‹ De la menstruation, considérée dans ses rapports physiologiques et pathologiquesChapitre 65 sur 120 · MÉTROKKUAGIE DU TEMPS CRITIQUE · texte numérisé non relu

MÉTROKKUAGIE DU TEMPS CRITIQUE

chez les personnes sanguines ; le pronostic est rassurant. Le traitement fut modifié; nous tranquillisâmes le moral ; laguérison, disions-nous, était certaine; il fallait prendre quelques distractions , faire des promenades en voiture ; et, si elles ne fatiguaient pas, en commencer quelquesunes à pied : car dans les maladies , il est une époque où l'économie est saturée de diète , de médicaments , de pri- Tations ; et si l'on s'obstine à les prolonger , il peut en résulter les accidents les plus graves.

Pendant six mois, l'état de Madame D.... présenta des alternatives de mieux et de rechute ; découragée , elle se préparait à aller consulter un médecin homœopathe , lorsqu'elle eut le désir de faire une promenade sur le boulevard ; elle quitte sa voiture, dont elle n'osait pas descendre; à peine a-t-elle mis pied à terre , qu'elle rencontre une dame de ses amies ; elles causent ensemble ^ visitent les boutiques , examinent les curiosités ; deux heures se passent sans qu'elle éprouve la moindre fatigue. Madame D.... rentre chez elle transportée de joie; le lendemain elle se trouvait très-bien. Dès-lors elle n'a plus voulu s'imposer de privations. Les accidents ont bien reparu de temps en temps , mais beaucoup plus faibles et à des intervalles éloignes. Madame D. . . . a repris ses habitudes ; ses couleurs ont reparu; sa figure, naguère jaunâtre, s'est ranimée ; et depuis plusieurs années aucun symptôme n'est venu l'inquiéter.

Cette observation , pleine d'intérêt sous plusieurs rapports, est très-consolante pour les femmes; carelle leur prouve que des accidents , en apparence fort graves , et simulant même ceux d'un ulcère de la matrice, peuvent très-bien guérir. Quant au médecin, l'exploration des organes lui sert à établir son opinion ; quelquefois cependant l'inlégritcdespartiosexlériourcspourTail l'induire en erreur,

car il arrive que toute la lésion est au-dedans; et dans d'autres cas, les bosselures du col, sa déformation , sa mollesse , son état sanguinolent , peuvent encore le tromper, ainsi que M. le professeur Andral en rapporte une observation fort curieuse recueillie dans son service à la Pitié.

Pierre Frank a constaté que ces hémorrhagies du temps critique attaquaient principalement les personnes qui avaient des règles très-abondantes, ou dont l'utérus était atteint d'une faiblesse relative, suite d'accouchements réitérés et difficiles , de fréquents avortements ; les femmes sujettes à des flux hémorrboïdaux copieux, surtout celles qui s'adonnent aux boissons spiritueuses. Nous ajouterons que nous les avons observées chez les femmes pléthoriques, très-nerveuses; chez celles qui s'étaient livrées souvent aux plaisirs de l'amour, et qui s'y livraient encore avec force à cette époque de la vie. Cullen a fait la remarque que l'hémorrhagie utérine précède la cessa- ^ lion des règles , surtout chez les femmes sanguines ; ou bien qu'elle se montre, chez les jeunes personnes, lorsque les règles ont été supprimées pendant plusieurs mois; dans ces cas , la maladie est moins grave , surtout si le sang est d'un rouge foncé , et s'il coagule facilement ; mais , s'il est peu coloré, ichoreux ou fétide, il y a beaucoup plus à craindre.

Il arrive fréquemment que les pertes utérines alternent avec des écoulements blanchâtres, jaunâtres, plus ou moins a])ondants. Quelquefois ces écoulements sont mêlés au sang, et leurs teintes sont alors très-différentes, suivant la quantité plus ou moins grande qu'ils contiennent de ce liquide; le plus ordinairement ils succèdent aux flux de gang, et les remplacent entièrement. Quelquefois ils sont

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