PRÉSENTATION DE L'OUYRAGE A L'ACADÉMIE
5. L'ouvrage que j'ai l'honneur de présenter à l'Académie est l'exposé de la Méthode a posteriori expérimentale à laquelle toutes mes recherches et mes écrits ont été subordonnés.
Quel en est le résultat final?
C'est que les sciences mathématiques pures seulement comportent un enseignement qui, dans son ensemble^ peut être considéré comme absolu, parce qu'il repose sur des axiomes, et sur des propositions, des théorèmes susceptibles de démonstrations rigoureuses, d'où la conséquence que l'enseignement des mathématiques pures fidèlement donné ne peut exposer à l'erreur l'élève auquel il s'a-, dresse.
6. Que l'on prenne maintenant en considération l'enseignement des sciences qui ont pour objet la connaissance du concret, la chimie, la physique, la géologie, la botanique, la zoologie, l'anatomie et la physiologie, et a fortiori la minéralogie, l'agricul-*
SYSTÈME MÉTRIQUE. m
tare et la médecine, qui ne se composent que d'éléments empruntés aux sciences que je viens de xxommer et aux mathématiques, et Ton verra que tout être qui est concret ne nous est connu que par ses attributs ou en d'autres termes par ses propriétés et les rapports que peuvent avoir ces propriétés les unes avec les autres :
Et dès lors nous pouvons affirmer sans craindre aucune objection fondée :
1* Qu'il n'y a pas un seul être concret dont nous puissions avec certitude dire que nous connaissons tous les attributs (propriétés, qualités, rapports).
T Qu'il n'est aucun attribut principal aux yeux de la science que nous puissions dire avec assurance connaître parfaitement.
3* Que dans cet état de choses, ce que nous appelons généralités, principes^ lois, expressions abs* traites de la science actuelle, reposent sur la connaissance de la partie et non sur la connaissance du tout.
Des propositions précédentes découlent les conséquences suivantes :
7. Dans l'état de nos connaissances les généralités^ les lots, les principes Télaiits au concret ne peuvent être considéréis comme vrais qu'à la condition de ne
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point se trouver en désaccord avec les découvertes futures, soit que ces découvertes concernent de nouveaux attributs, soit qu'elles concernent des attributs que nous ne connaissions auparavant que d'une manière imparfaite.
8. Parmi les connaissances qui se rattachent au eoncrety peut-on en citer une qui ait l'assentiment des savants les plus habitués par la branche des connaissances qu'ils cultivent, à inspirer au public le plus de confiance quant à la précision des résultats auxquels ils arrivent, de sorte qu'on les croit, quand ils affirment la certitude d'une loi du monde concret ?
Je réponds affirmativement en citant la loi de la gravitation.
Et en affirmant que les découvertes futures ne les changeront pas, je pense que personne ne me fera d'objection à laquelle je m'exposerais incontestablement en soutenant l'opinion contraire, car la certitude de la loi résulte de l'accord des travaux multipliés qui y ont conduit et de celui des travaux ultérieurs qui l'ont confirmée de la manière la plus heureuse en en étendant encore la généralité.