‹ De la menstruation, considérée dans ses rapports physiologiques et pathologiquesChapitre 77 sur 120 · AMÉNORRHÉE PAR CAUSE LOCALE · texte numérisé non relu

AMÉNORRHÉE PAR CAUSE LOCALE

conçue :Nec facile unqiiam menstruum sanguinemejecisse. L'utérus avait seulement la largeur du pouce (1).

Jusqu'à quel point peut-on rapporter à celte espèce d'aménorrhée, la décoloration de l'utérus qui a été observée dans quelques cas de rétention ? C'est un point à examiner.

L'utérus peut manquer entièrement ou n'exister qu'à l'état rudimentaire. Nous avons cité un exemple intéressant de cette dernière anomalie; nous allons rapporter un fait d'aménorrhée dû à l'absence de l'utérus.

Absence de l'utérus.

Obs. XC. — Agathe Melassené, âgée de 27 ans, se présenta à la consultation de M. Dapuytren , le 24 février 1823, pour être admise à l'Hôtel-Dieu ; cette jeune femme avait une fistule à l'anus. Le médecin qui avait soigné en ville la malade , l'avait adressée à M. Dupuytren pour l'opérer de sa fistule , et lui annonçait qu'elle était iinperforée et n'avait point de matrice. Elle fut questionnée à cet effet, et l'on apprit qu'elle n'avait jamais été réglée , que jamais elle n'avait éprouvé les symptômes périodiques qui annoncent les menstrues, ni ceux qui font connaître que cet écoulement a lieu, soit au dehors soit dans le vagin , ou dans la cavité de lulérus. Cependant, à certaines époques, la malade avait des pesanteurs à la tête , des rougeurs et des chaleurs à la face , des douleurs dans le bas-ventre, indispositions qu'elle faisait toujours disparaître par l'application de quelques sangsues au fondement.

Les parties génitales furent examinées; à l'extérieur elles parurent bien conformées , le bassin était peut-être étroit, les seins bien développés, tout indiquait la con-

(1) Morgagni , De eedibus et causis morborum , t. v. p. 571 , lellre XLVI, n» 20.

iormation féminine la plus complète. Cependant le doigt introduit dans le vagin était arrêté à un ponce de profondeur par un cuî-de-sac lisse , arrondi ; rien au-dessus de cet obstacle ne pouvait faire soupçonner l'existence de la matrice. L'exploration de cette espèce de vagin fit seulement reconnaître une dilatation très-forte de l'urètre. Le doigt introduit dans le rectum ne sentit rien. On voulut savoir si cette malade avait du penchant pour les plaisirs vénériens ; et, comme cela est habituel aux femmes à qui on adresse cette question délicate , elle répondit que non ; mais on apprit très-positivement que cette fille vivait en concubinage depuis quatre ans, et qu'elle était même sur le point de se marier.

Elle fut opérée de sa fistule le 28 février : cette opéralion fut courte et simple ; mais quelques jours après, et à la suite de violents chagrins domestiques, elle fut prise d'une inflammation sur-aiguë du foie ; malgré tous les moyens que l'art possède, cette malade succomba le 15 mars, à une heure du matin.

Autopsie. — Appareil sensitif interne. — Le cerveau et ses enveloppes sont à l'état normal.

Appareil respiratoire. — Fortes adhérences de la plèvre droite; elles sont anciennes. Le poumon droit présente à sa partie inférieure et postérieure des petits foyers de pus. La plèvre et le poumon gauche sont sains.

Appareil circulatoire. —Hypertrophie légère du ventricule gauche , rétrécissement de l'aorte.

Appareil digestif. — Tout le canal intestinal , depuis l'estomac jusqu'au rectum , est sain.

Le foie présente une vingtaine de véritables abcès ; le péritoine qui recouvre les abcès à la surface du foie, est épaissi.

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