CHAPITRE XI
lieu d'être un objet qu'on rattache tour à tour à l'administration, à la morale, à l'économie politique?
Il en sera sans doute de même pour les faits qui se rapportent aux religions, aux races, aux langues, aux usages divers, aux conditions de sociabilité que présentent les peuples aujourd'hui existants à la surface du globe. Ces faits, qui constituent le domaine de la géographie ou cosmographie politique, rentrent implicitement dans le cadre des sciences morales et politiques. Les recherches qui éclairent les faits de cet ordre ont pris en ces derniers temps un haut degré d'importance, et se distribuent sous des dénominations scientifiques nouvelles (ethnographie, anthropologie, etc.), elles devront donner lieu ultérieurement à des groupes particuliers. Quant à présent, il y a là simplement pour nous des faits relatifs à l'état moral des sociétés, et sur lesquels repose la science plus particulièrement appelée morale.
Nous posons donc en principe que cette portion de la grande œuvre humaine à laquelle se rapporte cet écrit, se forme de cinq sciences : la philosophie ou science de la pensée, la morale ou science de la vie\ la législation ou science de la loi, la politique ou science du gouvernement, et l'économie poUtique ou
1. Droz, De la Philosophie morale, ou des différents systèmes de la science de la vie»
science (lu travail. Ce sont là, au reste, de simples i©dications plutôt que des définitions en règle auxquelles on arrive si difficilement dans les sciences. Elles sont un point de grande importance dans les traités spéciaux ; nous nous y attachons peu quant à nous, convaincu que nous sommes qu'çn toutes choses la définition est nécessairement incomplète et se borne au rappel de tel attribut plus ou moins prédominant en l'objet défini, laissant à l'écart tous les autres ; quand nous disons : L'homme est un être raisonnable, il est clair que nous l'envisageons exclusivement par un côté spécial ; mais à combien de définitions analogues pourrait donner lieu la créature humaine, pour la distinguer des autres êtres organisés sortis comme elle des mains de Dieu !
Une science, c'est donc une collection de faits bien classés et reliés entre eux par les lois mêmes de leur production. « Les lois dans les sciences, dit Laplace*, sont les rapports qui lient entre eux les phénomènes. »
Les faits sont les matériaux dont nous nous sei'* vons pour en construire solidement l'édifice. Fixonsnous bien sur l'emploi que nous en faisons dans ce but. Parfois ce sera un point doctrinal en morale ou en législation , qui deviendra l'objet de l'observation
i. Essai mr le calcul des prohabUit^.