CHAPITRE XI
remplies. La science se confirme et se complète par le témoignage itératif des faits. Les savants calculs de Halley, sur le retour périodique des comètes, ne le trompaient pas ; néanmoins, ce point scientifique ne fut définitivement fixé que le grand jour où reparut dans notre ciel, comme il l'avait prédit, après avoir décrit son immense ellipse pendant une durée de soixante-seize années, la fameuse comète de i 682.
Parmi les questions politiques que nous venons d'indiquer, il semblerait au surplus que sur la dernière (la composition une ou multiple du corps législatif), le travail d'observation est bien avancé. Lies avantages du système des deux chambres ont été constatés par de grandes expériences, et il n'est pas aujourd'hui en Angleterre et aux États-Unis, un homme doté de quelque instruction, qui ne soit parfaitement convaincu que, république ou monarchie, une grande assemblée unique, en servant de foyer aux passions, aux convoitises ardentes, mène inévitablement au' despotisme de tous ou d'un seul. On en a souvent fait l'épreuve aussi, il esl bon de faire passer les lois par la discussion successive de deux assemblées qui ne soient pas tout à fait homogènes. Sans doute, à l'égard de celle qu'on appelle première Chambre ou Chambre haute, il ne faut pas, comme nous aurons occasion de le montrer ailleurs, attacher
dS DE LA MÉTHODE D'OBSERVATION.
trop d'importance à son existence, comme élément de conservation pour le corps politique au sein duquel elle fonctionne. Elle n'a assurément pas toute la valeur qu'on lui attribue systématiquement sous ce rapport; mais la double discussion qui en ressort est utile dans les circonstances ordinaires; on évite ainsi la précipitation et l'on maintient, pour un temps du moins, l'équilibre entre des tendances hostiles. Voilà ce que l'expérience semble avoir rendu évident.
Toutefois, les faits sur lesquels s'appuie cette thçorie ne sont pas encore décisifs pour certaine école politique qui existe au milieu de nous. On l'a vue s'empresser, lors de la dernière révolution qui lui en a donné le pouvoir, de consacrer le prétendu principe de Vunité délibérative d'environ un millier de personnes. Il faut lire les longs débats auxquels a donné lieu la question au sein de l'Assemblée conçtituante de ce temps-là, pour se faire une idée de toute la puissance qu'ont conservée sur quelques esprits, dans notre pays, les vaines et creuses abstractions politiques. L'école subsiste et l'occasion s'en présentâtelle de nouveau, il est probable qu'elle essayerait encore de réaliser son idéal démocratique ; mais ne peut-on espérer qu'un temps viendra où l'expérience aura définitivement prononcé et où il ne sera plus permis à personne de se refuser à ses leçons?