TRAITEMENT
Le traitement de la métatarsalgie a donné lieu en effet à nombre de discussions et de variétés; doit-il être en effet purement médical ou purement chirurgical ? les différents auteurs employant un procédé à l’exclusion de l’autre.
Nous ayons vu en effet Morton recommander des souliers orthopédiques dans les formes légères, ou bien un bandage de l’avant-pied avec une bande de flanelle ; d'après lui les souliers pour les personnes atteintes de métatarsalgie devraient avoir une semelle large et forte et faite de telle facon que le métatarse porte Le moins possible sur le sol. Dans les cas graves, il fait la résection des têtes métatarsiennes et phalangiennes, suivie de la section des tendons fléchisseurs, suivant une pratique spéciale que nous allons exposer.
Grünn conseille aux malades de prendre mesure des chaussures dans la station debout. Féré emploie des semelles plâtrées dont il retire le plus grand bénéfice. Gallois se sert également d’un soulier orthopédique construit de telle façon que les métatarsiens du milieu du pied soient soutenus en l'air.
Péraire et Mally recommandent exclusivement le
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traitement chirurgical dans tous les cas. En réalité il ne faut pas être trop exclusif dans le mode de traitement de la métatarsalgie, à chaque variété de la maladie doit correspondre selon nous une variété de traitement, les cas légers de métatarsalgie cédant très facilement au repos et au port de chaussures bien conditionnées et faites d'une façon un peu spéciale, les cas graves au contraire, où le traitement orthopédique aura échoué, seront justiciables de l'intervention chirurgicale qui aura ainsi des indications spéciales.
Aussi bien diviserons-nous le traitement de la métatarsalgie en traitement médical et traitement chirurgical, tous deux pouvant être employés successivement, le traitement chirurgical toutefois devant toujours être précédé d’un essai de traitement médical.
Voici comment on devra appliquer l’un et l’autre de ces traitements :
Traitement médical. — Le traitement médical comprend le traitement de l’accès douloureux et celui de la maladie elle-même.
La première indication du traitement de l’accès est de cesser l’acte provocateur de cet accès : le plus souvent la marche avec des chaussures défectueuses ou un léger traumatisme. Le malade s'arrêtera, enlèvera sa chaussure alors même qu’il se trouve en société, en voiture, dans la rue. Le soulagement est immédiat.
La première indication est donc de mettre le pied au repos.
Mais en dehors de l’accès il y a un traitement préventif local qui consiste à combattre la tendance à la mobilité
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ou à la subluxation des têtes métatarsiennes, mouvement qui a pour résultat l’irritation constante des tissus périarticulaires, des terminaisons nerveuses de la région et de l'os lui-même. Pour cela il faudra tout d’abord supprimer le port de chaussures défectueuses : souliers pointus et serrés, à semelles minces, flexibles et très étroites. Dans de tels souliers, en effet, le pied glisse en avant et tout le poids du corps porte sur les articulations métatarsophalangiennes. On conseillera donc le port de chaussures à semelles épaisses, larges, à talons bas et plats, à bouts arrondis, dans lesquelles le pied sera largement à l’aise ; les semelles épaisses ne cédant pas complètement au pied dans la marche empêcheront les inégalités du sol de meurtrir la face plantaire, les talons plats empêcheront tout le poids du corps de porter sur les orteils et l’avantpied exclusivement.
C’est ainsi que Bosc résume le traitement médical de la métatarsaloie, traitement qu'il juge suffisant dans la plupart des cas bénins ou moyens. Et en effet nous voyons dans la plupart de nos observations les phénomènes douloureux céder peu à peu à ces préceptes de pure hygiène que l’on ne peut qualifier d’orthopédiques, nous voyons les accès devenir moins fréquents, la douleur diminuer d'intensité et de durée, en même temps que la marche devient plus libre et plus dégagée. Aussi bien devra-t-on toujours commencer par ces préceptes d'hygiène avant de recourir à une intervention chirurgicale qui est utile, nécessaire même dans les cas graves, mais que nous ne considérons que comme wlfima ratio.
Traitement chirurgical. — Le traitement chirurgical
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nous est tracé par Morton. lui-même qui l’appliqua plusiéurs fois avec succès. Voici du reste comment il procède : Après désinfection scrupuleuse du pied il fait une incision verticale de 1 centimètre 1/2 à 2 centimètres, partant de l'interligne interphalangien et s'étendant sur l'axe de l’orteil, on sectionne le tendon extenseur et on arrive sur l'os que l’on dénude. On sectionne la phalange à la pince coupante, et on résèque de même la tête métatarsienne. Ceci fait on sectionne aux ciseaux les tendons fléchisseurs. Hémostase par simple compression et réunion par première intention. Morton ne fait pas de drainage qu'il supprime par les précautions antiseptiques du début de l'opération. Puis on applique un pansement compressif et on maintient l’orteil en bonne position sous le pansement au moyen de bourdonnets de coton. Immobilisation au lit durant quatre ou cinq jours, et le malade peut marcher au bout de dix jours.
Trois semaines suffiront à avoir une guérison complète qui se maintiendra dans la suite sans qu’il soit utile d'adopter une forme de souliers spéciale.
Péraire et Mally ont beaucoup simplifié ce manuel opératoire de Morton qui nous paraît aussi un peu compliqué.
Voici comment ils procèdent :
Anesthésie locale avec la solution de chlorhydrate de cocaïne à 1/100 en injections hypodermiques, jointe à l'irrigation avec une solution stérilisée d’antipyrine 1/10, pendant toute la durée de l’opération qui comporte ellemême cinq temps.
1°* temps. — Incision sur la face dorsale du pied, longue de 5 à 6 centimètres dont le milieu correspond à