MENSTRUATION ANORMALE
Plus fréquents et plus variés encore sont Îles troubles oculaires dont l’origine se trouve dans une menstruation anormale et pathologique. Suivant le plan précédemment exposé nous allons successivement les passer en revue, qu’ils soient causés par des troubles menstruels que nous pourrions appeler chroniques, tels que l’aménorrhée et la dysménorrhée, ou que leur cause réside dans des accidents de la menstruation, nous voulons parler de la suppression brusque des règles, et de leur trop grande abondance, c'est-à-dire des ménorrhagies.
AMÉNORRHÉE.
On observe fréquemment chez les aménorrhéiques de l'affaiblissement de {a vue, dela photophobie, de l’asthénopie, troubles qui annoncent une congestion intraoculaire. Il n’est pas rare alors de voir la vue disparaître tout d'un coup en totalité ou en partie par suite d’une apoplexie de la choroïde et de la rétine. Parfois même de plus graves désordres éclatent dans l'appareil oculaire. Sous quelle influence se produisent ces accidents ? On est parfois bien embarrassé pour en déterminer exactement la genèse, d'autant plus que souvent un état général plus ou moins défectueux assombrit le tableau. Avec la plupart des auteurs quiont étudié cette question, nous croyons que l’aménorrhée est souvent la grande cause, pour ne pas dire la seule, de ces troubles oculaires parfois très graves, toujours rebelles, qui
RER Lee
affligent périodiquement, presque chroniquement, l’organe de la vision de la jeune fille ou de la femme aménorrhéique. Nous ne voulons pas citer en détail toutes les observations que la littérature médicale nous fournit, le cadre de ce modeste travail ne nous le permet pas. Nous donnerons simplement une idée de la fréquence et de la multiplicité des troubles oculaires causés par l’'aménorrhée par le très rapide exposé des cas les plus saillants rapportés par les auteurs. |
Jungken rapporte le cas d’un jeune et forte servante non réglée qui, toutes les quatre semaines exactement, souffrait d’une violente inflammation des deux yeux. Cette inflammation se terminait chaque fois par un violent afflux de sang dans les yeux, par des larmes de sang, ce qui durait le plus souvent des heures.
Brierre de Boismont raconte l'histoire de la femme d’un tambour de la 12° légion qui n'avait jamais été réglée ; elle souffrait tous les mois d’une tuméfaction et d’une inflammation considérables de l'angle interne des deux yeux. En quatre jours tout rentrait dans l'ordre.
On doit à Fischer une belle observation d'hématome de l’orbite causé par la suppression absolue et permanente des règles.
Colosimo a vu, chez une jeune fille aménorrhéique, n'ayant été réglée que deux fois, des hémorrhagies cutanées et oculaires remplacer le flux menstruel. Le corps vitré en était le siège de prédilection.
Cooke a laissé l’observation d’une jeune fille affectée d'aménorrhée présentant un double ptosis palpébral qui cessait dès qu'on parvenait à ramener le flux menstruel et qui devint de plus en plus léger et moins fréquent à mesure quela menstruation devint plus régulière.
Walther a vu des hémorrhagies intra-oculaires rem- (6)
placer tous les mois les règles supprimées. On sait que le professeur Panas a caractérisé d’un mot heureux ces hémorrhagies oculaires si évidemment liées à la menstruation : les assimilant aux hémorrhagies supplémentaires de la muqueuse nasale, l'éminent professeur de clinique ophthalmoiogique les appelle épistaxis oculaires.
Tyrrel a donné l'observation d'une hémorrhagie de la chambre antérieure qui reparut plusieurs fois à intervalles menstruels. On provoqua la menstruation et tout rentra dans l'ordre.
Danthon a observé à la clinique de Desmarres une hémorrhagie rétinienne chez une jeune femme qui ne perdait pas de sang à l’époque de ses règles.
Larrieu a également noté des hémorrhagies rétiniennes dans l’aménorrhée.
Baud donne l’observation d’une amblyopie par hyperhémie cérébrale, suite d'aménorrhée. La fonction put être rétablie et la guérison s’en suivit. :
Chiralt a publié un cas d’anesthésie rétinienne causée par une aménorrhée complète. L'électricité et surtout le rétablissement de la fonction menstruelle amenèrent la guérison.
Rémy a observé une atrophie choroïdienne due à l’aménorrhée.
Galezowski également a observé des atrophies choroïdiennes avec ou sans iritis, qu'améliorait plus où moins le rétablissement de l'écoulement menstruel. Le même auteur a très bien étudié la névrite optique aménorrhéique. Il en distingue plusieurs variétés : névro-rétinite binoculaire ou monoculaire dont il donne trois observations ; névrite optique sans rétinite plus souvent monoculaire comme dans l'observation qu'il rapporte ; névrite