‹ De la méthode d'observation: dans son application aux sciences morales et politiquesChapitre 130 sur 181 · Seconde partie, chap. x · texte numérisé non relu

Seconde partie, chap. x

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surplus (jue, comme le montre fort bien Filangieri , le raisonnement des adversaires absolus de Ja peine de mort nous mène en dernière analyse au doute sur la justice de toute autre ^peine. En réalité, si vous ne pouvez pas donner la mort instantanée au criminel par le glaive, pouvez -vous lui infliger la mort lente par la prison cellulaire ou par la colonie de déportation dont le régime abrège manifestement la vie? Le droit comme on l'entend mène ici à Tabsurde dans ses conséquences rigoureuses. 11 en est de même en beaucoup d'autres points.

La société ne reconnaît pas en fait et ne reconnaîtra jamais le principe de V inviolabilité de la vie humaine en faveur de l'individu qui ne l'aura pas lui-même respecté; mais, ce qui n'est pas moins constant, c'est que de jour en jour la société civilisée manifeste plus de répugnance à appliquer la peine capitale ; elle diminue graduellement le nombre des cas qui la font encourir; ainsi, on en comptait cent quinze sous l'ancienne législation française , et il n'y en a plus que dix-sept sous la nouvelle ; elle se pénètre chaque jour davantage du véritable esprit évangélique , et pense que puisque Dieu pardonne au coupable qui se repent, elle ne doit pas, autant que le permet sa sécurité, le mettre, même pour cette vie mortelle, dans l'impossibilité de s'amender. Cette théorie que le châtiment

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ne doit pas être une vengeance et qu'en empêchant le coupable d'être de nouveau nuisible à la société, il doit tourner à son amélioration morale, fait de manifestes progrès dans les esprits. Certes, rexpérience a démontré que les suppUces atroces par lesquels on croyaitdevoir jadis punir ces crimes épouvantables, produits accidentels delà perversité humaine, ne pouvaient en aucune façon avoir le résultat d'en diminuer le nombre. Qu'elle montre aussi, ce qui n'est peut-être pas également avéré, que cette répugnance pour la peine de mort, manifestée par de fréquents verdicts du jury, dont s'étonne parfois la conscience publique, ne saurait avoir aucune action fôcheuse pour la société, qu'elle ne devient pas en quelque sorte un encouragement au débordement des passions violentes, des instincts cupides, qu'arrivera-t-ilî Que la peine de mort cessera en fait d'être appliquée; alors, par suite d'une heureuse désuétude, la discussion du principe aura un terme (XLVII), et la peine pourra être définitivement abolie, si son utilité conuninatoire même n'est plus considérée comme nécessaire.

XIII. — Ceci nous amène à une question générale d'un grand intérêt, et qui est excellemment de celles qui doivent être soumises à la méthode expérimentale. Nous voulons parler de l'influence réciproque

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