‹ De la Métatarsalgie Maladie de MortonChapitre 13 sur 23 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Nous avons admis comme pathogénie de la métatarsalgie, une lésion nerveuse par compression le plus souvent ou par tiraillement, il était donc naturel de rechercher tout d’abord quelles étaient les lésions nerveuses trouvées à l'examen. Ces lésions du reste n’ont pu être constatées que par l'examen clinique, étant donné que la métatarsalgie n’a jamais donné la mort. C’est donc sur des pièces enlevées après intervention chirurgicale que devrait porter cet examen, mais l’intervention n'étant indiquée que dans des cas exceptionnels, il en résultera que l’examen anatomo-pathologique sera forcément restreint, peut-être même incomplet.

Et d’abord aucune lésion des nerfs n’a pu être relevée, Morton en effet ayant eu l’occasion d'examiner une portion de nerf qu’il avait enlevée en même temps qu’un orteil, trouva un nerf absolument sain. De même la mobilité anormale du cinquième métatarsien et la laxité du ligament transverse nous ont été révélées par la

clinique, mais aucune confirmation anatomo-pathologique ne nous a été fournie ; la radiographie étant dans ce cas absolument impuissante à nous déceler les lésions, 1l n’en va pas de même pour le système osseux, qui présenterait des lésions très particulières et qui seraient caractéristiques de la métatarsalgie, suivant Péraire et Mally.

Ces auteurs en effet à l'encontre des idées de Ch. Féré, affirmant que la métatarsalgie ne répondait à aucune lésion matérielle, ont décrit des lésions d’ostéite condensante. À l'examen histologique des têtes métatarsiennes enlevées ils trouvèrent en effet les travées osseuses irrégulières, ondulées, très serrées, les espaces de Havers étaient aussi très serrés et très réduits laissant à peine assez de place pour le passage des capillaires intraosseux.

Nicolas Giannettasio, de même, cite un cas clinique (obs. 12) avec examen anatomique de la portion osseuse enlevée et résume ainsi les lésions :

«. La tête métatarsienne est normale dans sa conformation extérieure; on fait des sections longitudinales de l'os que l’on décalcifie et que l’on traite par l’hématoxyline. L'examen microscopique montre un état ondulé et très irrégulier des travées osseuses ; le cartilage de conjugaison est moins épais qu'à l’état sain et les cellules qui le constituent sont toutes réunies en capsules ovales, allongées toujours dans le sens du grand axe de l’os et en pleine voie d’ossification. Les cellules cartilagineuses ne sont pas empilées comme des pièces de monnaie, ainsi que cela s’observe à l’état normal, elles sont contenues dans une capsule et disposées d’une façon très irrégulière. La radiographie montre clairement l'augmentation de la

sie tête du second métatarsien gauche, qui est celui examiné microscopiquement. »

Aussi bien, nous rapportant exclusivement aux déformations constatées par la radioscopie ou la radiographie, nous admettrons ces déformations, constatées seulement dans les formes graves et anciennes, comme dues à une ostéo-périostite qui peut être soit productive et hypertrophiante, soit, au contraire raréfiante ; cette déformation pouvant elle-même être plus ou moins prononcée et occuper soit la périphérie de l'os, soit au contraire toute l'épaisseur, déformation d’origine purement mécanique le plus ordinairement.

Nous reproduisons ici une radiographie très typique se

rapportant à notre observation 16 que l’on voudra bien consulter. à

J. FRAISSE. 3

Page 1