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M. Renan, De VOngim des langues, in

206 DE LA MÉTHODE d'OBSEBYATION.

Suivant M. Renan, le langage est un produit de la spontanéité humaine ; il s'est formé d'un seul coup et est sorti instantanément du génie de chaque race^ p. 1 6. Voici, comme on le voit, une thèse bien absolue, mais une autre absolument contraire ressort de divers passages que l'auteur ne s'est guère mis en peine de concilier avec le précédent. Ainsi M. Renan dit * (p. 25): « Il est certain qu'on ne comprend pas l'organisation du langage sans une action d! hommes délite exerçant une autorité autour d'eux, et capables d'imposer aux autres ce qu'ils croyaient le meilleur. » Le langage est à la fois de cette sorte un produit de la spontanéité humaine qui s'est manifesté simultanément en divers lieux , et l'œuvre de quelques hommes d'élite, qui sur un certain point du globe (le haut plateau asiatique, selon la vieille hypothèse du peuple primitif que les auteurs placent également en Asie), se sont concertés pour le créer ; mais apparemment, ces hommes délite avaient eux-mêmes déjà un langage, car autrement comment se seraientils entendus entre eux? On ne fait donc que reculer la difficulté. Elle n'est pas moindre si l'on se prononce pour la spontanéité, car comment s'expliquer qu'une force intime et aveugle puisse créer des formes compliquées et combinées avec un si merveilleux concert? Il est vrai que l'auteur fait idl-

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