CHAPITRE PREMIER
DE LA MANIÈRE DONT LES ÊTRES CONCRETS ONT ÉTÉ ENVISAGÉS DANS LA PREMIÈRE PARTIE ÉTENDUE AUX MOTS DE LA GRAMMAIRE, LE SUBSTANTIF, L' ADJECTIF ET LE SUBSTANTIF ABSTRAIT.
75. Il existe certainement des rapprochements à faire entre la grammaire et ce que nous venons de dire de la matière, de ses propriétés, qualités et attributs.
Si tous les corps sont des substantifs, et si nous ne les connaissons que par des adjectifs, il faut introduire cette vérité dans l'enseignement de la gram-
maire, et la faire saisir dès l'enfance à l'élève, afin de prévenir l'erreur de beaucoup de gens qui croient connaître une chose sensible à la vue et au toucher autrement que par des propriétés (Introduction 4),
76. N'est-il pas intéressant de montrer dans l'enseiment de la grammaire comment l'intelligence a procédé, avant toute science proprement dite, pour faire le substantif abstrait, en désignant par le langage une propriété commune à un certain nombre de corps, telle que la blancheur, la dureté, la légèreté ?
En comprenant implicitement tous les corps blancs, ou tous les corps durs, ou tous les corps légers dans une môme catégorie, n'a-t-elle pas devancé le physicien, lorsqu'il étudie la même propriété dans une série de corps qui la possèdent? Cette propriété, devenue une généralité, n'a-t-ellc pas acquis une importance par la forme môme du substantif qu'elle a reçue de la grammaire? Et cette importance n'a-t-elle pas précédé le physicien qui pourra un jour évaluer l'intensité de cette propriété au moyen de la comparaison et des mesures de précision dont il dispose?
Enfin, n'est-il pas intéressant de faire observer que l'esprit humain a procédé d'une manière ana-