ii^our% et Œuvres mêlées , t. ï
rel; mais la société naturelle, on l'a vu, est celle que forme l'homme comme être organisé, avec abstraction de l'élément intellectuel, la société animale^ en un mot ; or, comment serait-il question de droit en cette société? S'inquiète -t-on du droit naturel des fourmis et des abeilles, des castors et des éléphants, espèces douées, elles aussi, d'un admirable instinct social (XLI)? Où la société naturelle finit, la loi morale commence, et c'est par suite de l'insuffisance de la loi morale quant à ces rapports infinis qui naissent entre les individus du développement même de la société, que survient la loi positive (civile, criminelle, politique, internationale). Il est clair que si les hommes vivaient toujours à l'état patriarcal, ils n'auraient nul besoin de nos codes, et en effet, ceux qui sont encore dans cette condition s'en passent parfaitement.
Les auteurs qui ont soutenu la réahté du droit naturel y rattachent divers éléments des autres sciences et font ainsi le plus étrange amalgame. Écoutons Burlamaqui, encore cité comme classique en cette matière. Qu'est-ce selon le professeur genevois que le droit naturel? « Le système ou r assemblage des règles que la raison prescrit aux hommes^ et que Dieu lui impose pour les conduire à un véritable et solide bon* heur. » Cette science, ajoute Burlamaqui, renferme les principes les plus important"^ de la morale^ de la