CHAPITRE I
s'occupe n'est pas une quantité, une grandeur, un sujet à arithmétique ou à géométrie; mais elle sera claire^ positive, ratiormeUe ; elle aura son exactitude ; elle aura ses applications comme la médecine et la chimie ; deux grandes espèces d'applications , celles qui se rapportant au passé l'expliquent et le font comprendre; celles qui regardant l'avenir l'éclairent et le dirigent. Elle sera la lumière de l'histoire et du mouvement social. » (P. 243.)
Qui ne croirait, en lisant le passage que nous venons de transcrire, que l'auteur pour lequel ce travail n'était qu'une préparation au cours de philosophie qu'il devait publier plus tard, opérerait par ce dernier ouvrage une véritable révolution dans la science ! Eh bien! non; ce cours de philosophie*, dont plusieurs parties sont assurément excellentes, ne change rien néanmoins pour le fond, et n'est en définitive qu'un traité élémentaire très-peu différent de tant d'autres ouvrages analogues destinés à l'enseignement philosophique. L'auteur rentre dans les vieux errements et laisse à l'écart la méthode nouvelle qu'il a tant vantée ailleurs; il ne sait ou ne veut l'appliquer.
n serait facile de multiplier ces témoignages rendus par divers écrivains de notre époque à l'observation
i, 4 vol. in-8%1836.
comme devant être désormais la base des travaux de l'ordre moral, sans qu'il en soit résulté aucun changement bien notable dans la marche générale de la science. Il est manifeste que tous les esprits distingués parmi les contemporains ont cette tendance; on en verra çà et là la preuve dans la suite de cet écrit ; mais cette tendance reste stérile. Citons notamment ici M. Mignet, l'éminent secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences morales et politiques, dont les travaux en portent fréquemment la trace. C'est ainsi qu'il nous dira * que « Montesquieu a, sur la solide base de T expérience universelle, fondé le monument impérissable de l'Esprit des lois » (Notice sur Destutt de Tracy); ailleurs, que « l'histoire peut aspirer aux avantages des sciences en adoptant leur méthode » (Réponse au discours de réception de M. Flourens); et autre part encore, « cette économie politique (du dix-huitième siècle) qui n'embrassait pas tous les faits et qui ^'écartait de l'observation par la logique^ comme cela arrive souvent. » (Notice sur Rœderer.)
En dernier lieu, un écrivain, aux mérites duquel nous rendons volontiers témoignage, a renouvelé sans plus d'effet ces tentatives du passé en faveur de la méthode d'observation. Dans un article qui ouvrait