‹ De la méthode d'observationChapitre 145 sur 195 · POLITIQUE · texte numérisé non relu

POLITIQUE

I. l'autorité. — II. LA LIBERTÉ. — IIÏ. THÉORIE DES DROITS. — lY. PLUS DE GOUYERKEMSNT.

I. C'est surtout dans la science politique que se fait sentir la nécessité de prendre pour base une sage et prudente expérience ; car le raisonnement est ici parfois plein de périls. C'était ailleurs une lutte d'opinions spéculatives sans grand dommage pour personne, et dont les documents allaient d'ordinaire pacifiquement s'enfouir dans ces rayons poudreux des bibliothèques où dorment les systèmes ; mais il n'en est pas en politique comme en philosophie. Ici les opinions se traduisent en actes; à côté de la science ily a le gouvernement; le syllogisme est loin de garder son innocuité primitive. On pose au hasard les prémisses et plus tard la conclusion, c'est la spoliation, c'est la mort. Le sophisme ingénieux où

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Rousseau a fait briller son éloquence, devient la doctrine impitoyable de 1793, qui jette tant de victimes à l'échafaud. Ah ! défions-nous plus que jamais ici de la métaphysique I II est probable que son immixtion dans les grandes affaires humaines a été bien funeste à la société! Tenons-nous fermement à la méthode d'observation qui nous fait tout au moins arriver à cette thèse d'une si haute portée en politique, que les excès où nous entraîne la passion ne sauraient jamais prendre le caractère de données scientifiques.

En quelque État qu'on observe la société, même à son degré le plus élémentaire, on y retrouve toujours un pouvoir qui la régit. Nous disons que la société est un fait qui résulta de l'existence de l'homme et le pouvoir un fait qui résulte de l'existence de la société. De même qu'il faut une autorité qui préside aux opérations domestiques dans la famille, il en faut une pour régir le3 travaux quelconques de l'association ; il en faut une pour diriger la défense contre l'agression étrangère, pour maintenir l'union des citoyens à l'intérieur. C'est là une nécessité universelle. Le principe d'autorité qui découle de ce fait fondamental est donc fondamental lui-même, inhérent à k/société politique, comme l'est la propriété à la société civile. Ceci n'est point une théorie discutable. C'est

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Tobservation qui fait voir là, dans une vue de conservation et de sécurité, raccomplissement d'un instinct social, même naturel, puisque nombre de races animales présentent quelque trace d'une organisation de l'autorité qui s'établit dans leur sein, sans qu'il soit possible de se rendre compte comment s'accomplit ce fait si extraordinaire. Jusqu'ici point de contestation possible; mais le dissentiment va bientôt se produire.

IL — L'autorité prend une forme, et cette forme n'est pas toujours bonne, tant s'en faut; de plus, elle s'exerce par des hommes, et son exercice doit par conséquent être sujet aux abus; la volonté libre se manifeste ici par ses plus violents écarts, et l'histoire est remplie de faits monstrueux qui attestent combien a souvent été mal pratiqué ce pouvoir sorti de la société comme une de ces nécessités les plus indispensables. Avec les excès du pouvoir ont dû naturellement naître des tentatives, des efforts pour Tarrêter, pour le comprimer dans sa funeste action, pour le ramener à sa destination primitive. L'observation nous montre constamment en effet, dans l'organisation des sociétés politiques, des institutions conçues dans le but de leur rendre ce bon office; elles constituent ce qu'on appelle la liberté; mais dès lors com-

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