CHAPITRE XXXI
occupation sous l'influence de laquelle, se hâtant tix)p de généraliser des faits partiels, on est prompt à la censure amère, à l'anathème à l'égard des institutions et des œuvres de l'assistance évangélique ? Un examen impartial n'amènerait-il pas à reconnaître que la misère de certaines classes de la population, suite naturelle de cette inégale répartition des agents et des fruits du travail qui détruit le juste rapport de la production à la consommation, est peut-être un état de choses inhérent à notre société actuelle ; qu'on ne peut qu'y remédier, non le faire cesser entièrement, et que ce n'est pas dans les causes mêmes qui l'ont suscité qu'il faut en chercher le remède? Nous posons le problème sans le résoudre, puisqu'il ne saurait; selon nous, être résolu que par un examen plus complet, plus étendu, plus expérimental que celui auquel on s'est livré jusqu'ici.
Mais l'esprit de système n'a pas tant de prudence, il ne doute pas, il affirme que la misère est un état de chose temporaire parmi les hommes. Écoutez Jean Reynaud, il vous dira, dans un livre digne d'intérêt à divers égards * : « Ainsi demeurons bien persuadés, car c'est là une des plus belles et des plus sûres prophéties des temps modernes que r anéantissement universel de la misèi^e nest quune simple question de