‹ De la menstruation, considérée dans ses rapports physiologiques et pathologiquesChapitre 85 sur 120 · MALADIES LOCALES DU TEMPS CRITIQUE. UM · texte numérisé non relu

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a été obtenue une fois par le vomissement artificiel (1).

Le squirdie , le cancer , les ulcérations cancéreuses se montrent très-fréquemment à la cessation des règles. Tantôt ils sont annoncés par des symptômes , tantôt ils se déclarent brusquement.

Obs. CXLYIII. - Le 20 mai ISSU, la nommée Martin entre à l'hôpital de la Pitié , service de M. Louis. Ses règles ont paru à 13 ans, sans qu'elle s'en aperçoive, et depuis elles sont toujours venues régulièrement. A quinze ans on la marie à un homme fort et vigoureux qui sœpissimè jure sno utitur. Pendant vingt-cinq ans sa santé est bonne ^ elle n'éprouve que de légères incommodités. Martin n'a point d'enfants, n'a pas fait de fausses couches ; à quarante-quatre ans elle a eu une émotion morale très-vive , dont l'influence se fait encore sentir aujourd'hui. Six mois se passent, lorsque tout à coup , sans qu'il y ait eu diminution dans ses règles , de changements dans ses époques, elle est prise d'une perte considérable, au milieu de ses occupations habituelles ; elle rend de gros caillots ; l'hémorrhagie continue pendant plusieurs mois avec des alternatives de force et de faiblesse ; elle est ensuite remplacée par un écoulement blanc. Jamais Martin n'a ressenti de douleurs à la matrice; jamais ses rapports avec son mari n'ont été pénibles. Sa mère, âgée de 86 ans, jouit d'une excellente santé; ses sœurs ne souffrent point de la matrice.

Le loucher révèle une déformation considérable du col ; il est bosselé , rempli de végétations , saignant ; en un mot , il présente les signes d'une affection cancéreuse , ce que confirme d'ailleurs l'état général de la constitution.

(1) Journal général de médecine, T. LXVII, p. 35S.

/il8 DE LA MENSTRUATION,

Ces observations , qui ne sont que trop fréquentes dans la pratique, ont dû appeler toute l'attention des praticiens. Il est si peu satisfaisant pour l'esprit de ne pas trouver de cause aune maladie, qu'on cherche toujours à s'éclairer davantage par de nouvelles recherches. Aussi parmi les circonstances qui nous paraissent favoriser le développement du cancer, nous allons nous arrêter plus particulièrement sur deux d'entre elles ; nous apprécierons les autres à mesure qu'elles se présenteront.

Les anciens avaient été frappés des inconvéniens des unions trop précoces. Platon veut que les femmes grecques ne se marient qu'à vingt ans (1). On lit dans la chronique de l'histoire de Trévise, que les familles puissantes de Padoue ne permettaient pas à leurs filles de se marier avant cette époque , parce qu'alors seulement elles étaient aptes à devenir mères. Serbellona, femme de l'Eccehnole moine, tyran de Padoue, déshérita Zambronia, sa fille, parce qu'elle s'était mariée avant vingt ans (2).

Hoffmann , dans sa dissertation De œtaie cmijugio opportunâ, a tracé de bonnes règles de conduite. Nous pourrions citer plusieurs exemples d'enfants nés successivement plus forts à mesure que la mère devenait plus robuste. Les éleveurs de chevaux ont très-bien compris ce danger, car il ne permettent jamais l'accouplement prématuré des femelles.

Les rapprochements trop fréquents , trop immédiats , à toutes les époques, doivent encore être comptés parmi les causes qui favorisent le développement des maladies cancéreuses. 11 y a douze ans , lorsque nous commençâmes à

fl) Voyage du jeune Anacharsis en Grèce, chap.Llv, (2) Le Siècle, 1" septembre 1837, ari. de M. Jal.

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faire des recherches sur ce genre de lésions, près d'un tiers des femmes que nous interrogeâmes avec les précautions convenables , convinrent que les rapports étaient très-directs , et qu'ils leur avaient souvent causé de la douleur. Non seulement les proportions du membre viril, son contact trop direct, ses assauts multipliés, peuvent avoir des suites fâcheuses, mais encore l'époque à laquelle le coït est pratiqué doit contribuer au développement des affections de l'utérus. Le temps des règles, Tépoque des relevailles , à raison de l'engorgement de l'utérus , de sa susceptibilité plus grande , sont autant de causes prédisposantes.

Obs. CXLIX. — La nommée C..., âgée de 36 ans, entre dans le service de M. Lisfranc, le 13 août 1834. Elle a été réglée à IZl ans, sans s'en apercevoir, et depuis , l'écoulement a reparu régulièrement tous les mois. Ses couches ont été heureuses, jamais elle n'a gardé le lit. Il y a quelques mois ses menstrues se dérangent , deviennent irrégulières , plusieurs hémorrhagies assez fortes se succèdent. A son entrée à l'hôpital, C... est touchée par MM. Lisfranc , Dieffenbach et nous : on trouve une tumeur implantée sur le col , à bords renversés , et dont la conformation a quelque ressemblance avec un champignon. Interrogée avec le plus grand soin sur les causes qui avaient pu occasioner cette maladie, G... nous répondit que son mari la voyait très-souvent , et que chaque contact était, pour elle, fort douloureux. L'ablation , jugée nécessaire, fut pratiquée le 6 septembre.

Il nous paraît hors de doute que cette altération de la mati'icc a eu pour point ue départ le dérangement de la menstruation. La malade est réglée jeune , elle perd de bonne heure, et l'époque critique est pour elle le signal

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d'une affection cancéreuse. Mais en admettant ici l'influence du temps critique , il ne faut point perdre de vue l'action prolongée du membre viril. Nous n'aurons malheuieusement que trop souvent l'occasion de constater ce rapport fréquent des lésions cancéreuses avec la cessation des règles; certes nous avons observé cette fatale maladie dans la période utérine, mais, pendant les trois années que nous avons suivi l'hôpital de la Pitié , les jeunes femmes que nous avons vu traiter pour des désordres de l'utérus , avaient la plupart (les o//i environ) des engorgements, des hypertrophies générales ou partielles, des rongeurs, des ulcérations , en un mot les symptômes de l'inflammation ; de sorte que si les altérations de la matrice sont fort communes à cette période de la vie des femmes , elles sont le plus ordinairement d'une nature différente de celles du temps critique, et s'expliquent par l'usage plus répété des fonctions génératrices, et par d'autres influences qui seront bientôt examinées. Il faut reconnaître cependant que le cancer peut éclater, sans cause connue . au milieu de la plus brillante santé, dans la force de la jeunesse, au sein des ménages les plus estimables , et marcher ensuite avec la plus effrayante rapidité.

Dans quelques circonstances , nous avons vu l'hémorrhagie succéder à une violente colère.

Les corps fibreux se montrent très-fréquemment à l'époque de la cessation ; mais ils ne sont pas seulement propres à cet âge , on les observe à d'autres périodes. Lorsqu'ils sont latents , la ménopause leur imprime une marche plus active.

Parmi les maladies qu'on remarque alors, il faut compter les inflammations chroniques de l'utérus , qui , sans être aussi communes que les polypes, ainsi que nous

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