‹ De la Métatarsalgie Maladie de MortonChapitre 19 sur 23 · A RET · texte numérisé non relu

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l’articulation métatarso-phalangienne, elle intéressera la peau, le tissu cellulaire sous-cutané, et les tissus fibreux qui maintiennent le tendon extenseur que l’on sectionne.

2e temps. — Libération de la tête métatarsienne à la rugine sur une étendue de 2 à 8 centimètres.

3e temps. — Section du métatarsien à 2 centimètres environ de son extrémité antérieure, à la pince coupante de Liston.

4° temps. — Enlèvement de la tête métatarsienne au davier. Hémostase par simple compression et fermeture de la plaie au crin de Florence, on laissera un petit drain dans la plaie et on fera le pansement; les fils seront enlevés du septième au dixième jour, à partir de ce moment-là le malade pourra marcher sans porter de chaussures spéciales.

Les résultats qu’ils ont obtenu de cette méthode sont très satisfaisants.

Le résultat immédiat est brillant car d’un individu triste et désespéré, on fait un individu pouvant mener la vie ordinaire.

Les résultats éloignés sont tout aussi excellents : les opérés nerveux ne font pas de nouvelles localisations douloureuses, et l’absence de l'extrémité antérieure des métatarsiens ne donne pas d’impotence fonctionnelle. Les malades marchent avec des chaussures ordinaires, font plusieurs kilomètres par jour, sautent et dansent comme s’ils n'avaient subi aucune opération.

En somme, la métatarsalgie, syndrome douloureux et

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parfois grave, peut toujours être améliorée et parfois même absolument supprimée par une thérapeutique conduite méthodiquement; l’observance de règles purement hygiéniques suffit à elle seule à faire disparaitre le syndrome douloureux dans les affections bénignes, l’intervention chirurgicale guérit à tout jamais les formes moyennes et graves.

A © +. S'ÉTEER

Thomas-G. MorTON. American Journal of the medical sciences, 1876, LXXI, p. 37.

M°° J.., mère de trois enfants, me consulte en juin 1870 et me raconte l’histoire suivante :

« Pendant l’été de 1868, je voyageais en Suisse quand, glissant dans un ravin, je marchai sur une large pierre qui glissa sous mon pied et me força à faire porter brusquement tout le poids de mon corps sur le pied droit, je ne suis pas tombée, mais j'ai senti une douleur très vive. A la suite de l’accident il me fut impossible de porter un soulier, dont la pression seule réveillait les souffrances très vives, bien que le pied ne présentàt pas de lésions apparentes.

«Pendant cinq ans qui suivirent, le pied ne fut jamais tout à fait indolore, et par instant des crises douloureuses survinrent. Je n'ai pu dès lors que porter des souliers très larges, mais j'étais obligée de les enlever toutes les demi-heures pour me soulager. »

Ainsi, après un traumatisme, il était survenu une douleur aiguë suivie elle-même d’un état permanent de sensibilité, avec parfois des crises de souffrance déterminées par une pression très légère, quelquefois ces paroxysmes survenaient sans cause apparente. Cette douleur siégeait à l'articulation métatarso-

J. FRAISSE. 4

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phalangienne du quatrième, orteil et remontait jusqu’au genou au moment du paroxysme douloureux.

[Il n’y a rien d’apparent du côté de la région douloureuse, aucune trace d’inflammation.

Je recommandai à la malade de porter une chaussure présenant une excavation au niveau de cette jointure. Cela n'amena pas d'amélioration.

Thomas-G. Morron. lbidem.

Au mois de mars 1873, je vis M'e H. S..., âgée de vingt-six ans, qui s'étant tordu le pied avait immédiatement éprouvé une douleur accompagnée d’un léger gonflement et d'un peu de rougeur.

La douleur est rapportée à la tête du quatrième métatarsien, continue et exacerbée par le port de la chaussure, calmée par l'enlèvement de celle-ci; la malade boite en marchant. La pression au niveau du quatrième métatarsien provoque des douleurs très vives s’irradiant dans le membre entier.

Le repos et les applications de toutes sortes ne firent absolument rien à la malade, et la résection fut proposée.

Opération. — Le 22 mars 1873, une incision de cinq centimètres fut faite sur le bord externe du tendon extenseur du quatrième orteil, l'articulation mise à nu et réséquée, on enleva un demi-centimètre environ du métatarsien et de la phalange. Cicatrisation en cinq semaines avec un raccourcissement d’un demi-centimetre à peu près. La malade n'a jamais plus souffert.

OBSERVATION 3 Thomas-G. Morton. Ibidem.

Au mois de mai 1875, le D' Alison d'Hagerstown me fit

appeler en consultation, et me confia qu’il souffrait depuis plusieurs années d'une névralgie du pied droit, qui allait

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