‹ De la Métatarsalgie Maladie de MortonChapitre 9 sur 23 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

ÉTIOLOGIE

Fréquence. — C'est une affection relativement assez fréquente à en juger par le nombre d'observations qui ont été publiées et en tenant compte surtout de ce fait qu'aucune description n’en avait été faite dans les traités classiques jusqu’à cette année ; aussi bien la plupart des praticiens mettaient-1ls la douleur de la maladie de Morton sur le compte du rhumatisme ou de la goutte, rhumatisme et goutte qui, nous le verrons du reste, ne sont pas sans rapport avec la métatarsalgie.

Aussi bien avons-nous peu souvent l’occasion d'observer cette maladie dans les milieux hospitaliers. Dans le cabinet du médecin au contraire on rencontre assez souvent la métatarsalgie, et certes il n’est pas de praticien qui n'ait eu l’occasion d’en observer quelque cas, soit qu’il faille incriminer la goutte, « maladie des gens aisés », soit qu’on accuse au contraire le port de chaussures serrées gênant la marche et amenant une sorte de dislocation de

l’avant-pied.

EN RERE,

Causes prédisposantes. — En premier lieu nous citerons le r'humatisme et surtout le rhumatisme chronique à forme torpide, la plupart de nos observations en effet relèvent le rhumatisme dans les antécédents héréditaires ou personnels de nos malades.

Une grande part revient aussi à l’hérédité. Ce fait avait été signalé déjà par Thomas-G. Morton; hérédité directe ou collatérale. G. Morton en cite deux cas : dans le premier nons voyons la maladie frapper le père et la fille, dans l’autre ce sont les deux sœurs qui sont atteintes. S.-K. Morton cite deux cas de métatarsalgie familiale chez une tante maternelle et une sœur. A. Pollosson de même a insisté beaucoup sur ce point et y attache une très grande importance ; dans l’observation qu’il publie il note que le malade avait sa mère atteinte de la même maladie et même sa grand’mère avait des douleurs analogues à celles de la métatarsalgie.

À ce point de vue on consultera aussi avec fruit l’observation de Lasserre (obs. 8) que nous reproduisons, où il note dans les antécédents d’une même malade : la mère, la sœur plus âgée et un frère, tous les trois atteints de maladie de Morton et accusant des douleurs plus ou moins vives au niveau de la tête des métatarsiens. — De même Féré dans son mémoire cite le cas de la grand’mère et du petit-fils atteints de maladie de Morton.

La meurasthénie doit être mise aussi parmi les causes prédisposantes, mais elle joue plutôt un rôle au point de vue de la subjectivité de la douleur, au même titre d’ailleurs que l’hystérie et l’épilepsie qui ont été incriminées. Pieri cite également comme cause prédisposante l’impaludisme, et Lasserre, la grossesse.

pli

Age. — Cette affection se rencontre le plus souvent à l'Age adulte, de vingt-cinq à quarante ans, la plupart de nos observations ont trait à des malades de cet âge. Pour À. Pollosson cependant la maladie aurait débuté à l’âge de quinze ans. Péraire cite le cas d’une jeune fille atteinte à l’âge de treize ans. Lamacq note un cas constaté à dix ans.

Quoi qu'il en soit ces faits nous paraissent exceptionnels et la métatarsalgie doit être considérée comme une maladie de l'âge adulte bien que les vieillards, d’après SK, Morton, y soient exposés.

ele profession joue aussi un rôle assez important en tant que cause prédisposante, les médecins fournissent un contingent considérable du côté des hommes ; du côté des femmes, ce sont des dames délicates habituées à une vie de luxe. Lamacq signale que la maladie est plus fréquente chez les gens oisifs que chez les forts marcheurs, comment expliquer le fait? Tout d’abord on peut dire que beaucoup de douleurs sont des phénomènes purement subjectifs dont l'intensité est proportionnelle à l'attention qu’on y prête. Les gens oisifs et nerveux font venir vingt fois le médecin pour des douleurs qu’ils jugent intolérables et qui n’attireraient pas l'attention de gens occupés activement. D'autre part le défaut de fonctionnement d’un organe entraîne sa déchéance et dans le cas particulier la déchéance des ligaments. C’est ce qui explique pourquoi on ne rencontre pas la métatarsalgie à l'hôpital.

Le sexe ne semble pas avoir une bien grande importance, bien que sur 19 cas de métatarsalgie notés par Thomas-C. Morton, 14 aient trait à des femmes, car si l’on rencontre plus fréquemment cette maladie chez la

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femme, c’est par suite de l'habitude de porter des chaussures serrées et la coquetterie devrait être incriminée

plutôt que le sexe.

Causes déterminantes. — Nous trouvons dans toutes nos observations le traumatisme à l’origine des phénomènes douloureux, soit que ce traumatisme résulte d’une pression trop forte, soit qu’il ait pour résultat une sorte d’entorse des articulations intermétatarsiennes, comme nous le pensons, dans le cas cité dans notre observation personnelle. De même Péraire et Mally notent le début de la métatarsalgie après une nuit passée tout entière à danser ; aussi bien les observations de G. Morton et Thomas-$.-K. Morton rapportent aussi le traumatisme à l’origine de la maladie. Duplay dans le cas clinique qu’il cite nous apprend que la malade observés a eu à lorigine une entorse probable au niveau des articulations métatarso-phalangiennes, survenue à la suite d’une chute de cheval (obs. 9).

De même nous considérons comme traumatisme le fait de porter des chaussures trop serrées et inextensibles. La marche forcée et prolongée entre aussi pour une grande part dans l’étiologie de cette affection ; les médecins militaires en effet ont fréquemment l’occasion d’observer des soldats qui à la suite de marches d'épreuve ou de manœuvres accusent des douleurs extrêmement vives, cédant au repos ; ces douleurs qui ont été rapportées à la périostite des. métatarsiens et étudiées comme telles, notamment par Cassedebad, médecin principal à Toulouse, nous semblent devoir'être rapprochées de la métatarsalgie.

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