MALADIES GÉNÉRALES DU TEMPS CRITIQUE
alcooliques survint. La malade , car on peut lui donner ce nom , reprit ses habitudes de sobriété ; elle jouit eecore , à l'âge de 72 ans, d'une excellente sauté (1).
Plusieurs fois ce désir des liqueurs fortes a été observé aux périodes menstruelles ; il disparaissait avec l'écoulement sanguin.
Les affections cancéreuses du sein sont aussi fort communes. Nous avons eu souvent l'occasion de les observer à cette époque de la vie.
L'engorgement glanduleux des seins, tendant à passer à l'état cancéreux , lors du temps critique, a été signalé par les auteurs. Hufeland a attribué cette disposition à l'énergie vitale qui, diminuée vers l'utérus, se porte avec violence aux mamelles. Il recommande dans ce cas, les saignées , de placer huit à dix sangsues sur les glandes douloureuses ; il les fait recouvrir d'un mélange de quatre onces ou 12 décag. 500 d'eau de rose, d'une demionce ou 1 décagr. 562 d'extrait de Saturne, et de deux gros ou 7 gram. 813 de laudanum. On place un cautère au bras du côté malade , et l'on prescrit deux gros ou 7 gr. 813 de crème de tartre à l'époque où les règles se montraient (2). La même remarque s'applique aux maladies goutteuses et rhumatismales. Un grand nombre de femmes se plaignent alors de douleurs dans les articulations et dans les os, de gonOement dans ces parties: chez une femme qui était atteinte de cette indisposition , les douleurs reparaissaient tous les mois aux anciennes époques.
Les affections psoriques , cutanées . se déclarent sou-
(2) Royer-Collard , Thèse pour la chaire d'hygiène.
(1) Journal de médecine et de chirurgie, par Corvisart. Leroux et Boyer,
T. xni, p. 40.
vent à la cessation ; les femmes ont des prurigo, des eczéma au pom tour de la vulve , de l'anus , et même sur tout le corps. La couperose est une de celles que nous avons le plus ordinairement constatées. Suivant Béclard , un des résultats les plus fréquents , tant du cancer de la mamelle que de celui de la matrice , est l'aedématie compliquée de phlegmon ou d'érysipèle qui s'empare du membre le plus voisin.
Les hémorrhoïdes appartiennent à la ménopause. Rien de plus commun que de voir s'établir ces flux sanguins qui servent alors de dégorgement à l'utérus.
La constipation opiniâtre , le dévoiement , ont été plusieurs fois notés : on a encore vu survenir la dysurie , l'hématurie , les symptômes de la grossesse.
Une dame, bien portante, dans une position de fortune heureuse , fut atteinte , à l'époque de la cessation , d'un pissement de sang assez abondant qui dura li mois ; le liquide se prenait en grumeaux , il y eut de l'affaiblissement. Les saignées et un régime doux amenèrent la guérison (1). Hamilton rapporte l'observation d'une dame qui offrit les signes de la grossesse à un tel degré , qu'elle tirait du lait de ses mamelles (2). Stalh a cité le fait d'une autre dame chez laquelle il se développa une multitude de varices qui ne guérirent qu'après s'être ouvertes spontanément ou l'avoir été au moyen de l'instrument (3).
On trouve encore dans les auteurs une grande quantité d'observations de maladies survenues à la période du temps critique. Vouloir les énumérer, ce serait entre-
(1) Chouffe , Des accidenls et des maladies qui surviennent à la cessation de la menstruation , an \.
(2) Hainilton, Traité des maladies des femmes et des enfants , obs. VI , page f\'29.
(3) Slalh, Theorimed.ver., f° 578.