‹ De la menstruation, considérée dans ses rapports physiologiques et pathologiquesChapitre 66 sur 120 · MÉTRORRIIAGIE DU TEMPS CRITIQUE · texte numérisé non relu

MÉTRORRIIAGIE DU TEMPS CRITIQUE

le seul symptôme de î'époque. Leur durée peut être trèscourte ; elle peut se prolonger pendant plusieurs années. Leur abondance , leur fétidité en ont imposé dans plusieurs circonstances , pour des suites de carcinome. L'écoulement blanc du temps critique offre , comme la leucon'liée, des alternatives de flux et de suppression. Sa rétention paraît occasioner des coliques très-\ives. Les émotions le font couler ou le suppriment, li en est de même de l'action des agents physiques. Après avoir oflert pendant long- temps une teinte jaunâtre , il peut devenir sanguinolent, puis cette coloration finit par disparaître. Lorsque cet écoulement ne se rattache point à une maladie de l'utérus, il se termine toujours d'une manière heureuse. Il s'observe dans un assez grand nombre de cas chez des femmes qui étaient sujettes aux flueurs blanches, et semble alors n'en être qu'une continuation ou qu'une augmentation. Jusqu'à un certain point, l'écoulement blanc de la ménopause nous paraît se rapprocher de celui qui résulte du mode de cicatrisation des tissus divisés.

D'autres phénomènes locaux, moins ordinaires et moins importants, s'observent encore au temps critique; tels sont les douleurs utérines, les élancements , les coliques, la pesanteur , es maux de reins , les changements de couleur du sang et les démangeaisons des parties sexuelles. La tuméfaction de l'abdomen qui arrive assez souvent à cette époque, fait croire aux femmes qu'elles sont grosses ; ce qui les confirme dans leur erreur , c'est que leurs seins prennent de la consistance, de la fermeté, du volume. Ils peuvent parfois distiller du lait. Aussi n'est-il pas rare de les voir s'abandonner aux ])lus douces ilhisioiis . quelquefois mênie elles ()répareiit le trousseau de lêlre ciiéri : mais i expulsion dune grande (juaiilité do sans- d'une me-

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le, quelquefois même l'affaissement subit du ventre, sans aucun autre symptôme , viennent faire connaître la triste vérité.

Obs. LXXIII. — Madame . . . . , âgée de 40 ans, très-forte , d'unebelîe constitution, d'un tempérament sanguin prononcé uni à un peu de susceptibilité nerveuse, éprouva en 1833 des symptômes qui lui firent penser qu'elle était enceinte. Les règles étaient supprimées depuis trois mois; le ventre était plus développé ; il y avait une sensation de pesanteur dans le bassin. Tout à coup ces symptômes disparurent, et un an se passa sans qu'elle éprouvât aucun dérangement dans sa santé. Au bout de ce temps elle eut un nouveau retard de trois mois ; le ventre prit du volume. Cette dame, qui avait eu plusieurs enfants , se crut encore grosse ; le soir elle remarquait que le ventre était un peu moins proéminent. Toutes les autres fonctions se faisaient parfaitement.

Un matin , Madame . . . . , qui prétendait avoir senti remuer depuis plusieurs jours , fut prise d'un hémorrhagie utérine très-forte (1" juillet 1834).

Eii arrivant nous la trouvâmes debout, calme, nullement fatiguée ; nous la fîmes mettre au lit , couverte seulement d'un drap , et nous suivîmes les accidents le doigt sur l'artère. 11 était impossible de pratiquer une saignée à cause de l'embonpoint et de l'absence de tout cordon veineux important; aussi nous bornâmes-nous à prescrire des astringents, des boissons fraîches acidulées et te repos le plus complet. La quantité de sang rendue et reçue dans une bassine, était d'environ trois livres lorsque l'hémorrhagie s'arrêta. L'état du pouls . la conservation des forces , l'affaissement du ventre , ne nous firent point juger nécessaire l'application des linges froids, de la glace, et

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pendant toute la journée la cessation des accidents ne fit pas recourir à leur emploi. Le lendemain matin nous trouvâmes dans les linges avec lesquels nous avions à demi tamponné le vagin , un gros caillot de sang. Dans la journée quelques signes d'hémorrhagie s 'étant de nouveau manifestés , nous fîmes mettre les bras dans un bain tiède, et étant parvenu à sentir la salvatelle, nous pratiquâmes une saignée de 7 à 8 onces ; des injections furent prescrites , et nous insistâmes sur les moyens précédemment indiqués.

L'abdomen, qui s' était affaissé le jour de la perte , avait repris son développement ; Madame .... y ressentait des mouvements. Nous la touchâmes; le col était allongé, mou; son ouverture était transversale , mais il n'y avait ni amincissement, ni augmentation de volume, le corps seul était plus gros ; aucune de ces parties n'était sensible, l'abdomen n'était point douloureux; l'embonpoint ne permettait de rien distinguer à travers les téguments. Pour prévenir tout accident , quoique nous eussions la presque certitude que nous avions à faire à une bémorrhagie de l'âge critique, nous recommandâmes la position horizontale, trois injections par jour à la guimauve et à la tête de pavot, des boissons rafraîchissantes, de temps en temps astringentes, un grand bain tous les deux jours; pour nourriture quelques légumes, et pour boisson du lait.

Aucun accident ne vint contrarier ce traitement. Le ventre augmentait de plus en plus de volume; la malade affirmait sentir des mouvements absolument semblables à ceux de l'enfant, et cependant le doigt ne constatait aucun signe du côté du col ; point de ballottement abdominal ; les

seins se développaient. Madame avait des envies

comme dans ses grossesses précédentes. Au bout de deux

mois , elle se leva et commença à faire quelques promenades dans sa chambre ; mais elle se plaignait d'être lourde et d'éprouver de la fatigue lorsqu'elle se tenait debout^ Cet état persista plusieurs mois ; les seins et l'abdomen étaient bien développés , les mouvements , quotidiens et

appréciables pour Madame Ses forces étaient un peu

revenues , lorsque dans les derniers jours de décembre , sept mois après l'iiémorrhagie , la malade, qui depuis quelque temps préparait la layette de l'enfant, tant sa conviction était profonde, se réveilla guérie de tous les symptômes qu'elle éprouvait ; le ventre s'était affaissé sans qu'elle en eût été avertie par aucune expulsion solide , liquide ou gazeuse. Les seins ne tardèrent pas à reprendre eux-mêmes leur volume normal , et les règles , qui avaient complètement cessé, revinrent aux époques ordinaires, et coulèrent régulièrement pendant un an. Depuis elles sont devenues irrégulières , ne se montrent plus que de loin en loin, mais la santé n'a point été troublée. Cette dame jouit aujourd'hui d'une bonne santé (décembre 1839). Elle a encore eu il y a un an des pertes considérables , mais l'exploration de l'utérus, de ses annexes, n'a montré aucune lésion. Si le plan de ce livre ne nous imposait des hmites , nous appellerions l'attention des praticiens sur ces tuméfactions de l'abdomeo avec dérangement de la menstruation, disparaissant tout à coup sans aucun phénomène extérieur , et qui ne se montrent pas seulement à l'époque critique. Les trois femmes chez lesquelles nous avons observé cette disposition singulière, n'avaient point de symptômes hystériques. L'une d'elles fut traitée dans le service de M. Kapeler, et les deux autres dans celui de M. Louis.

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