‹ De la menstruation, considérée dans ses rapports physiologiques et pathologiquesChapitre 95 sur 120 · INFLUENCE DES RÈGLES SL'R LES MALADIES AIGLES. A · texte numérisé non relu

INFLUENCE DES RÈGLES SL'R LES MALADIES AIGLES. A

cas, ne réussira pas dans un autre, et la cause de la différence vous échappera souvent malgré vos recherches.

Jl y a cependant des règles qui ont pour elles la sanctioii de l'expérience. La maladie est-elle grave, compromet-elle les jours de la patiente ! il ne faut pas balancer, on doit, en pareil cas, l'attaquer énergiquement par les médicaments indiqués; ce serait une imprudence exlreme de s'en rapporter aux efforts de la nature médicatrice. Si la femme est atteinte d'une phlegmasie locale de quelqu'organe essentiel à la vie, d'une pneumonie, par exemple, il faut saigner quand bien même les règles couleraient , car l'observation a maintes fois prouvé qu'elles venaient quelquefois alors plus abondamment , et qu'il en résultait souvent une amélioration notable. Dans une semblable circonstance , il faut avoir plus d'égard à l'indication qu'à la menstruation. C'était la pratique du célèbre de Haën , qui n'hésitait pas , en pareil cas , à faire une saignée du bras; l'évacuation des lochies n'était pas également une contre-indication pour lui (1).

Yanswiéten ne s'arrêtait pas dans la pratique de la saignée à cause de la présence des règles , au moins dans les maladies thoraciques aiguës : Nec absiiiiui a venœ sectione, si respiratio miUtiim impedita erat , licet meustruœ fliierent, et bono quidem cum successu (2).

Dans les accès violents et opiniâtres de dyspnée dus à l'emphysème pulmonaire, l'hémorrhagie menstruelle devient quelquefois plus abondante et plus prolongée que dans l'état ordinaire. L'efficacité de l'émélique est telle dans ces cas , que la présence des règles ne nous arrête pas. L'expérience nous a toujours démontré que la dimi-

(1) DeHui'n, oiivr. cité.

2) Comment. inaphor.H^O. p. 35, T. IH , édil. de Paiis, 475<|,

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nution de la dyspnée, obtenue par le vomitif, était suivie de la diminution de l'hémorrhagie menstruelle trop abondante, et même de la suppression, quand elle avait déjà duré plus long-temps que d'habitude (1).

Nous devons à notre honorable confrère M. Salone, la communication d'un fait qui prouve que dans les maladies franchement inflammatoires , et en particulier dans les pneumonies , les émissions sanguines n'arrêtent point les menstrues.

Lorsqu'il était interne à l'hôpital Saint-Antoine, il vint dans le service de M. Kapeler , une femme qui avait une pneumonie grave. Sept saignées furent pratiquées en trois jours ; les règles n'en parurent pas moins immédiatement après, malgré ces émissions sanguines coup sur coup.

On peut encore prescrire la saignée dans les inflammations qui compliquent la menstruation, si elle a paru avant l'époque ordinaire, parce que l'anlicipation n'est pas dans l'ordre de la nature , et qu'elle peut être un symptôme de mal.

Dans les maladies du bas-ventre , et en particulier dans celles de l'utérus, la menstruation mérite une attention spéciale; aussi doit-on chercher à la provoquer. Il y a, dans ce cas , deux indications à remplir , et la seconde est quelquefois la plus utile, surtout quand la femme n'est pas encore réglée , ou qu'elle vient de l'être.

Lorsque l'aflection est légère , que le pronostic n'a rien d'inquiétant , il faut attendre 12 ou 24 heures , surtout si la femme est à l'époque, afin d'apprécier ce qui se passe. On agit s'il y a nécessité , on laisse faire la nature si l'amélioration a lieu , et si même la maladie ne fait aucun progrès.

(1) Gendrin, Traité de médecine , T. II.

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