‹ De la menstruation, considérée dans ses rapports physiologiques et pathologiquesChapitre 67 sur 120 · SYMPTÔMES GÉNÉRAUX DU TEMPS CRITIQUE · texte numérisé non relu

SYMPTÔMES GÉNÉRAUX DU TEMPS CRITIQUE

Symptômes généraux.

La ménopause est le signal d'une foule de symptômes qui pourraient faire croire à l'existence d'un grand nombre de maladies, et qui ne sont que les conséquences de la pléthore locale et générale. C'est ainsi qu'on note tour à tour les signes de l'arachnitis , de l'apoplexie , de la pleurésie, delapéripneumonie, de l'hémoptysie, de l'hépatite, de l'odontalgie , et autres accidents \iolents qui se dissipent, sont heureusement modifiés ou combattus par des moyens appropriés. La prédominance des symptômes dans un point marqué de l'économie nous paraît se lier dans ce cas à une disposition pathologique de l'organe.

Parmi les signes qui se sont présentés le plus souvent à notre observation, nous devons citer tous ceux qui dénotent un état de congestion , la dureté et la plénitude du pouls , les feux et les chaleurs de la figure , les hémorrhagies nasales, et surtout les hémorrhoïdes; le crachement de sang n'est quelquefois aussi que le résultat de cet état pléthorique. Nous avons vu dans le service de M. le docteur Legroux, une femme forte, bien constituée, d'un tempérament sanguin , qui avait cessé de voir à 50 ans. Cette femme , réglée pour la première fois à 13 ans , l'avait toujours bien été jusqu'à 1 instant de la cessation , sauf ses grossesses et le temps qu'elle allaitait ses enfants. L'âge critique fut annoncé par quelques irrégularités dans la menstruation , un peu d'écoulement blanc , et terminé par une hémoptysie assez abondante qui reparut à diverses reprises. 11 y avait environ dix ans que cette période était passée, lorsque nous l'examinâmes; les fonctions pulmonaires étaient parfaites.

Il n'en est pas malheureusement toujours ainsi, et l'époque critique est souvent pour les femmes le réveil de lu

236 DE LA MENSTRUATIOX.

phthisie puimonaire qui sommeillait depuis long-lemps , et quelquefois même depuis la première apparition. Mais il est cependant vrai de dire que l'hémoptysie n'a pas chez la femme la même gravité que chez l'homme. Nous pouvons rattacher aux désordres de la circulation l'anasarque que nous avons déjà observée à différentes époques de la vie des femmes. Elle se montre lors de la cessation , d'une manière lente et insidieuse, et quelquefois on se trouve très-bien de la traiter par les petites saignées , les purgations , le régime et la position horizontale.

A l'époque de la cessation des menstrues , les femmes sont sujettes aux éruptions cutanées , parmi lesquelles l'acné, et surtout l'acné rosacea (couperose) se fait remarquer ; cette circonstance doit les rendre très-circonspectes sur l'usage des aliments qui donnent plus d'âcreté au sang.

Les dérangements du tube intestinal sont assez fréquents. Plusieurs fois nous avons vu le dévoiement être le seul symptôme de cette révolution ; il résistait à toutes les médications , et cessait avec la cause qui l'avait produit. On observe aussi des désordres variés dans les digestions et la nutrition, des faiblesses d'estomac, beaucoup de vents, de la langueur, de la consomption , des sueurs abondantes. Par opposition , la tendance à l'obésité est quelquefois très-prononcée. Il peut exister une irritation au pylore, avec des vomissements répétés qui sont purement sympathiques.

Les désordres du système nerveux sont aussi trèsprononcés , et ils le sont d'autant plus . que l'éducation , le genre de vie, l'organisation, lui ont imprimé un excitabilité plus grande. Les symptômes peuvent être de deux espèces, ou congestifs, ou seulement nerveux. Ainsi on remarque assez souvent les élourdissements , les assoupis-

Page 1