CHAPITRE XX
leurs * assez bon marché de cette spontanéité : « Peutêtre, dit-il, notre siècle a-t-il abusé du mot de spontanéité, dans l'explication des phénomènes.... Au lieu de dire que les langues, les religions, les croyances et la poésie populaires se sont faites d'elles-mêmes, il serait plus exact de dire qu'on ne les voit pas se faire. Le spontané n'est peut-être que r obscur. » A la bonne heure, mais ce qu'il faut conclure de tout ceci, c'est que la question est encore à étudier et que c'est d'autre façon qu'il faut en chercher la solution.
Commençons par le doute et non par l'affirmation, examinons patiemment les faits. Il est évident d'abord qu'on a confondu, dans cette discussion, la parole, fait organique, et le langage^ fait psychologique. Ce sont deux objets qu'il faut étudier séparément. On est, quant au premier, sur les confins des sciences naturelles qui peuvent beaucoup éclairer les recherches ethnographiques. Oui, sans doute, \\\ommQ parle naturellement, il parle comme l'oiseau chante; il se sert de l'organe vocal comme il se sert de ses mains; mais dans quelles limites et où commence l'œuvre merveilleuse qui sert son intelligence et lui devient un si puissant moyen de développement? La question ainsi posée est encore peu avancée, il faut l'avouer. M. Renan le reconnaît lui-
i. Étvâes religieuses, iQ-8, p. 2G8.
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même, au reste, car il nous dit que « dans l'état actuel de la science, tout système ne peut être que provisoire, si l'on compare le peu qu'on sait à la masse énorme de ce quon peut savoir *. » Soit, mais alors pourquoi des systèmes?
Laissons se développer, se compléter par une sage investigation les faits ethnographiques, chapitre si intéressant et si fécond de l'anthropologie. Renonçons à arriver aux principes mêmes de la science avant de nous être approprié les données sur lesquelles elle repose. Telle est la marche qu'ici encore il faut adopter pour arriver au but sans s'égarer sur la route.