‹ De la menstruation, considérée dans ses rapports physiologiques et pathologiquesChapitre 79 sur 120 · AMÉNORRHÉE PAU CAUSE LOCALE · texte numérisé non relu

AMÉNORRHÉE PAU CAUSE LOCALE

femme qui, après une violente blennorrhagie , eut une agglutination des parois du vagin.

Obs. XGIV.— m. Labat a consigné dans sa thèse, l'observation d'une occlusion du col, qui avait été produite par un accouchement laborieux (1). M. le professeur Moreau, qui a été témoin de ce fait, dit qu'à chaque époque il y avait des phénomènes analogues à ceux des règles ; le ventre se tuméfiait. Dupuytren reconnut bientôt la cause de ce gonflement du ventre; il pensa que le seul moyen praticable était de faire une ponction dans l'intérieur de la matrice. Après cette opération il s'écoula immédiatement un mélange de sanie, moitié purulente, moitié sanguinolente. Il y eut un soulagement de quelques heures ; mais bientôt des accidents abdominaux se manifestèrent, et la malade succomba au bout de 2 ou 3 jours. La surface interne de l'utérus était noire , tapissée par du sang devenu concret et purulent. Il n'y avait rien dans le vagin.

M. Moreau a rapporté dans son Traité des accouchements, l'observation d'une dame anglaise chez laquelle une couche laborieuse détermina une adhérence presque complète des parois du vagin. Lorsque les règles reparurent, elle éprouva des accidents assez graves, qui augmentèrent encore à l'époque suivante.

M. Moreau reconnut la lésion ; mais comme il existait un très-petit pertuis , il introduisit une sonde , puis un corps dilatant, et à l'aide de ces moyens continués avec persévérance, le rétablissement des menstrues eut lieu.

Obs. XCY. — Une dame à laquelle Lobstein avait appliqué quatre fois le forceps , vint consulter ce praticien pour des accidents qui annonçaient un grave désordre du côté de l'utérus. Eu examinaul cette malade, dont les lèvres

(3) Labat, thèse 1827.

étaient auparavant longues et fendues , il reconnut que l'orifice de la matrice était oblitéré. Il est probable que les lèvres avaient été arrachées pendant l'application du forceps , et qu'il en était résulté un travail inflammatoire qui les avait réunies et confondues (1).

Obs. XCYI. -^ Une femme de 50 ans, bien constituée, et sans enfants de son mariage , eut à 40 ans une hémoptysie qui se renouvela à des époques irrégulières , pendant 6 à 7 ans, sans que sa santé en fût altérée.

A kl ans il s'était fait un épanchement sanguin dans l'utérus, qui dura plusieurs mois avec peu de douleurs; le sang sortit par l'orifice du col, et les légères incommodités que sa rétention avait occasionées , disparurent.

Peu de temps après , le ventre se tuméfia de nouveau ; il se manifesta une douleur à la fosse iUaque droite , puis de la fièvre. La malade ne pouvait se tenir sur le côté, à raison des douleurs que cette attitude lui faisait éprouver. Elle avait des insomnies, la langue aride, une soif vive, le pouls fréquent, une constipation opiniâtre, la peau sèche.

On remarquait sur le côté droit de la région hypogastrique, une tumeur de la grosseur du poing , dure et douloureuse au toucher, et sur le côté gauche une autre tumeur plus petite.

Le col de l'utérus était lisse, et comme effacé dans un petit bourrelet mollasse ; l'orifice entièrement fermé. L'état déplorable delà malade, l'inutilité des moyens jusqu'alors employés, décidèrent MM. Dolivera et Barras à tenter l'évacuation du sang contenu dans l'utérus.

Une sonde d'homme portée à l'orifice du col pénétra d'abord de quelques lignes , et parvint, sans beaucoup de douleurs , dans la cavité de ce viscère ; elle donna issue à

(1) Journal de Corvisarl , Roux, Boyer, t.xxxvii, p. 263.

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