‹ De la Métatarsalgie Maladie de MortonChapitre 16 sur 23 · EN · texte numérisé non relu

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facilement par le malade; du reste, il est bien rare que l’on ne trouve pas un certain degré de gonflement de l'os douloureux en même temps qu’un état général particulier. Toutefois, un interrogatoire minutieux du malade sur ses antécédents devra être conduit très méthodiquement et ne contribuera pas peu au diagnostic; enfin, nous aurons la dernière ressource de la pierre de touche du traitement spécifique.

Mais le diagnostic le plus important à faire, et c’est celui qui est en général le plus mal fait, est le diagnostic de la métatarsalgie et de la farsalgte des adolescents. Cette dernière en effet étant mieux connue et relativement très fréquente est presque constamment incriminée dans les cas de douleurs dues àla maladie de Morton. Aussi bien y insisterons-nous plus particulièrement.

Dans les deux cas nous retrouvons la douleur mais avec des caractères différents dans l’un et dans l’autre ; dans la maladie de Morton elle est subite, extrêmement vive en général et cède rapidement à l'enlèvement de la chaussure ; dans la tarsalgie on a une douleur beaucoup moins vive, continue et localisée vers l’articulation médiotarsienne, près de la malléole externe, en un point répondant à l’interligne du calcanéum et du cuboïde.

Le siège de la douleur nest donc pas le même que dans la métatarsalgie; de plus la tarsalgie s'accompagne de déformation à peu près constante : affaissement de la voûte plantaire, attitude en valgusdu pied,plus ou moins prononcée, et de la contracture musculaire ; la forme du pied se modifie donc sensiblement: le creux plantaire s’efface et son empreinte prise sur du noir de fumée montre que la partie interne du pied touche le sol dans sa

totalité, de plus on notera, à une période avancée de la maladie, une saillie anormale de l’astragale sur le bord interne du pied: toutes choses que l’on ne rencontrera jamais dans la métatarsalgie où les phénomènes douloureux sont localisés à l’interligne tarso-métatarsien et où l'on ne trouve pas de déformation perceptible à l’œil nu.

On devra faire le diagnostic également d'avec la talalgie, diagnostic facile car la douleur occupe une région très différente de celle de la métatarsalgie, la talalgie en effet se caractérise par une douleur vive mais ayant pour siège exclusif le talon, le seul signe commun aux deux maladies est l’absence totale de signes réactionnels dans l’une et dans l’autre.

Le fabes, et en particulier le tabes incipiens avec ses douleurs fulgur antes et rapides dans les membres inférieurs, pourra en imposer parfois pour la métatarsalgie ; mais dans ce cas l’examen méthodique du malade et en particulier l’examen de ses réflexes et de la motricité enlèverait rapidement toute équivoque.

De même à propos du tabes, M. Edgar Hirtz, en 1898, a présenté à la Société de médecine une observation de tabétique présentant des arthropathies de plusieurs articulations métatarso-phalangiennes, localisation tout à fait spéciale des arthropathies tabétiques ; le diagnostic avec la métatarsalgie dans ce cas sera facile d'après les signes physiques visibles et d’après l’examen des signes primordiaux du tabes. :

De même on différenciera la métatarsalgie d'avec les douleurs dues à des troubles circulatoires chez les athéromateux, douleurs signalées par Edinger, qu’il juge comme très fréquentes, mais qui sont accompagnées assezsouvent

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