Essai sur rHistoire de la Philosophie, t
thétique, on se préoccupe vivement du système qui en découle^ on est mal disposé à bien voii' là vérité. Persuadé qu'on la possède et qu'on n'a plus pour la développer qu'à raisonner et à conclure, on nobsei^epas ou on observe mal. On ne se soucie pas d'expérience, on ne se soucie que de logique. Cependant, les faits sont là qui restent malgré tout. S'ils ne rentrent pas naturellement dans le prétendu principe, le raisonnement a beau faire, il ne peut les y ramener. Il le sent et s'en irrite, les mutile ou les rejette, les maltraite de toute façon. » Telle est en effet la lutte qui s'établit ainsi entre les faits et l'explorateur; les meilleurs esprits auront bien de la peine à se soustraire à cette disposition qui mène droit aux conclusions fausses et outrées, qui met enfin les systèmes à la place de la vérité.
Turgot dit quelque part : « Le premier point est de trouver un système, le second de s'en dégoûter. » A la bonne heure, mais c'est là le difficile; l'expérience montré que pour celui qui a un système, ce n'est pas chose aisée que de l'abandonner ; le mieux est de ne pas, répélons-le, ériger en système telle ou telle <îonceptîon tombée dans l'esprit; il faut l'avérer patiemment d'abord par une étude attentive, et ne l'adopter qu'autant qu'elle sort intacte de cet examen; ne relevons au rang d'uae véritable théorie, qu'après