CHAPITRE XYIII
même présente certaines vertus, par exemple, la fidélité à ses engagements, une confraternité dévouée jusqu à la mort. La société se maintient par le bien, elle se dissout par le mal. Tout ceci est révélé par une constante expérience.
« QuMl y ait, dit excellemment à ce sujet M. Guizot', un bien et un mal moral, que Thomme soit tenu d'éviter le mal, d'accomplir le bien, voilà une croyance naturelle, primitive, universelle. L'homme est ainsi fait qu'elle se développe en lui spontanément par le seul cours de la vie, dès la première apparition des faits auxquels elle se doit appliquer, bien longtemps avant qu'il se connaisse, et puisse savoir ce qu'il croit, o On peut dire que ce sentiment du bien et du mal en l'homme, tient et se relie à l'instinct social, il en est une conséquence nécessaire.
Il est si vrai que l'état normal de la société, c'est le bien, et que les lois qu'elle institue dans son sein sont destinées à le maintenir ou à le ramener, à assurer son triomphe sur le mal, que lorsqu'elle n'y parvient pas complètement, quand c'est le mal qui l'emporte, oh ! alors, elle estinvinciblement amenée à admettre un état de choses ultérieur, existant par delà la vie actuelle, et où sera inauguré le règne du bien, infructueusement poursuivi ici-bas. 11 feiut qu'elle y parvienne dans ce
{, Méditations et Études mwales, in-8*, p. 145.
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monde ou dans un autre. Ces deux modes d'existence sont essentiellement liés dans l'esprit et se manifestent partout et toujours ; c'est là une croyance instinctive de l'humanité contre laquelle ne sauraient prévaloir les sophismes imaginés par les philosophes.
Eh ! mon Dieu , quand on parcourt de l'œil la terre, quand on considère toutes les misères, toutes les souffrances qui s'y succèdent avec une désolante régularité, comment ne serait-on pas contraint dépenser qu'un autre ordre de choses doit succéder à celui que nous avons sous les yeux ! Ceux qui subissent tant de maux ici-bas tendent les bras et lèvent les yeux vers le ciel. Ils réclament, ils espèrent quelque chose de mieux que la vie présente. Oui! il enfant une autre au malheur immérité, à la vertu opprimée. C'est pour la conscience une loi d'équilibre moral dans les destinées humaines qui se révèle à l'observation et qu'on essaierait en vain de renverser.
IV. — Que n'a-t-on pas dit sur l'origine du mal ? En vérité, la plus simple observation montre qu'il est le résultat rigoureux du libre arbitre de l'homme ; on a nié, il est vrai, et l'on nie encore le libre arbitre dans les écoles ; mais est-il une thèse qui soit plus démentie par les faits? on peut dire que l'histoire entière du genre humain témoigne de la liberté qu'a l'homme