CHAPITRE IV
DU PRINCIPE DE L'ASSOCIATION DES IDÉBS DANS l'enseignement.
95. Pour peu qu'on ait réfléchi aux aptitudes diverses des jeunes esprits à recevoir un même enseignement où le raisonnement est pour quelque chose, et qu'on ait cherché à se rendre compte, non d'une manière spéculative, mais en étudiant individuellement un certain nombre de ces jeunes esprits, après avoir trouvé la cause, principale de la différence d'aptitude dans la diversité des dispositions psychologiques, on ne peut se refuser à faire encore une
part d'influence à la diversité des circonstances du monde où chacun d'eux a vécu. De là cette conséquence qu'à intelligence égale, un même enseignement n'aura pas une égale clarté pour l'esprit de tous les élèves auquels il s'adressera, et à fortiori si les facultés intellectuelles sont diverses quant à la grandeur et aux dispositions spéciales qui rentrent dans ce qu'on nomme Yiiiosyncrase.
96. Cette diversité d'aptitudes doit, à plusieurs égaras, appeler l'attention du maître; les interrogations ont la double utilité de lui faire connaître s'il est compris de ses élèves en général et si quelques-uns d'entre eux n'exigent pas de sa part des explications particulières sur ce qu'il doit enseigner. Sans doute, le nombre des élèves d'une classe est favorable à l'enseignement par l'émulation qu'il comporte, mais reconnaissons la nécessité des répétitions quand on a l'intention de parler à l'élève le langage le plus approprié à ses facultés. Enfin, le premier soin du précepteur d'un élève unique doit être de connaître l'aptitude spéciale de celui qu'il veut instruire; c'est, en effet, la première condition d'un bon enseignement individuel.