I . Ciel et Terre , 3« édition , p
330 DE LA MÉTHODE d'OBSERYATION.
temps et d intelligence. Qu'on laisse faire les sociétés humaines, elles sauront bien résoudre le problème final. » (LXX)
Plût à Dieu, certes, qu'il en fût ainsi ! Mais n'estce pas là une assertion bien étrange, en présence de ces milliers d'êtres dénués et souffrants, qui couvrent le globe depuis que l'espèce humaine a paru à sa surface? Une sage observation permet-elle de se promettre un tel résultat? Au dire de quelques économistes, la liberté des transactions, la liberté absolue doit amener un état de choses d'où disparaîtra la misère. Le libre échange n'a assurément pas une telle efficacité. Il ne saurait modifier ces conditions essentielles du travail, desquelles il résulte que le salaire ne se mesure pas toujours aux besoins du travailleur. Entre les travaux, il y a aussi une différence radicale qui exerce une influence inévitable sur les habitudes morales, en amène l'oubli pour certaines classes et devient ainsi une source trop féconde, hélas! de misères. Comparez sous ce rapport les ouvriers des villes et des campagnes. Pourra-t-on jamais assimiler celui qui passe sa vie sur un métier dans un atelier insalubre à celui qui travaille la terre à ciel ouvert? Quelles plus grandes chances de corruption sont ouvertes au premier ! Puis voyons bien que le capital industriel reste par sa nature même agloméré. Les