CHAPITRE I
une publication périodique, en 1 860 \ M. E. Laboulaye nous disait que « depuis que la méthode d'observation a renouvelé les sciences physiques, il s est fait une révolution du même ordre dans les études qui ont l'homme pour objet. Que se proposent aujourd'hui la philosophie de l'histoire, l'économie politique, la statistique, sinon de rechercher les lois naturelles et morales qui gouvernent les sociétés? » Après avoir établi que découvrir ces lois est l'œuvre de la science moderne, l'auteur ajoute : « Mais, par malheur, la science est nouvelle et mal établie ; rassembler les faits est une œuvre pénible et sans éclat; il est plus aisé d'imaginer des systèmes, d'ériger un élément particulier en principe universel et de rendre raison de tout par un mot. De là ces brillantes théories qui poussent et tombent en une saison. Influence de la race ou du climat, loi de décadence, de retour, d'opposition, de progrès. Rien de plus ingénieux que les idées de Vico, de Herder, de Hegel; mais il est trop évident que, malgré des parties solides, ces constructions ambitieuses ne reposent sur rien... Si l'on veut écrire une philosophie de l'histoire qui puisse avancer la science, il faut changer de méthode et rêvenir à l'observation. » On ne peut mieux dire assurément; mais au verso même M. Laboulaye, portant