ÉVOLUTION. — PRONOSTIC
La gravité de l'affection varie avec l'intensité de la douleur, avec sa persistance et la ‘fréquence des paroxysmes. La maladie de Morton devant être considérée comme une affection chronique, le pronostic dépendra donc de l’évolution de la maladie, de la fréquence des paroxysmes. Le pronostic, bénin dans beaucoup de cas, lorsqu'un traitement général hygiénique combiné avec la disparition des causes locales d’excitation (chaussures défectueuses, marche), devient sombre et réservé dans les cas où les douleurs sont continues et très vives. C’est alors une véritable infirmité commandant l'intervention chirurgicale.
La durée de l’affection livrée à son évolution spontanée peut être considérable ; en général elle est longue car la métatarsalgie est une maladie essentiellement chronique et G. Morton cite des cas où elle a persisté pendant dix, douze, quinze et même trente ans.
La marche de la métatarsalgie est en général très lente avec des intermittences, des périodes de répit ou des exa-
CENDEES
cerbations se manifestant de loin en loin avec une plus ou moins grande intensité.
Terminaison. — La guérison spontanée est très exceptionnelle ; en général la maladie non traitée ne fait que s’aggraver, les accès deviennent plus fréquents, la douleur plus vive et plus irradiée, parfois même l’état général est très altéré car ces douleurs persistantes ou bien engendrent de toutes pièces un état neurasthénique chez un sujet prédisposé, ou bien ne font qu’entretenir cet état neurasthénique, et parfois l’intensité de la douleur est telle qu’elle pousse à des tentatives de suicide.