‹ De la méthode a posteriori expérimentale et de la généralité de ses applicationsChapitre 61 sur 103 · Quoique l'aliment delà piaule soit bien moins · texte numérisé non relu

Quoique l'aliment delà piaule soit bien moins

complexe que celui de l'animal, que la plante ne développe de chaleur que dans quelques espèces et dans quelques instants de leur vie, qu'elle n'a pas de système de circulation comparable au système sanguin, ce ne sont pas des raisons pour qu'elle ne produise pas un grand nombre de principes immédiats de nature très-variée. Personne n'ignore l'influence des forces physiques du monde extérieur sur cette production; il suffit de se rappeler les plantes tropicales. N'est-il pas présumable qu'un certain nombre de ces principes sont des résidus, en ce sens qu'ils dérivent d'une matière dont une partie a servi par transformation aux besoins de la végétation? S'il en était réellement ainsi, on pour-

rait comparer jusqu'à un certain point ces résidus à une matière excrémentitielle qui n'aurait point été expulsée de l'être vivant.

257. Ces vues ne seraient-elles pas incomplètes si après avoir montré cette matière organique, sucre, amidon, huile, etc., formée pour ainsi dire comme une réserve destinée à continuer l'acte vital qui l'a produite, je n'élevais pas cette question*: pourquoi une plante ne vivrait-elle pas de ces mêmes principes immédiats qui seraient introduits par les racines? Je ne vois rien d'absolument contraire à ce qu'il en soit ainsi; il n'est point impossible que certains engrais agissent d'une manière spéciale par quelque matière plus complexe que l'acide carbonique, l'eau et l'azote oxygéné ou hydrogéné. On peut citer des expériences à l'appui de l'opinion que des solutions de principes immédiats ont favorisé la végétation. Malgré cela je conçois des raisons, je ne dis pas absolument contraires à ce que je viens de dire, mais qui en restreindraient beaucoup la généralité ou l'importance. Quoi qu'il en soit, la question que j'élève est trop importante pour que l'expérience néglige de la traiter.

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