repos le plus complet. Dans la journée elle est étendue sur une chaise longue ou sur une causeuse. Madame D. . . est grande, forte , sanguine ; l'éducation , la fortune , le genre de vie , ont développé chez elle une susceptibilité nerveuse très-grande, La menstruation a eu lieu avant 13 ans; elle a toujours été abondante et régulière, excepté pendant une grossesse qui a été très-heureuse. Le toucher et le spéculum pouvaient seuls lever toute incertitude. A l'aide de la première de ces explorations , il fut facile de constater que le col de l'utérus avait un développement plus considérable ([ue d'habitude ; on y sentait quelques irrégularités , produites par l'accouchement , mais il n'y avait ni dureté, ni bosselures , ni solution de continuité. Le spéculum fit voir que les deux lèvres et surtoutla postérieure étaient d'un rouge plus foncé; il n'y avait point d'ulcération , ni de petits corps muqueux. La maladie avait déjà un an de date.
En interrogeant les symptômes, l'état actuel , la constitution de Madame D. . . . , le diagnostic nous parut devoir être porté en ces termes : il n'y a pas de lésion organique de l'utérus; les symptômes sont ceux qu'on observe dans les hémorrhagies déplétives du temps critique, surtout