‹ De la menstruation, considérée dans ses rapports physiologiques et pathologiquesChapitre 7 sur 120 · INTRODUCTION, XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION, XV

Admirateur des anciens , mais partisan du progrès , nous croyons que tout observateur consciencieux doit apporter ses matériaux à l'édifiée médical , sans pour cela renverser les travaux de ses devanciers. Il n'est point d'affection aiguë qui ne puisse occasioner la diminution , le dérangement, l'irrégularité, et surtout la suppression des règles. Dans 85 observations que nous avons recueillies pour éclairer le sujet, voici les faits comme ils sont placés dans leur ordre de fréquence :

Dans les inflammations cérébrales , les règles peuvent être arrêtées au début. Les pneumonies , les pleurésies, ont le même résultat. Dans la plupart des affections de la cavité abdominale , nous avons également observé la diminution des règles ou l'aménorrhée au début , ou bien encore le flux périodique ne paraissait point à l'époque suivante. Dans quelques cas rares , la maladie régularise les règles.

Les fièvres éruptives suivent la loi commune, mais le trouble fonctionnel n'est pas cependant aussi fréquent qoe dans les inflammations cérébrales et thoraciques. L'élément ataxo-adynamique exerce une action marquée sur la menstruation, aussi les fièvres typhoïdes offrent-elles presque constamment des dérangements de cette fonction.

Les règles sont modifiées par les fièvres intermittentes, le rhumatisme et les syphiiides aiguës.

L'examen de ces faits nous a permis de tirer quelques inductions relatives à l'influence des maladies aiguës sur les règles, et au traitement convenable. Comme nous les avons formulées dans notre travail, et qu'elles sont d'ailleurs peu étendues, nous ne les rappellerons point ici^ l'analyse ne pouvant en ce cas qu'affaiblir l'intérêt d'un sujet dont toute l'importance est dans les détails.

Le deuxième et dernier chapitre traite de l'influence des maladies chroniques sur les règles. Ici les matériaux devenaient beaucoup plus nombreux. A chaque pas se présentaient à nous les dérangements de la menstruation , parmi lesquels nous voyons surtout dominer l'aménorrhée symptomatique. Pour bien analyser ces diversdésordres, nous les avons suivis dans les maladies oimous les avions plus fréquemment observés, telles que la phthisie, les lésions du cœur et des intestins , les affections de l'utérus et de ses annexes, les maladies nerveuses, vénériennes, les hydropisies et les scrofules. Nous avons terminé cette étude par celle de l'influence des maladies chirurgicales sur les règles et sur les opérations.

XYJ INTKODLCTION.

En résumant les points principaux de ce chapitre, on voit que l'aménorrhée symptomatique complique la plupart des maladies chroniques. Si elle est souvent un accident de plus , elle est aussi dans certains cas une circonstance favorable. Le retour des règles est un indice de guérison. Plusieurs maladies peuvent se terminer favorablement sans que les menstrues reparaissent pendant un temps assez long. Une cause oecasionelle peut hâter l'apparition de l'aménorrhée symp lomatique, qui se serait seulement montrée à une époque plus reculée. Certaines maladies nerveuses sont exaspérées par le retour des règles.

Les changements déterminés par les maladies chroniques peuvent consister dans une simple décoloration. Dans la phthisie pulmonaire, les hémoptysies afifectent quelquefois l'époque des retours, et cette circonstance en a imposé pour des déviations,

La dysménorrhée est un symptôme assez commun des affections de l'utérus. La métrorrhagie du temps critique est causée par des polypes , des affections cancéreuses , par la pléthore. Les maladies des ovaires produisent l'aménorrhée 5 nous avons cependant vu les règles reparaître chez une femme dont les deux ovaires étaient malades et les trompes oblitérées.

La cessation de l'aménorrhée symptomatique, soit par les seuls efforts de la nature, soit par l'action thérapeutique, a été souvent le signal de la guérison. Nous avons cherché à préciser les indications où le traitement peut être utile. Dans cette partie de notre travail nous avons eu soin de comprendre les déviations de la colonne vertébrale.

L'aménorrhée a lieu dans les maladies chirurgicales ^ mais elle s'observe plus fréquemment à l'état chronique qu'à l'état aigu. L'époque à laquelle on pratique ces opérations n'est point sans influence sur les dérangements de la menstruation. Les déviations menstruelles ont été plusieurs fois constatées par la surface des plaies à la suite des opérations.

Le plan de notre travail est maintenant connu ^ dans l'histoire physiologique de la menstruation , vérifier , préciser , ajouter ^ dans l'histoire pathologique , réunir , coordonner , déduire. Ce double but a-t-il été atteint? c'est ce que le temps nous apprendra.

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